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<passage>Prophétie d' Esaïe , fils d' Amots , sur Juda et Jérusalem , au temps d' Ozias , de Jotham , d' Achaz , d' Ezéchias , rois de Juda . Cieux , écoutez ! terre , prête l'oreille ! Car l' Eternel parle . J'ai nourri et élevé des enfants , Mais ils se sont révoltés contre moi . Le boeuf connaît son possesseur , Et l'âne la crèche de son maître : Israël ne connaît rien , Mon peuple n'a point d'intelligence . Malheur à la nation pécheresse , au peuple chargé d'iniquités , A la race des méchants , aux enfants corrompus ! Ils ont abandonné l' Eternel , ils ont méprisé le Saint d' Israël . Ils se sont retirés en arrière . . . Quels châtiments nouveaux vous infliger , Quand vous multipliez vos révoltes ? La tête entière est malade , Et tout le coeur est souffrant . De la plante du pied jusqu'à la tête , rien n'est en bon état : Ce ne sont que blessures , contusions et plaies vives , Qui n'ont été ni pansées , ni bandées , Ni adoucies par l'huile . Votre pays est dévasté , Vos villes sont consumées par le feu , Des étrangers dévorent vos campagnes sous vos yeux , Ils ravagent et détruisent , comme des barbares . Et la fille de Sion est restée Comme une cabane dans une vigne , Comme une hutte dans un champ de concombres , Comme une ville épargnée . Si l' Eternel des armées Ne nous eût conservé un faible reste , Nous serions comme Sodome , Nous ressemblerions à Gomorrhe . Ecoutez la parole de l' Eternel , chefs de Sodome ! Prête l'oreille à la loi de notre Dieu , peuple de Gomorrhe ! Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices ? dit l' Eternel . Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux ; Je ne prends point plaisir au sang des taureaux , des brebis et des boucs . Quand vous venez vous présenter devant moi , Qui vous demande de souiller mes parvis ? Cessez d'apporter de vaines offrandes : J'ai en horreur l'encens , Les nouvelles lunes , les sabbats et les assemblées ; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités . Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes ; Elles me sont à charge ; Je suis las de les supporter . Quand vous étendez vos mains , je détourne de vous mes yeux ; Quand vous multipliez les prières , je n'écoute pas : Vos mains sont pleines de sang . Lavez-vous , purifiez-vous , Otez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions ; Cessez de faire le mal . Apprenez à faire le bien , recherchez la justice , Protégez l'opprimé ; Faites droit à l'orphelin , Défendez la veuve . Venez et plaidons ! dit l' Eternel . Si vos péchés sont comme le cramoisi , ils deviendront blancs comme la neige ; S'ils sont rouges comme la pourpre , ils deviendront comme la laine . Si vous avez de la bonne volonté et si vous êtes dociles , Vous mangerez les meilleures productions du pays ; Mais si vous résistez et si vous êtes rebelles , Vous serez dévorés par le glaive , Car la bouche de l' Eternel a parlé . Quoi donc ! la cité fidèle est devenue une prostituée ! Elle était remplie d'équité , la justice y habitait , Et maintenant il y a des assassins ! Ton argent s'est changé en scories , Ton vin a été coupé d'eau . Tes chefs sont rebelles et complices des voleurs , Tous aiment les présents et courent après les récompenses ; Ils ne font pas droit à l'orphelin , Et la cause de la veuve ne vient pas jusqu'à eux . C'est pourquoi voici ce que dit le Seigneur , l' Eternel des armées , Le Fort d' Israël : Ah ! je tirerai satisfaction de mes adversaires , Et je me vengerai de mes ennemis . Je porterai ma main sur toi , Je fondrai tes scories , comme avec de la potasse , Et j'enlèverai toutes tes parcelles de plomb . Je rétablirai tes juges tels qu'ils étaient autrefois , Et tes conseillers tels qu'ils étaient au commencement . Après cela , on t'appellera ville de la justice , Cité fidèle . Sion sera sauvée par la droiture , Et ceux qui s'y convertiront seront sauvés par la justice . Mais la ruine atteindra tous les rebelles et les pécheurs , Et ceux qui abandonnent l' Eternel périront . On aura honte à cause des térébinthes auxquels vous prenez plaisir , Et vous rougirez à cause des jardins dont vous faites vos délices ; Car vous serez comme un térébinthe au feuillage flétri , Comme un jardin qui n'a pas d'eau . L'homme fort sera comme de l'étoupe , Et son oeuvre comme une étincelle ; Ils brûleront l'un et l'autre ensemble , Et il n'y aura personne pour éteindre . Prophétie d' Esaïe , fils d' Amots , sur Juda et Jérusalem . Il arrivera , dans la suite des temps , Que la montagne de la maison de l' Eternel Sera fondée sur le sommet des montagnes , Qu'elle s'élèvera par-dessus les collines , Et que toutes les nations y afflueront . Des peuples s'y rendront en foule , et diront : Venez , et montons à la montagne de l' Eternel , A la maison du Dieu de Jacob , Afin qu'il nous enseigne ses voies , Et que nous marchions dans ses sentiers . Car de Sion sortira la loi , Et de Jérusalem la parole de l' Eternel . Il sera le juge des nations , L'arbitre d'un grand nombre de peuples . De leurs glaives ils forgeront des hoyaux , Et de leurs lances des serpes : Une nation ne tirera plus l'épée contre une autre , Et l'on n'apprendra plus la guerre . Maison de Jacob , Venez , et marchons à la lumière de l' Eternel ! Car tu as abandonné ton peuple , la maison de Jacob , Parce qu'ils sont pleins de l' Orient , Et adonnés à la magie comme les Philistins , Et parce qu'ils s'allient aux fils des étrangers . Le pays est rempli d'argent et d'or , Et il y a des trésors sans fin ; Le pays est rempli de chevaux , Et il y a des chars sans nombre . Le pays est rempli d'idoles ; Ils se prosternent devant l'ouvrage de leurs mains , Devant ce que leurs doigts ont fabriqué . Les petits seront abattus , et les grands seront abaissés : Tu ne leur pardonneras point . Entre dans les rochers , Et cache-toi dans la poussière , Pour éviter la terreur de l' Eternel Et l'éclat de sa majesté . L'homme au regard hautain sera abaissé , Et l'orgueilleux sera humilié : L' Eternel seul sera élevé ce jour-là . Car il y a un jour pour l' Eternel des armées Contre tout homme orgueilleux et hautain , Contre quiconque s'élève , afin qu'il soit abaissé ; Contre tous les cèdres du Liban , hauts et élevés , Et contre tous les chênes de Basan ; Contre toutes les hautes montagnes , Et contre toutes les collines élevées ; Contre toutes les hautes tours , Et contre toutes les murailles fortifiées ; Contre tous les navires de Tarsis , Et contre tout ce qui plaît à la vue . L'homme orgueilleux sera humilié , Et le hautain sera abaissé : L' Eternel seul sera élevé ce jour-là . Toutes les idoles disparaîtront . On entrera dans les cavernes des rochers Et dans les profondeurs de la poussière , Pour éviter la terreur de l' Eternel et l'éclat de sa majesté , Quand il se lèvera pour effrayer la terre . En ce jour , les hommes jetteront Leurs idoles d'argent et leurs idoles d'or , Qu'ils s'étaient faites pour les adorer , Aux rats et aux chauves-souris ; Et ils entreront dans les fentes des rochers Et dans les creux des pierres , Pour éviter la terreur de l' Eternel et l'éclat de sa majesté , Quand il se lèvera pour effrayer la terre . Cessez de vous confier en l'homme , Dans les narines duquel il n'y a qu'un souffle : Car de quelle valeur est-il ? Le Seigneur , l' Eternel des armées , Va ôter de Jérusalem et de Juda Tout appui et toute ressource , Toute ressource de pain Et toute ressource d'eau , Le héros et l'homme de guerre , Le juge et le prophète , le devin et l'ancien , Le chef de cinquante et le magistrat , Le conseiller , l'artisan distingué et l'habile enchanteur . Je leur donnerai des jeunes gens pour chefs , Et des enfants domineront sur eux . Il y aura réciprocité d'oppression parmi le peuple ; L'un opprimera l'autre , chacun son prochain ; Le jeune homme attaquera le vieillard , Et l'homme de rien celui qui est honoré . On ira jusqu'à saisir son frère dans la maison paternelle : Tu as un habit , sois notre chef ! Prends ces ruines sous ta main ! - Ce jour-là même il répondra : Je ne saurais être un médecin , Et dans ma maison il n'y a ni pain ni vêtement ; Ne m'établissez pas chef du peuple ! Jérusalem chancelle , Et Juda s'écroule , Parce que leurs paroles et leurs oeuvres sont contre l' Eternel , Bravant les regards de sa majesté . L'aspect de leur visage témoigne contre eux , Et , comme Sodome , ils publient leur crime , sans dissimuler . Malheur à leur âme ! Car ils se préparent des maux . Dites que le juste prospérera , Car il jouira du fruit de ses oeuvres . Malheur au méchant ! il sera dans l'infortune , Car il recueillera le produit de ses mains . Mon peuple a pour oppresseurs des enfants , Et des femmes dominent sur lui ; Mon peuple , ceux qui te conduisent t'égarent , Et ils corrompent la voie dans laquelle tu marches . L' Eternel se présente pour plaider , Il est debout pour juger les peuples . L' Eternel entre en jugement Avec les anciens de son peuple et avec ses chefs : Vous avez brouté la vigne ! La dépouille du pauvre est dans vos maisons ! De quel droit foulez-vous mon peuple , Et écrasez-vous la face des pauvres ? Dit le Seigneur , l' Eternel des armées . L' Eternel dit : Parce que les filles de Sion sont orgueilleuses , Et qu'elles marchent le cou tendu Et les regards effrontés , Parce qu'elles vont à petits pas , Et qu'elles font résonner les boucles de leurs pieds , Le Seigneur rendra chauve le sommet de la tête des filles de Sion , L' Eternel découvrira leur nudité . En ce jour , le Seigneur ôtera les boucles qui servent d'ornement à leurs pieds , Et les filets et les croissants ; Les pendants d'oreilles , les bracelets et les voiles ; Les diadèmes , les chaînettes des pieds et les ceintures , Les boîtes de senteur et les amulettes ; Les bagues et les anneaux du nez ; Les vêtements précieux et les larges tuniques , Les manteaux et les gibecières ; Les miroirs et les chemises fines , Les turbans et les surtouts légers . Au lieu de parfum , il y aura de l'infection ; Au lieu de ceinture , une corde ; Au lieu de cheveux bouclés , une tête chauve ; Au lieu d'un large manteau , un sac étroit ; Une marque flétrissante , au lieu de beauté . Tes hommes tomberont sous le glaive , Et tes héros dans le combat . Les portes de Sion gémiront et seront dans le deuil ; Dépouillée , elle s'assiéra par terre . Et sept femmes saisiront en ce jour un seul homme , et diront : Nous mangerons notre pain , Et nous nous vêtirons de nos habits ; Fais-nous seulement porter ton nom ! Enlève notre opprobre ! En ce temps-là , le germe de l' Eternel Aura de la magnificence et de la gloire , Et le fruit du pays aura de l'éclat et de la beauté Pour les réchappés d' Israël . Et les restes de Sion , les restes de Jérusalem , Seront appelés saints , Quiconque à Jérusalem sera inscrit parmi les vivants , Après que le Seigneur aura lavé les ordures des filles de Sion , Et purifié Jérusalem du sang qui est au milieu d'elle , Par le souffle de la justice et par le souffle de la destruction . L' Eternel établira , sur toute l'étendue de la montagne de Sion Et sur ses lieux d'assemblées , Une nuée fumante pendant le jour , Et un feu de flammes éclatantes pendant la nuit ; Car tout ce qui est glorieux sera mis à couvert . Il y aura un abri pour donner de l'ombre contre la chaleur du jour , Pour servir de refuge et d'asile contre l'orage et la pluie . Je chanterai à mon bien-aimé Le cantique de mon bien-aimé sur sa vigne . Mon bien-aimé avait une vigne , Sur un coteau fertile . Il en remua le sol , ôta les pierres , et y mit un plant délicieux ; Il bâtit une tour au milieu d'elle , Et il y creusa aussi une cuve . Puis il espéra qu'elle produirait de bons raisins , Mais elle en a produit de mauvais . Maintenant donc , habitants de Jérusalem et hommes de Juda , Soyez juges entre moi et ma vigne ! Qu'y avait-il encore à faire à ma vigne , Que je n'aie pas fait pour elle ? Pourquoi , quand j'ai espéré qu'elle produirait de bons raisins , En a-t-elle produit de mauvais ? Je vous dirai maintenant Ce que je vais faire à ma vigne . J'en arracherai la haie , pour qu'elle soit broutée ; J'en abattrai la clôture , pour qu'elle soit foulée aux pieds . Je la réduirai en ruine ; elle ne sera plus taillée , ni cultivée ; Les ronces et les épines y croîtront ; Et je donnerai mes ordres aux nuées , Afin qu'elles ne laissent plus tomber la pluie sur elle . La vigne de l' Eternel des armées , c'est la maison d' Israël , Et les hommes de Juda , c'est le plant qu'il chérissait . Il avait espéré de la droiture , et voici du sang versé ! De la justice , et voici des cris de détresse ! Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison , Et qui joignent champ à champ , Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'espace , Et qu'ils habitent seuls au milieu du pays ! Voici ce que m'a révélé l' Eternel des armées : Certainement , ces maisons nombreuses seront dévastées , Ces grandes et belles maisons n'auront plus d'habitants . Même dix arpents de vigne ne produiront qu'un bath , Et un homer de semence ne produira qu'un épha . Malheur à ceux qui de bon matin Courent après les boissons enivrantes , Et qui bien avant dans la nuit Sont échauffés par le vin ! La harpe et le luth , le tambourin , la flûte et le vin , animent leurs festins ; Mais ils ne prennent point garde à l'oeuvre de l' Eternel , Et ils ne voient point le travail de ses mains . C'est pourquoi mon peuple sera soudain emmené captif ; Sa noblesse mourra de faim , Et sa multitude sera desséchée par la soif . C'est pourquoi le séjour des morts ouvre sa bouche , Elargit sa gueule outre mesure ; Alors descendent la magnificence et la richesse de Sion , Et sa foule bruyante et joyeuse . Les petits seront abattus , les grands seront humiliés , Et les regards des hautains seront abaissés . L' Eternel des armées sera élevé par le jugement , Et le Dieu saint sera sanctifié par la justice . Des brebis paîtront comme sur leur pâturage , Et des étrangers dévoreront les possessions ruinées des riches . Malheur à ceux qui tirent l'iniquité avec les cordes du vice , Et le péché comme avec les traits d'un char , Et qui disent : Qu'il hâte , qu'il accélère son oeuvre , Afin que nous la voyions ! Que le décret du Saint d' Israël arrive et s'exécute , Afin que nous le connaissions ! Malheur à ceux qui appellent le mal bien , et le bien mal , Qui changent les ténèbres en lumière , et la lumière en ténèbres , Qui changent l'amertume en douceur , et la douceur en amertume ! Malheur à ceux qui sont sages à leurs yeux , Et qui se croient intelligents ! Malheur à ceux qui ont de la bravoure pour boire du vin , Et de la vaillance pour mêler des liqueurs fortes ; Qui justifient le coupable pour un présent , Et enlèvent aux innocents leurs droits ! C'est pourquoi , comme une langue de feu dévore le chaume , Et comme la flamme consume l'herbe sèche , Ainsi leur racine sera comme de la pourriture , Et leur fleur se dissipera comme de la poussière ; Car ils ont dédaigné la loi de l' Eternel des armées , Et ils ont méprisé la parole du Saint d' Israël . C'est pourquoi la colère de l' Eternel s'enflamme contre son peuple , Il étend sa main sur lui , et il le frappe ; Les montagnes s'ébranlent ; Et les cadavres sont comme des balayures au milieu des rues . Malgré tout cela , sa colère ne s'apaise point , Et sa main est encore étendue . Il élève une bannière pour les peuples lointains , Et il en siffle un des extrémités de la terre : Et voici , il arrive avec promptitude et légèreté . Nul n'est fatigué , nul ne chancelle de lassitude , Personne ne sommeille , ni ne dort ; Aucun n'a la ceinture de ses reins détachée , Ni la courroie de ses souliers rompue . Ses flèches sont aiguës , Et tous ses arcs tendus ; Les sabots de ses chevaux ressemblent à des cailloux , Et les roues de ses chars à un tourbillon . Son rugissement est comme celui d'une lionne ; Il rugit comme des lionceaux , il gronde , et saisit la proie , Il l'emporte , et personne ne vient au secours . En ce jour , il y aura près de lui un mugissement , Comme celui d'une tempête sur mer ; En regardant la terre , on ne verra que ténèbres , Avec des alternatives d'angoisse et d'espérance ; Au ciel , l'obscurité régnera . L'année de la mort du roi Ozias , je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé , et les pans de sa robe remplissaient le temple . Des séraphins se tenaient au-dessus de lui ; ils avaient chacun six ailes ; deux dont ils se couvraient la face , deux dont ils se couvraient les pieds , et deux dont ils se servaient pour voler . Ils criaient l'un à l'autre , et disaient : Saint , saint , saint est l' Eternel des armées ! toute la terre est pleine de sa gloire ! Les portes furent ébranlées dans leurs fondements par la voix qui retentissait , et la maison se remplit de fumée . Alors je dis : Malheur à moi ! je suis perdu , car je suis un homme dont les lèvres sont impures , j'habite au milieu d'un peuple dont les lèvres sont impures , et mes yeux ont vu le Roi , l' Eternel des armées . Mais l'un des séraphins vola vers moi , tenant à la main une pierre ardente , qu'il avait prise sur l'autel avec des pincettes . Il en toucha ma bouche , et dit : Ceci a touché tes lèvres ; ton iniquité est enlevée , et ton péché est expié . J'entendis la voix du Seigneur , disant : Qui enverrai-je , et qui marchera pour nous ? Je répondis : Me voici , envoie-moi . Il dit alors : Va , et dis à ce peuple : Vous entendrez , et vous ne comprendrez point ; Vous verrez , et vous ne saisirez point . Rends insensible le coeur de ce peuple , Endurcis ses oreilles , et bouche-lui les yeux , Pour qu'il ne voie point de ses yeux , n'entende point de ses oreilles , Ne comprenne point de son coeur , Ne se convertisse point et ne soit point guéri . Je dis : Jusqu'à quand , Seigneur ? Et il répondit : Jusqu'à ce que les villes soient dévastées Et privées d'habitants ; Jusqu'à ce qu'il n'y ait personne dans les maisons , Et que le pays soit ravagé par la solitude ; Jusqu'à ce que l' Eternel ait éloigné les hommes , Et que le pays devienne un immense désert , Et s'il y reste encore un dixième des habitants , Ils seront à leur tour anéantis . Mais , comme le térébinthe et le chêne Conservent leur tronc quand ils sont abattus , Une sainte postérité renaîtra de ce peuple . Il arriva , du temps d' Achaz , fils de Jotham , fils d' Ozias , roi de Juda , que Retsin , roi de Syrie , monta avec Pékach , fils de Remalia , roi d' Israël , contre Jérusalem , pour l'assiéger ; mais il ne put l'assiéger . On vint dire à la maison de David : Les Syriens sont campés en Ephraïm . Et le coeur d' Achaz et le coeur de son peuple furent agités , comme les arbres de la forêt sont agités par le vent . Alors l' Eternel dit à Esaïe : Va à la rencontre d' Achaz , toi et Schear-Jaschub , ton fils , vers l'extrémité de l'aqueduc de l'étang supérieur , sur la route du champ du foulon . Et dis-lui : Sois tranquille , ne crains rien , Et que ton coeur ne s'alarme pas , Devant ces deux bouts de tisons fumants , Devant la colère de Retsin et de la Syrie , et du fils de Remalia , De ce que la Syrie médite du mal contre toi , De ce qu' Ephraïm et le fils de Remalia disent : Montons contre Juda , assiégeons la ville , Et battons-la en brèche , Et proclamons-y pour roi le fils de Tabeel . Ainsi parle le Seigneur , l' Eternel : Cela n'arrivera pas , cela n'aura pas lieu . Car Damas est la tête de la Syrie , Et Retsin est la tête de Damas . Encore soixante-cinq ans , Ephraïm ne sera plus un peuple . La Samarie est la tête d' Ephraïm , Et le fils de Remalia est la tête de la Samarie . Si vous ne croyez pas , Vous ne subsisterez pas . L' Eternel parla de nouveau à Achaz , et lui dit : Demande en ta faveur un signe à l' Eternel , ton Dieu ; demande-le , soit dans les lieux bas , soit dans les lieux élevés . Achaz répondit : Je ne demanderai rien , je ne tenterai pas l' Eternel . Esaïe dit alors : Ecoutez donc , maison de David ! Est-ce trop peu pour vous de lasser la patience des hommes , Que vous lassiez encore celle de mon Dieu ? C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe , Voici , la jeune fille deviendra enceinte , elle enfantera un fils , Et elle lui donnera le nom d' Emmanuel . Il mangera de la crème et du miel , Jusqu'à ce qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien . Mais avant que l'enfant sache rejeter le mal et choisir le bien , Le pays dont tu crains les deux rois sera abandonné . L' Eternel fera venir sur toi , Sur ton peuple et sur la maison de ton père , Des jours tels qu'il n'y en a point eu Depuis le jour où Ephraïm s'est séparé de Juda Le roi d' Assyrie . En ce jour-là , l' Eternel sifflera les mouches Qui sont à l'extrémité des canaux de l' Egypte , Et les abeilles qui sont au pays d' Assyrie ; Elles viendront , et se poseront toutes dans les vallons désolés , Et dans les fentes des rochers , Sur tous les buissons , Et sur tous les pâturages . En ce jour-là , le Seigneur rasera , avec un rasoir pris à louage Au delà du fleuve , Avec le roi d' Assyrie , La tête et le poil des pieds ; Il enlèvera aussi la barbe . En ce jour-là , Chacun entretiendra une jeune vache et deux brebis ; Et il y aura une telle abondance de lait Qu'on mangera de la crème , Car c'est de crème et de miel que se nourriront Tous ceux qui seront restés dans le pays . En ce jour-là , Tout lieu qui contiendra mille ceps de vigne , Valant mille sicles d'argent , Sera livré aux ronces et aux épines : On y entrera avec les flèches et avec l'arc , Car tout le pays ne sera que ronces et épines . Et toutes les montagnes que l'on cultivait avec la bêche Ne seront plus fréquentées , par crainte des ronces et des épines : On y lâchera le boeuf , et la brebis en foulera le sol . L' Eternel me dit : Prends une grande table , et écris dessus , d'une manière intelligible : Qu'on se hâte de piller , qu'on se précipite sur le butin . Je pris avec moi des témoins dignes de foi , le sacrificateur Urie , et Zacharie , fils de Bérékia . Je m'étais approché de la prophétesse ; elle conçut , et elle enfanta un fils . L' Eternel me dit : Donne-lui pour nom Maher-Schalal-Chasch-Baz . Car , avant que l'enfant sache dire : Mon père ! ma mère ! on emportera devant le roi d' Assyrie les richesses de Damas et le butin de Samarie . L' Eternel me parla encore , et me dit : Parce que ce peuple a méprisé les eaux de Siloé qui coulent doucement Et qu'il s'est réjoui au sujet de Retsin et du fils de Remalia , Voici , le Seigneur va faire monter contre eux Les puissantes et grandes eaux du fleuve Le roi d' Assyrie et toute sa gloire ; Il s'élèvera partout au-dessus de son lit , Et il se répandra sur toutes ses rives ; Il pénétrera dans Juda , il débordera et inondera , Il atteindra jusqu'au cou . Le déploiement de ses ailes Remplira l'étendue de ton pays , ô Emmanuel ! Poussez des cris de guerre , peuples ! et vous serez brisés ; Prêtez l'oreille , vous tous qui habitez au loin ! Préparez-vous au combat , et vous serez brisés ; Préparez-vous au combat , et vous serez brisés . Formez des projets , et ils seront anéantis ; Donnez des ordres , et ils seront sans effet : Car Dieu est avec nous . Ainsi m'a parlé l' Eternel , quand sa main me saisit , Et qu'il m'avertit de ne pas marcher dans la voie de ce peuple : N'appelez pas conjuration tout ce que ce peuple appelle conjuration ; Ne craignez pas ce qu'il craint , et ne soyez pas effrayés . C'est l' Eternel des armées que vous devez sanctifier , C'est lui que vous devez craindre et redouter . Et il sera un sanctuaire , Mais aussi une pierre d'achoppement , Un rocher de scandale pour les deux maisons d' Israël , Un filet et un piège Pour les habitants de Jérusalem . Plusieurs trébucheront ; Ils tomberont et se briseront , Ils seront enlacés et pris . Enveloppe cet oracle , Scelle cette révélation , parmi mes disciples . - J'espère en l' Eternel , Qui cache sa face à la maison de Jacob ; Je place en lui ma confiance . Voici , moi et les enfants que l' Eternel m'a donnés , Nous sommes des signes et des présages en Israël , De la part de l' Eternel des armées , Qui habite sur la montagne de Sion . Si l'on vous dit : Consultez ceux qui évoquent les morts et ceux qui prédisent l'avenir , Qui poussent des sifflements et des soupirs , Répondez : Un peuple ne consultera-t-il pas son Dieu ? S'adressera-t-il aux morts en faveur des vivants ? A la loi et au témoignage ! Si l'on ne parle pas ainsi , Il n'y aura point d'aurore pour le peuple . Il sera errant dans le pays , accablé et affamé ; Et , quand il aura faim , il s'irritera , Maudira son roi et son Dieu , Et tournera les yeux en haut ; Puis il regardera vers la terre , Et voici , il n'y aura que détresse , obscurité et de sombres angoisses : Il sera repoussé dans d'épaisses ténèbres . Mais les ténèbres ne régneront pas toujours Sur la terre où il y a maintenant des angoisses : Si les temps passés ont couvert d'opprobre Le pays de Zabulon et le pays de Nephthali , Les temps à venir couvriront de gloire La contrée voisine de la mer , au delà du Jourdain , Le territoire des Gentils . Le peuple qui marchait dans les ténèbres Voit une grande lumière ; Sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre de la mort Une lumière resplendit . Tu rends le peuple nombreux , Tu lui accordes de grandes joies ; Il se réjouit devant toi , comme on se réjouit à la moisson , Comme on pousse des cris d'allégresse au partage du butin . Car le joug qui pesait sur lui , Le bâton qui frappait son dos , La verge de celui qui l'opprimait , Tu les brises , comme à la journée de Madian . Car toute chaussure qu'on porte dans la mêlée , Et tout vêtement guerrier roulé dans le sang , Seront livrés aux flammes , Pour être dévorés par le feu . Car un enfant nous est né , un fils nous est donné , Et la domination reposera sur son épaule ; On l'appellera Admirable , Conseiller , Dieu puissant , Père éternel , Prince de la paix . Donner à l'empire de l'accroissement , Et une paix sans fin au trône de David et à son royaume , L'affermir et le soutenir par le droit et par la justice , Dès maintenant et à toujours : Voilà ce que fera le zèle de l' Eternel des armées . Le Seigneur envoie une parole à Jacob : Elle tombe sur Israël . Tout le peuple en aura connaissance , Ephraïm et les habitants de Samarie , Qui disent avec orgueil et fierté : Des briques sont tombées , Nous bâtirons en pierres de taille ; Des sycomores ont été coupés , Nous les remplacerons par des cèdres . L' Eternel élèvera contre eux les ennemis de Retsin , Et il armera leurs ennemis , Les Syriens à l'orient , les Philistins à l'occident ; Et ils dévoreront Israël à pleine bouche . Malgré tout cela , sa colère ne s'apaise point , Et sa main est encore étendue . Le peuple ne revient pas à celui qui le frappe , Et il ne cherche pas l' Eternel des armées . Aussi l' Eternel arrachera d' Israël la tête et la queue , La branche de palmier et le roseau , En un seul jour . L'ancien et le magistrat , c'est la tête , Et le prophète qui enseigne le mensonge , c'est la queue . Ceux qui conduisent ce peuple l'égarent , Et ceux qui se laissent conduire se perdent . C'est pourquoi le Seigneur ne saurait se réjouir de leurs jeunes hommes , Ni avoir pitié de leurs orphelins et de leurs veuves ; Car tous sont des impies et des méchants , Et toutes les bouches profèrent des infamies . Malgré tout cela , sa colère ne s'apaise point , Et sa main est encore étendue . Car la méchanceté consume comme un feu , Qui dévore ronces et épines ; Il embrase l'épaisseur de la forêt , D'où s'élèvent des colonnes de fumée . Par la colère de l' Eternel des armées le pays est embrasé , Et le peuple est comme la proie du feu ; Nul n'épargne son frère . On pille à droite , et l'on a faim ; On dévore à gauche , et l'on n'est pas rassasié ; Chacun dévore la chair de son bras . Manassé dévore Ephraïm , Ephraïm Manassé , Et ensemble ils fondent sur Juda . Malgré tout cela , sa colère ne s'apaise point , Et sa main est encore étendue . Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques , Et à ceux qui transcrivent des arrêts injustes , Pour refuser justice aux pauvres , Et ravir leur droit aux malheureux de mon peuple , Pour faire des veuves leur proie , Et des orphelins leur butin ! Que ferez-vous au jour du châtiment , Et de la ruine qui du lointain fondra sur vous ? Vers qui fuirez-vous , pour avoir du secours , Et où laisserez-vous votre gloire ? Les uns seront courbés parmi les captifs , Les autres tomberont parmi les morts . Malgré tout cela , sa colère ne s'apaise point , Et sa main est encore étendue . Malheur à l' Assyrien , verge de ma colère ! La verge dans sa main , c'est l'instrument de ma fureur . Je l'ai lâché contre une nation impie , Je l'ai fait marcher contre le peuple de mon courroux , Pour qu'il se livre au pillage et fasse du butin , Pour qu'il le foule aux pieds comme la boue des rues . Mais il n'en juge pas ainsi , Et ce n'est pas là la pensée de son coeur ; Il ne songe qu'à détruire , Qu'à exterminer les nations en foule . Car il dit : Mes princes ne sont-ils pas autant de rois ? N'en a-t-il pas été de Calno comme de Carkemisch ? N'en a-t-il pas été de Hamath comme d' Arpad ? N'en a-t-il pas été de Samarie comme de Damas ? De même que ma main a atteint les royaumes des idoles , Où il y avait plus d'images qu'à Jérusalem et à Samarie , Ce que j'ai fait à Samarie et à ses idoles , Ne le ferai-je pas à Jérusalem et à ses images ? Mais , quand le Seigneur aura accompli toute son oeuvre Sur la montagne de Sion et à Jérusalem , Je punirai le roi d' Assyrie pour le fruit de son coeur orgueilleux , Et pour l'arrogance de ses regards hautains . Car il dit : C'est par la force de ma main que j'ai agi , C'est par ma sagesse , car je suis intelligent ; J'ai reculé les limites des peuples , et pillé leurs trésors , Et , comme un héros , j'ai renversé ceux qui siégeaient sur des trônes ; J'ai mis la main sur les richesses des peuples , comme sur un nid , Et , comme on ramasse des oeufs abandonnés , J'ai ramassé toute la terre : Nul n'a remué l'aile , Ni ouvert le bec , ni poussé un cri . - La hache se glorifie-t-elle envers celui qui s'en sert ? Ou la scie est-elle arrogante envers celui qui la manie ? Comme si la verge faisait mouvoir celui qui la lève , Comme si le bâton soulevait celui qui n'est pas du bois ! C'est pourquoi le Seigneur , le Seigneur des armées , enverra Le dépérissement parmi ses robustes guerriers ; Et , sous sa magnificence , éclatera un embrasement , Comme l'embrasement d'un feu . La lumière d' Israël deviendra un feu , Et son Saint une flamme , Qui consumera et dévorera ses épines et ses ronces , En un seul jour ; Qui consumera , corps et âme , La magnificence de sa forêt et de ses campagnes . Il en sera comme d'un malade , qui tombe en défaillance . Le reste des arbres de sa forêt pourra être compté , Et un enfant en écrirait le nombre . En ce jour-là , Le reste d' Israël et les réchappés de la maison de Jacob , Cesseront de s'appuyer sur celui qui les frappait ; Ils s'appuieront avec confiance sur l' Eternel , le Saint d' Israël . Le reste reviendra , le reste de Jacob , Au Dieu puissant . Quand ton peuple , ô Israël , serait comme le sable de la mer , Un reste seulement reviendra ; La destruction est résolue , elle fera déborder la justice . Et cette destruction qui a été résolue , Le Seigneur , l' Eternel des armées , l'accomplira dans tout le pays . Cependant , ainsi parle le Seigneur , l' Eternel des armées : O mon peuple , qui habites en Sion , ne crains pas l' Assyrien ! Il te frappe de la verge , Et il lève son bâton sur toi , comme faisaient les Egyptiens . Mais , encore un peu de temps , Et le châtiment cessera , Puis ma colère se tournera contre lui pour l'anéantir . L' Eternel des armées agitera le fouet contre lui , Comme il frappa Madian au rocher d' Oreb ; Et , de même qu'il leva son bâton sur la mer , Il le lèvera encore , comme en Egypte . En ce jour , son fardeau sera ôté de dessus ton épaule , Et son joug de dessus ton cou ; Et la graisse fera éclater le joug . Il marche sur Ajjath , traverse Migron , Laisse ses bagages à Micmasch . Ils passent le défilé , Ils couchent à Guéba ; Rama tremble , Guibea de Saül prend la fuite . Fais éclater ta voix , fille de Gallim ! Prends garde , Laïs ! malheur à toi , Anathoth ! Madména se disperse , Les habitants de Guébim sont en fuite . Encore un jour de halte à Nob , Et il menace de sa main la montagne de la fille de Sion , La colline de Jérusalem . Voici , le Seigneur , l' Eternel des armées , Brise les rameaux avec violence : Les plus grands sont coupés , Les plus élevés sont abattus . Il renverse avec le fer les taillis de la forêt , Et le Liban tombe sous le Puissant . Puis un rameau sortira du tronc d' Isaï , Et un rejeton naîtra de ses racines . L' Esprit de l' Eternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d'intelligence , Esprit de conseil et de force , Esprit de connaissance et de crainte de l' Eternel . Il respirera la crainte de l' Eternel ; Il ne jugera point sur l'apparence , Il ne prononcera point sur un ouï-dire . Mais il jugera les pauvres avec équité , Et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre ; Il frappera la terre de sa parole comme d'une verge , Et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant . La justice sera la ceinture de ses flancs , Et la fidélité la ceinture de ses reins . Le loup habitera avec l'agneau , Et la panthère se couchera avec le chevreau ; Le veau , le lionceau , et le bétail qu'on engraisse , seront ensemble , Et un petit enfant les conduira . La vache et l'ourse auront un même pâturage , Leurs petits un même gîte ; Et le lion , comme le boeuf , mangera de la paille . Le nourrisson s'ébattra sur l'antre de la vipère , Et l'enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic . Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte ; Car la terre sera remplie de la connaissance de l' Eternel , Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent . En ce jour , le rejeton d' Isaï Sera là comme une bannière pour les peuples ; Les nations se tourneront vers lui , Et la gloire sera sa demeure . Dans ce même temps , le Seigneur étendra une seconde fois sa main , Pour racheter le reste de son peuple , Dispersé en Assyrie et en Egypte , A Pathros et en Ethiopie , A Elam , à Schinear et à Hamath , Et dans les îles de la mer . Il élèvera une bannière pour les nations , Il rassemblera les exilés d' Israël , Et il recueillera les dispersés de Juda , Des quatre extrémités de la terre . La jalousie d' Ephraïm disparaîtra , Et ses ennemis en Juda seront anéantis ; Ephraïm ne sera plus jaloux de Juda , Et Juda ne sera plus hostile à Ephraïm . Ils voleront sur l'épaule des Philistins à l'occident , Ils pilleront ensemble les fils de l' Orient ; Edom et Moab seront la proie de leurs mains , Et les fils d' Ammon leur seront assujettis . L' Eternel desséchera la langue de la mer d' Egypte , Et il lèvera sa main sur le fleuve , en soufflant avec violence : Il le partagera en sept canaux , Et on le traversera avec des souliers . Et il y aura une route pour le reste de son peuple , Qui sera échappé de l' Assyrie , Comme il y en eut une pour Israël , Le jour où il sortit du pays d' Egypte . Tu diras en ce jour-là : Je te loue , ô Eternel ! Car tu as été irrité contre moi , Ta colère s'est apaisée , et tu m'as consolé . Voici , Dieu est ma délivrance , Je serai plein de confiance , et je ne craindrai rien ; Car l' Eternel , l' Eternel est ma force et le sujet de mes louanges ; C'est lui qui m'a sauvé . Vous puiserez de l'eau avec joie Aux sources du salut , Et vous direz en ce jour-là : Louez l' Eternel , invoquez son nom , Publiez ses oeuvres parmi les peuples , Rappelez la grandeur de son nom ! Célébrez l' Eternel , car il a fait des choses magnifiques : Qu'elles soient connues par toute la terre ! Pousse des cris de joie et d'allégresse , habitant de Sion ! Car il est grand au milieu de toi , le Saint d' Israël . Oracle sur Babylone , révélé à Esaïe , fils d' Amots . Sur une montagne nue dressez une bannière , Elevez la voix vers eux , Faites des signes avec la main , Et qu'ils franchissent les portes des tyrans ! J'ai donné des ordres à ma sainte milice , J'ai appelé les héros de ma colère , Ceux qui se réjouissent de ma grandeur . On entend une rumeur sur les montagnes , Comme celle d'un peuple nombreux ; On entend un tumulte de royaumes , de nations rassemblées : L' Eternel des armées passe en revue l'armée qui va combattre . Ils viennent d'un pays lointain , De l'extrémité des cieux : L' Eternel et les instruments de sa colère Vont détruire toute la contrée . Gémissez , car le jour de l' Eternel est proche : Il vient comme un ravage du Tout-Puissant . C'est pourquoi toutes les mains s'affaiblissent , Et tout coeur d'homme est abattu . Ils sont frappés d'épouvante ; Les spasmes et les douleurs les saisissent ; Ils se tordent comme une femme en travail ; Ils se regardent les uns les autres avec stupeur ; Leurs visages sont enflammés . Voici , le jour de l' Eternel arrive , Jour cruel , jour de colère et d'ardente fureur , Qui réduira la terre en solitude , Et en exterminera les pécheurs . Car les étoiles des cieux et leurs astres Ne feront plus briller leur lumière , Le soleil s'obscurcira dès son lever , Et la lune ne fera plus luire sa clarté . Je punirai le monde pour sa malice , Et les méchants pour leurs iniquités ; Je ferai cesser l'orgueil des hautains , Et j'abattrai l'arrogance des tyrans . Je rendrai les hommes plus rares que l'or fin , Je les rendrai plus rares que l'or d' Ophir . C'est pourquoi j'ébranlerai les cieux , Et la terre sera secouée sur sa base , Par la colère de l' Eternel des armées , Au jour de son ardente fureur . Alors , comme une gazelle effarouchée , Comme un troupeau sans berger , Chacun se tournera vers son peuple , Chacun fuira vers son pays ; Tous ceux qu'on trouvera seront percés , Et tous ceux qu'on saisira tomberont par l'épée . Leurs enfants seront écrasés sous leurs yeux , Leurs maisons seront pillées , et leurs femmes violées . Voici , j'excite contre eux les Mèdes , Qui ne font point cas de l'argent , Et qui ne convoitent point l'or . De leurs arcs ils abattront les jeunes gens , Et ils seront sans pitié pour le fruit des entrailles : Leur oeil n'épargnera point les enfants . Et Babylone , l'ornement des royaumes , La fière parure des Chaldéens , Sera comme Sodome et Gomorrhe , que Dieu détruisit . Elle ne sera plus jamais habitée , Elle ne sera plus jamais peuplée ; L' Arabe n'y dressera point sa tente , Et les bergers n'y parqueront point leurs troupeaux . Les animaux du désert y prendront leur gîte , Les hiboux rempliront ses maisons , Les autruches en feront leur demeure Et les boucs y sauteront . Les chacals hurleront dans ses palais , Et les chiens sauvages dans ses maisons de plaisance . Son temps est près d'arriver , Et ses jours ne se prolongeront pas . Car l' Eternel aura pitié de Jacob , Il choisira encore Israël , Et il les rétablira dans leur pays ; Les étrangers se joindront à eux , Et ils s'uniront à la maison de Jacob . Les peuples les prendront , et les ramèneront à leur demeure , Et la maison d' Israël les possédera dans le pays de l' Eternel , Comme serviteurs et comme servantes ; Ils retiendront captifs ceux qui les avaient faits captifs , Et ils domineront sur leurs oppresseurs . Et quand l' Eternel t'aura donné du repos , Après tes fatigues et tes agitations , Et après la dure servitude qui te fut imposée , Alors tu prononceras ce chant sur le roi de Babylone , Et tu diras : Eh quoi ! le tyran n'est plus ! L'oppression a cessé ! L' Eternel a brisé le bâton des méchants , La verge des dominateurs . Celui qui dans sa fureur frappait les peuples , Par des coups sans relâche , Celui qui dans sa colère subjuguait les nations , Est poursuivi sans ménagement . Toute la terre jouit du repos et de la paix ; On éclate en chants d'allégresse , Les cyprès même , les cèdres du Liban , se réjouissent de ta chute : Depuis que tu es tombé , personne ne monte pour nous abattre . Le séjour des morts s'émeut jusque dans ses profondeurs , Pour t'accueillir à ton arrivée ; Il réveille devant toi les ombres , tous les grands de la terre , Il fait lever de leurs trônes tous les rois des nations . Tous prennent la parole pour te dire : Toi aussi , tu es sans force comme nous , Tu es devenu semblable à nous ! Ta magnificence est descendue dans le séjour des morts , Avec le son de tes luths ; Sous toi est une couche de vers , Et les vers sont ta couverture . Te voilà tombé du ciel , Astre brillant , fils de l'aurore ! Tu es abattu à terre , Toi , le vainqueur des nations ! Tu disais en ton coeur : Je monterai au ciel , J'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; Je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée , A l'extrémité du septentrion ; Je monterai sur le sommet des nues , Je serai semblable au Très-Haut . Mais tu as été précipité dans le séjour des morts , Dans les profondeurs de la fosse . Ceux qui te voient fixent sur toi leurs regards , Ils te considèrent attentivement : Est-ce là cet homme qui faisait trembler la terre , Qui ébranlait les royaumes , Qui réduisait le monde en désert , Qui ravageait les villes , Et ne relâchait point ses prisonniers ? Tous les rois des nations , oui , tous , Reposent avec honneur , chacun dans son tombeau . Mais toi , tu as été jeté loin de ton sépulcre , Comme un rameau qu'on dédaigne , Comme une dépouille de gens tués à coups d'épée , Et précipités sur les pierres d'une fosse , Comme un cadavre foulé aux pieds . Tu n'es pas réuni à eux dans le sépulcre , Car tu as détruit ton pays , tu as fait périr ton peuple : On ne parlera plus jamais de la race des méchants . Préparez le massacre des fils , A cause de l'iniquité de leurs pères ! Qu'ils ne se relèvent pas pour conquérir la terre , Et remplir le monde d'ennemis ! - Je me lèverai contre eux , Dit l' Eternel des armées ; J'anéantirai le nom et la trace de Babylone , Ses descendants et sa postérité , dit l' Eternel . J'en ferai le gîte du hérisson et un marécage , Et je la balaierai avec le balai de la destruction , Dit l' Eternel des armées . L' Eternel des armées l'a juré , en disant : Oui , ce que j'ai décidé arrivera , Ce que j'ai résolu s'accomplira . Je briserai l' Assyrien dans mon pays , Je le foulerai aux pieds sur mes montagnes ; Et son joug leur sera ôté , Et son fardeau sera ôté de leurs épaules . Voilà la résolution prise contre toute la terre , Voilà la main étendue sur toutes les nations . L' Eternel des armées a pris cette résolution : qui s'y opposera ? Sa main est étendue : qui la détournera ? L'année de la mort du roi Achaz , cet oracle fut prononcé : Ne te réjouis pas , pays des Philistins , De ce que la verge qui te frappait est brisée ! Car de la racine du serpent sortira un basilic , Et son fruit sera un dragon volant . Alors les plus pauvres pourront paître , Et les malheureux reposer en sécurité ; Mais je ferai mourir ta racine par la faim , Et ce qui restera de toi sera tué . Porte , gémis ! ville , lamente-toi ! Tremble , pays tout entier des Philistins ! Car du nord vient une fumée , Et les rangs de l'ennemi sont serrés . - Et que répondra-t-on aux envoyés du peuple ? - Que l' Eternel a fondé Sion , Et que les malheureux de son peuple y trouvent un refuge . Oracle sur Moab . La nuit même où elle est ravagée , Ar-Moab est détruite ! La nuit même où elle est ravagée , Kir-Moab est détruite ! . . . On monte au temple et à Dibon , Sur les hauts lieux , pour pleurer ; Moab est en lamentations , sur Nebo et sur Médeba : Toutes les têtes sont rasées , Toutes les barbes sont coupées . Dans les rues , ils sont couverts de sacs ; Sur les toits et dans les places , Tout gémit et fond en larmes . Hesbon et Elealé poussent des cris , On entend leur voix jusqu'à Jahats ; Même les guerriers de Moab se lamentent , Ils ont l'effroi dans l'âme . Mon coeur gémit sur Moab , Dont les fugitifs se sauvent jusqu'à Tsoar , Jusqu'à Eglath-Schelischija ; Car ils font , en pleurant , la montée de Luchith , Et ils jettent des cris de détresse sur le chemin de Choronaïm ; Car les eaux de Nimrim sont ravagées , L'herbe est desséchée , le gazon est détruit , La verdure a disparu . C'est pourquoi ils ramassent ce qui leur reste , Et ils transportent leurs biens au delà du torrent des saules . Car les cris environnent les frontières de Moab ; Ses lamentations retentissent jusqu'à Eglaïm , Ses lamentations retentissent jusqu'à Beer-Elim . Les eaux de Dimon sont pleines de sang , Et j'enverrai sur Dimon de nouveaux malheurs , Un lion contre les réchappés de Moab , Contre le reste du pays . Envoyez les agneaux au souverain du pays , Envoyez-les de Séla , par le désert , A la montagne de la fille de Sion . Tel un oiseau fugitif , telle une nichée effarouchée , Telles seront les filles de Moab , au passage de l' Arnon . - Donne conseil , fais justice , Couvre-nous en plein midi de ton ombre comme de la nuit , Cache ceux que l'on poursuit , Ne trahis pas le fugitif ! Laisse séjourner chez toi les exilés de Moab , Sois pour eux un refuge contre le dévastateur ! Car l'oppression cessera , la dévastation finira , Celui qui foule le pays disparaîtra . Et le trône s'affermira par la clémence ; Et l'on y verra siéger fidèlement , dans la maison de David , Un juge ami du droit et zélé pour la justice . - Nous entendons l'orgueil du superbe Moab , Sa fierté et sa hauteur , son arrogance et ses vains discours . C'est pourquoi Moab gémit sur Moab , tout gémit ; Vous soupirez sur les ruines de Kir-Haréseth , Profondément abattus . Car les campagnes de Hesbon languissent ; Les maîtres des nations ont brisé les ceps de la vigne de Sibma , Qui s'étendaient jusqu'à Jaezer , qui erraient dans le désert : Les rameaux se prolongeaient , et allaient au delà de la mer . Aussi je pleure sur la vigne de Sibma , comme sur Jaezer ; Je vous arrose de mes larmes , Hesbon , Elealé ! Car sur votre récolte et sur votre moisson Est venu fondre un cri de guerre . La joie et l'allégresse ont disparu des campagnes ; Dans les vignes , plus de chants , plus de réjouissances ! Le vendangeur ne foule plus le vin dans les cuves ; J'ai fait cesser les cris de joie . Aussi mes entrailles frémissent sur Moab , comme une harpe , Et mon coeur sur Kir-Harès . On voit Moab , qui se fatigue sur les hauts lieux ; Il entre dans son sanctuaire pour prier , et il ne peut rien obtenir . Telle est la parole que l' Eternel a prononcée dès longtemps sur Moab . Et maintenant l' Eternel parle , et dit : Dans trois ans , comme les années d'un mercenaire , La gloire de Moab sera l'objet du mépris , Avec toute cette grande multitude ; Et ce qui restera sera peu de chose , presque rien . Oracle sur Damas . Voici , Damas ne sera plus une ville , Elle ne sera qu'un monceau de ruines . Les villes d' Aroër sont abandonnées , Elles sont livrées aux troupeaux ; Ils s'y couchent , et personne ne les effraie . C'en est fait de la forteresse d' Ephraïm , Et du royaume de Damas , et du reste de la Syrie : Il en sera comme de la gloire des enfants d' Israël , Dit l' Eternel des armées . En ce jour , la gloire de Jacob sera affaiblie , Et la graisse de sa chair s'évanouira . Il en sera comme quand le moissonneur récolte les blés , Et que son bras coupe les épis ; Comme quand on ramasse les épis , Dans la vallée de Rephaïm . Il en restera un grappillage , comme quand on secoue l'olivier , Deux , trois olives , au haut de la cime , Quatre , cinq , dans ses branches à fruits , Dit l' Eternel , le Dieu d' Israël . En ce jour , l'homme regardera vers son créateur , Et ses yeux se tourneront vers le Saint d' Israël ; Il ne regardera plus vers les autels , Ouvrage de ses mains , Et il ne contemplera plus ce que ses doigts ont fabriqué , Les idoles d' Astarté et les statues du soleil . En ce jour , ses villes fortes seront Comme des débris dans la forêt et sur la cime des montagnes , Abandonnés devant les enfants d' Israël : Et ce sera un désert . Car tu as oublié le Dieu de ton salut , Tu ne t'es pas souvenu du rocher de ton refuge . Aussi tu as fait des plantations d'agrément , Tu as planté des ceps étrangers ; Lorsque tu les plantas , tu les entouras d'une haie , Et bientôt tu les fis venir en fleurs . Mais la récolte a fui , au moment de la jouissance : Et la douleur est sans remède . Oh ! quelle rumeur de peuples nombreux ! Ils mugissent comme mugit la mer . Quel tumulte de nations ! Elles grondent comme grondent les eaux puissantes . Les nations grondent comme grondent les grandes eaux . . . Il les menace , et elles fuient au loin , Chassées comme la balle des montagnes au souffle du vent , Comme la poussière par un tourbillon . Quand vient le soir , voici , c'est une ruine soudaine ; Avant le matin , ils ne sont plus ! Voilà le partage de ceux qui nous dépouillent , Le sort de ceux qui nous pillent . Terre , où retentit le cliquetis des armes , Au delà des fleuves de l' Ethiopie ! Toi qui envoies sur mer des messagers , Dans des navires de jonc voguant à la surface des eaux ! Allez , messagers rapides , vers la nation forte et vigoureuse , Vers ce peuple redoutable depuis qu'il existe , Nation puissante et qui écrase tout , Et dont le pays est coupé par des fleuves . Vous tous , habitants du monde , habitants de la terre , Voyez la bannière qui se dresse sur les montagnes , Ecoutez la trompette qui sonne ! Car ainsi m'a parlé l' Eternel : Je regarde tranquillement de ma demeure , Par la chaleur brillante de la lumière , Et par la vapeur de la rosée , au temps de la chaude moisson . Mais avant la moisson , quand la pousse est achevée , Quand la fleur devient un raisin qui mûrit , Il coupe les sarments avec des serpes , Il enlève , il tranche les ceps . . . Ils seront tous abandonnés aux oiseaux de proie des montagnes Et aux bêtes de la terre ; Les oiseaux de proie passeront l'été sur leurs cadavres , Et les bêtes de la terre y passeront l'hiver . En ce temps-là , des offrandes seront apportées à l' Eternel des armées , Par le peuple fort et vigoureux , Par le peuple redoutable depuis qu'il existe , Nation puissante et qui écrase tout , Et dont le pays est coupé par des fleuves ; Elles seront apportées là où réside le nom de l' Eternel des armées , Sur la montagne de Sion . Oracle sur l' Egypte . Voici , l' Eternel est monté sur une nuée rapide , il vient en Egypte ; Et les idoles de l' Egypte tremblent devant lui , Et le coeur des Egyptiens tombe en défaillance . J'armerai l' Egyptien contre l' Egyptien , Et l'on se battra frère contre frère , ami contre ami , Ville contre ville , royaume contre royaume . L'esprit de l' Egypte disparaîtra du milieu d'elle , Et j'anéantirai son conseil ; On consultera les idoles et les enchanteurs , Ceux qui évoquent les morts et ceux qui prédisent l'avenir . Et je livrerai l' Egypte entre les mains d'un maître sévère ; Un roi cruel dominera sur eux , Dit le Seigneur , l' Eternel des armées . Les eaux de la mer tariront , Le fleuve deviendra sec et aride ; Les rivières seront infectes , Les canaux de l' Egypte seront bas et desséchés , Les joncs et les roseaux se flétriront . Ce ne sera que nudité le long du fleuve , à l'embouchure du fleuve ; Tout ce qui aura été semé près du fleuve se desséchera , Se réduira en poussière et périra . Les pêcheurs gémiront , Tous ceux qui jettent l'hameçon dans le fleuve se lamenteront , Et ceux qui étendent des filets sur les eaux seront désolés . Ceux qui travaillent le lin peigné Et qui tissent des étoffes blanches seront confus . Les soutiens du pays seront dans l'abattement , Tous les mercenaires auront l'âme attristée . Les princes de Tsoan ne sont que des insensés , Les sages conseillers de Pharaon forment un conseil stupide . Comment osez-vous dire à Pharaon : Je suis fils des sages , fils des anciens rois ? Où sont-ils donc tes sages ? Qu'ils te fassent des révélations , Et qu'on apprenne ce que l' Eternel des armées a résolu contre l' Egypte . Les princes de Tsoan sont fous , Les princes de Noph sont dans l'illusion , Les chefs des tribus égarent l' Egypte ; L' Eternel a répandu au milieu d'elle un esprit de vertige , Pour qu'ils fassent chanceler les Egyptiens dans tous leurs actes , Comme un homme ivre chancelle en vomissant . Et l' Egypte sera hors d'état de faire Ce que font la tête et la queue , La branche de palmier et le roseau . En ce jour , l' Egypte sera comme des femmes : Elle tremblera et aura peur , En voyant s'agiter la main de l' Eternel des armées , Quand il la lèvera contre elle . Et le pays de Juda sera pour l' Egypte un objet d'effroi : Dès qu'on lui en parlera , elle sera dans l'épouvante , A cause de la résolution prise contre elle par l' Eternel des armées . En ce temps-là , il y aura cinq villes au pays d' Egypte , Qui parleront la langue de Canaan , Et qui jureront par l' Eternel des armées : L'une d'elles sera appelée ville de la destruction . En ce même temps , il y aura un autel à l' Eternel Au milieu du pays d' Egypte , Et sur la frontière un monument à l' Eternel . Ce sera pour l' Eternel des armées un signe et un témoignage Dans le pays d' Egypte ; Ils crieront à l' Eternel à cause des oppresseurs , Et il leur enverra un sauveur et un défenseur pour les délivrer . Et l' Eternel sera connu des Egyptiens , Et les Egyptiens connaîtront l' Eternel en ce jour-là ; Ils feront des sacrifices et des offrandes , Ils feront des voeux à l' Eternel et les accompliront . Ainsi l' Eternel frappera les Egyptiens , Il les frappera , mais il les guérira ; Et ils se convertiront à l' Eternel , Qui les exaucera et les guérira . En ce même temps , il y aura une route d' Egypte en Assyrie : Les Assyriens iront en Egypte , et les Egyptiens en Assyrie , Et les Egyptiens avec les Assyriens serviront l' Eternel . En ce même temps , Israël sera , lui troisième , Uni à l' Egypte et à l' Assyrie , Et ces pays seront l'objet d'une bénédiction . L' Eternel des armées les bénira , en disant : Bénis soient l' Egypte , mon peuple , Et l' Assyrie , oeuvre de mes mains , Et Israël , mon héritage ! L'année où Tharthan , envoyé par Sargon , roi d' Assyrie , vint assiéger Asdod et s'en empara , en ce temps-là l' Eternel adressa la parole à Esaïe , fils d' Amots , et lui dit : Va , détache le sac de tes reins et ôte tes souliers de tes pieds . Il fit ainsi , marcha nu et déchaussé . Et l' Eternel dit : De même que mon serviteur Esaïe marche nu et déchaussé , ce qui sera dans trois ans un signe et un présage pour l' Egypte et pour l' Ethiopie , de même le roi d' Assyrie emmènera de l' Egypte et de l' Ethiopie captifs et exilés les jeunes hommes et les vieillards , nus et déchaussés , et le dos découvert , à la honte de l' Egypte . Alors on sera dans l'effroi et dans la confusion , à cause de l' Ethiopie en qui l'on avait mis sa confiance , et de l' Egypte dont on se glorifiait . Et les habitants de cette côte diront en ce jour : Voilà ce qu'est devenu l'objet de notre attente , sur lequel nous avions compté pour être secourus , pour être délivrés du roi d' Assyrie ! Comment échapperons-nous ? Oracle sur le désert de la mer . Comme s'avance l'ouragan du midi , Il vient du désert , du pays redoutable . Une vision terrible m'a été révélée . L'oppresseur opprime , le dévastateur dévaste . - Monte , Elam ! Assiège , Médie ! Je fais cesser tous les soupirs . - C'est pourquoi mes reins sont remplis d'angoisses ; Des douleurs me saisissent , Comme les douleurs d'une femme en travail ; Les spasmes m'empêchent d'entendre , Le tremblement m'empêche de voir . Mon coeur est troublé , La terreur s'empare de moi ; La nuit de mes plaisirs devient une nuit d'épouvante . On dresse la table , la garde veille , on mange , on boit . . . Debout , princes ! oignez le bouclier ! Car ainsi m'a parlé le Seigneur : Va , place la sentinelle ; Qu'elle annonce ce qu'elle verra . - Elle vit de la cavalerie , des cavaliers deux à deux , Des cavaliers sur des ânes , des cavaliers sur des chameaux ; Et elle était attentive , très attentive . Puis elle s'écria , comme un lion : Seigneur , je me tiens sur la tour toute la journée , Et je suis à mon poste toutes les nuits ; Et voici , il vient de la cavalerie , des cavaliers deux à deux ! Elle prit encore la parole , et dit : Elle est tombée , elle est tombée , Babylone , Et toutes les images de ses dieux sont brisées par terre ! - O mon peuple , qui as été battu comme du grain dans mon aire ! Ce que j'ai appris de l' Eternel des armées , Dieu d' Israël , Je vous l'ai annoncé . Oracle sur Duma . On me crie de Séir : Sentinelle , que dis-tu de la nuit ? Sentinelle , que dis-tu de la nuit ? La sentinelle répond : Le matin vient , et la nuit aussi . Si vous voulez interroger , interrogez ; Convertissez-vous , et revenez . Oracle sur l' Arabie . Vous passerez la nuit dans les broussailles de l' Arabie , Caravanes de Dedan ! Portez de l'eau à ceux qui ont soif ; Les habitants du pays de Théma Portent du pain aux fugitifs . Car ils fuient devant les épées , Devant l'épée nue , devant l'arc tendu , Devant un combat acharné . Car ainsi m'a parlé le Seigneur : Encore une année , comme les années d'un mercenaire , Et c'en est fait de toute la gloire de Kédar . Il ne restera qu'un petit nombre des vaillants archers , fils de Kédar , Car l' Eternel , le Dieu d' Israël , l'a déclaré . Oracle sur la vallée des visions . Qu'as-tu donc , que tout ton peuple monte sur les toits ? Ville bruyante , pleine de tumulte , Cité joyeuse ! Tes morts ne périront pas par l'épée , Ils ne mourront pas en combattant . Tous tes chefs fuient ensemble , Ils sont faits prisonniers par les archers ; Tous tes habitants deviennent à la fois captifs , Tandis qu'ils prennent au loin la fuite . C'est pourquoi je dis : Détournez de moi les regards , Laissez-moi pleurer amèrement ; N'insistez pas pour me consoler Du désastre de la fille de mon peuple . Car c'est un jour de trouble , d'écrasement et de confusion , Envoyé par le Seigneur , l' Eternel des armées , Dans la vallée des visions . On démolit les murailles , Et les cris de détresse retentissent vers la montagne . Elam porte le carquois ; Des chars de combattants , des cavaliers , s'avancent ; Kir met à nu le bouclier . Tes plus belles vallées sont remplies de chars , Et les cavaliers se rangent en bataille à tes portes . Les derniers retranchements de Juda sont forcés , Et en ce jour tu visites les armures de la maison de la forêt . Vous regardez les brèches nombreuses faites à la ville de David , Et vous retenez les eaux de l'étang inférieur . Vous comptez les maisons de Jérusalem , Et vous les abattez , pour fortifier la muraille . Vous faites un réservoir entre les deux murs , Pour les eaux de l'ancien étang . Mais vous ne regardez pas vers celui qui a voulu ces choses , Vous ne voyez pas celui qui les a préparées de loin . Le Seigneur , l' Eternel des armées , vous appelle en ce jour A pleurer et à vous frapper la poitrine , A vous raser la tête et à ceindre le sac . Et voici de la gaîté et de la joie ! On égorge des boeufs et l'on tue des brebis , On mange de la viande et l'on boit du vin : Mangeons et buvons , car demain nous mourrons ! - L' Eternel des armées me l'a révélé : Non , ce crime ne vous sera point pardonné que vous ne soyez morts , Dit le Seigneur , l' Eternel des armées . Ainsi parle le Seigneur , l' Eternel des armées : Va vers ce courtisan , Vers Schebna , gouverneur du palais : Qu'y a-t-il à toi ici , et qui as-tu ici , Que tu creuses ici un sépulcre ? Il se creuse un sépulcre sur la hauteur , Il se taille une demeure dans le roc ! Voici , l' Eternel te lancera d'un jet vigoureux ; Il t'enveloppera comme une pelote , Il te fera rouler , rouler comme une balle , Sur une terre spacieuse ; Là tu mourras , là seront tes chars magnifiques , O toi , l'opprobre de la maison de ton maître ! Je te chasserai de ton poste , L' Eternel t'arrachera de ta place . En ce jour-là , J'appellerai mon serviteur Eliakim , fils de Hilkija ; Je le revêtirai de ta tunique , je le ceindrai de ta ceinture , Et je remettrai ton pouvoir entre ses mains ; Il sera un père pour les habitants de Jérusalem Et pour la maison de Juda . Je mettrai sur son épaule la clé de la maison de David : Quand il ouvrira , nul ne fermera ; Quand il fermera , nul n'ouvrira . Je l'enfoncerai comme un clou dans un lieu sûr , Et il sera un siège de gloire pour la maison de son père . Il sera le soutien de toute la gloire de la maison de son père , Des rejetons nobles et ignobles , De tous les petits ustensiles , Des bassins comme des vases . En ce jour , dit l' Eternel des armées , Le clou enfoncé dans un lieu sûr sera enlevé , Il sera abattu et tombera , Et le fardeau qui était sur lui sera détruit , Car l' Eternel a parlé . Oracle sur Tyr . Lamentez-vous , navires de Tarsis ! Car elle est détruite : plus de maisons ! plus d'entrée ! C'est du pays de Kittim que la nouvelle leur en est venue . Soyez muets d'effroi , habitants de la côte , Que remplissaient les marchands de Sidon , parcourant la mer ! A travers les vastes eaux , le blé du Nil , La moisson du fleuve , était pour elle un revenu ; Elle était le marché des nations . Sois confuse , Sidon ! Car ainsi parle la mer , la forteresse de la mer : Je n'ai point eu de douleurs , je n'ai point enfanté , Je n'ai point nourri de jeunes gens , ni élevé de jeunes filles . Quand les Egyptiens sauront la nouvelle , Ils trembleront en apprenant la chute de Tyr . Passez à Tarsis , Lamentez-vous , habitants de la côte ! Est-ce là votre ville joyeuse ? Elle avait une origine antique , Et ses pieds la mènent séjourner au loin . Qui a pris cette résolution contre Tyr , la dispensatrice des couronnes , Elle dont les marchands étaient des princes , Dont les commerçants étaient les plus riches de la terre ? C'est l' Eternel des armées qui a pris cette résolution , Pour blesser l'orgueil de tout ce qui brille , Pour humilier tous les grands de la terre . Parcours librement ton pays , pareille au Nil , Fille de Tarsis ! Plus de joug ! L' Eternel a étendu sa main sur la mer ; Il a fait trembler les royaumes ; Il a ordonné la destruction des forteresses de Canaan . Il a dit : Tu ne te livreras plus à la joie , Vierge déshonorée , fille de Sidon ! Lève-toi , passe au pays de Kittim ! Même là , il n'y aura pas de repos pour toi . Vois les Chaldéens , qui n'étaient pas un peuple , Ces habitants du désert , pour qui l' Assyrien a fondé un pays ; Ils élèvent des tours , ils renversent les palais de Tyr , Ils les mettent en ruines . Lamentez-vous , navires de Tarsis ! Car votre forteresse est détruite ! En ce temps-là , Tyr tombera dans l'oubli soixante-dix ans , Ce que dure la vie d'un roi . Au bout de soixante-dix ans , il en sera de Tyr Comme de la prostituée dont parle la chanson : - Prends la harpe , parcours la ville , Prostituée qu'on oublie ! Joue bien , répète tes chants , Pour qu'on se souvienne de toi ! - Au bout de soixante-dix ans , l' Eternel visitera Tyr , Et elle retournera à son salaire impur ; Elle se prostituera à tous les royaumes de la terre , Sur la face du monde . Mais son gain et son salaire impur seront consacrés à l' Eternel , Ils ne seront ni entassés ni conservés ; Car son gain fournira pour ceux qui habitent devant l' Eternel Une nourriture abondante et des vêtements magnifiques . Voici , l' Eternel dévaste le pays et le rend désert , Il en bouleverse la face et en disperse les habitants . Et il en est du sacrificateur comme du peuple , Du maître comme du serviteur , De la maîtresse comme de la servante , Du vendeur comme de l'acheteur , Du prêteur comme de l'emprunteur , Du créancier comme du débiteur . Le pays est dévasté , livré au pillage ; Car l' Eternel l'a décrété . Le pays est triste , épuisé ; Les habitants sont abattus , languissants ; Les chefs du peuple sont sans force . Le pays était profané par ses habitants ; Car ils transgressaient les lois , violaient les ordonnances , Ils rompaient l'alliance éternelle . C'est pourquoi la malédiction dévore le pays , Et ses habitants portent la peine de leurs crimes ; C'est pourquoi les habitants du pays sont consumés , Et il n'en reste qu'un petit nombre . Le moût est triste , la vigne est flétrie ; Tous ceux qui avaient le coeur joyeux soupirent . La joie des tambourins a cessé , la gaîté bruyante a pris fin , La joie de la harpe a cessé . On ne boit plus de vin en chantant ; Les liqueurs fortes sont amères au buveur . La ville déserte est en ruines ; Toutes les maisons sont fermées , on n'y entre plus . On crie dans les rues , parce que le vin manque ; Toute réjouissance a disparu , L'allégresse est bannie du pays . La dévastation est restée dans la ville , Et les portes abattues sont en ruines . Car il en est dans le pays , au milieu des peuples , Comme quand on secoue l'olivier , Comme quand on grappille après la vendange . Ils élèvent leur voix , ils poussent des cris d'allégresse ; Des bords de la mer , ils célèbrent la majesté de l' Eternel . Glorifiez donc l' Eternel dans les lieux où brille la lumière , Le nom de l' Eternel , Dieu d' Israël , dans les îles de la mer ! - De l'extrémité de la terre nous entendons chanter : Gloire au juste ! Mais moi je dis : Je suis perdu ! je suis perdu ! malheur à moi ! Les pillards pillent , et les pillards s'acharnent au pillage . La terreur , la fosse , et le filet , Sont sur toi , habitant du pays ! Celui qui fuit devant les cris de terreur tombe dans la fosse , Et celui qui remonte de la fosse se prend au filet ; Car les écluses d'en haut s'ouvrent , Et les fondements de la terre sont ébranlés . La terre est déchirée , La terre se brise , La terre chancelle . La terre chancelle comme un homme ivre , Elle vacille comme une cabane ; Son péché pèse sur elle , Elle tombe , et ne se relève plus . En ce temps-là , l' Eternel châtiera dans le ciel l'armée d'en haut , Et sur la terre les rois de la terre . Ils seront assemblés captifs dans une prison , Ils seront enfermés dans des cachots , Et , après un grand nombre de jours , ils seront châtiés . La lune sera couverte de honte , Et le soleil de confusion ; Car l' Eternel des armées régnera Sur la montagne de Sion et à Jérusalem , Resplendissant de gloire en présence de ses anciens . O Eternel ! tu es mon Dieu ; Je t'exalterai , je célébrerai ton nom , Car tu as fait des choses merveilleuses ; Tes desseins conçus à l'avance se sont fidèlement accomplis . Car tu as réduit la ville en un monceau de pierres , La cité forte en un tas de ruines ; La forteresse des barbares est détruite , Jamais elle ne sera rebâtie . C'est pourquoi les peuples puissants te glorifient , Les villes des nations puissantes te craignent . Tu as été un refuge pour le faible , Un refuge pour le malheureux dans la détresse , Un abri contre la tempête , Un ombrage contre la chaleur ; Car le souffle des tyrans Est comme l'ouragan qui frappe une muraille . Comme tu domptes la chaleur dans une terre brûlante , Tu as dompté le tumulte des barbares ; Comme la chaleur est étouffée par l'ombre d'un nuage , Ainsi ont été étouffés les chants de triomphe des tyrans . L' Eternel des armées prépare à tous les peuples , sur cette montagne , Un festin de mets succulents , Un festin de vins vieux , De mets succulents , pleins de moelle , De vins vieux , clarifiés . Et , sur cette montagne , il anéantit le voile qui voile tous les peuples , La couverture qui couvre toutes les nations ; Il anéantit la mort pour toujours ; Le Seigneur , l' Eternel , essuie les larmes de tous les visages , Il fait disparaître de toute la terre l'opprobre de son peuple ; Car l' Eternel a parlé . En ce jour l'on dira : Voici , c'est notre Dieu , en qui nous avons confiance , Et c'est lui qui nous sauve ; C'est l' Eternel , en qui nous avons confiance ; Soyons dans l'allégresse , et réjouissons-nous de son salut ! Car la main de l' Eternel repose sur cette montagne ; Et Moab est foulé sur place , Comme la paille est foulée dans une mare à fumier . Au milieu de cette mare , il étend ses mains , Comme le nageur les étend pour nager ; Mais l' Eternel abat son orgueil , Et déjoue l'artifice de ses mains . Il renverse , il précipite les fortifications élevées de tes murs , Il les fait crouler à terre , jusque dans la poussière . En ce jour , on chantera ce cantique dans le pays de Juda : Nous avons une ville forte ; Il nous donne le salut pour murailles et pour rempart . Ouvrez les portes , Laissez entrer la nation juste et fidèle . A celui qui est ferme dans ses sentiments Tu assures la paix , la paix , Parce qu'il se confie en toi . Confiez-vous en l' Eternel à perpétuité , Car l' Eternel , l' Eternel est le rocher des siècles . Il a renversé ceux qui habitaient les hauteurs , Il a abaissé la ville superbe ; Il l'a abaissée jusqu'à terre , Il lui a fait toucher la poussière . Elle est foulée aux pieds , Aux pieds des pauvres , sous les pas des misérables . Le chemin du juste est la droiture ; Toi qui es juste , tu aplanis le sentier du juste . Aussi nous t'attendons , ô Eternel ! sur la voie de tes jugements ; Notre âme soupire après ton nom et après ton souvenir . Mon âme te désire pendant la nuit , Et mon esprit te cherche au dedans de moi ; Car , lorsque tes jugements s'exercent sur la terre , Les habitants du monde apprennent la justice . Si l'on fait grâce au méchant , il n'apprend pas la justice , Il se livre au mal dans le pays de la droiture , Et il n'a point égard à la majesté de Dieu . Eternel , ta main est puissante : Ils ne l'aperçoivent pas . Ils verront ton zèle pour le peuple , et ils en seront confus ; Le feu consumera tes ennemis . Eternel , tu nous donnes la paix ; Car tout ce que nous faisons , C'est toi qui l'accomplis pour nous . Eternel , notre Dieu , d'autres maîtres que toi ont dominé sur nous ; Mais c'est grâce à toi seul que nous invoquons ton nom . Ceux qui sont morts ne revivront pas , Des ombres ne se relèveront pas ; Car tu les as châtiés , tu les as anéantis , Et tu en as détruit tout souvenir . Multiplie le peuple , ô Eternel ! Multiplie le peuple , manifeste ta gloire ; Recule toutes les limites du pays . Eternel , ils t'ont cherché , quand ils étaient dans la détresse ; Ils se sont répandus en prières , quand tu les as châtiés . Comme une femme enceinte , sur le point d'accoucher , Se tord et crie au milieu de ses douleurs , Ainsi avons-nous été , loin de ta face , ô Eternel ! Nous avons conçu , nous avons éprouvé des douleurs , Et , quand nous enfantons , ce n'est que du vent : Le pays n'est pas sauvé , Et ses habitants ne sont pas nés . Que tes morts revivent ! Que mes cadavres se relèvent ! - Réveillez-vous et tressaillez de joie , habitants de la poussière ! Car ta rosée est une rosée vivifiante , Et la terre redonnera le jour aux ombres . Va , mon peuple , entre dans ta chambre , Et ferme la porte derrière toi ; Cache-toi pour quelques instants , Jusqu'à ce que la colère soit passée . Car voici , l' Eternel sort de sa demeure , Pour punir les crimes des habitants de la terre ; Et la terre mettra le sang à nu , Elle ne couvrira plus les meurtres . En ce jour , l' Eternel frappera de sa dure , grande et forte épée Le léviathan , serpent fuyard , Le léviathan , serpent tortueux ; Et il tuera le monstre qui est dans la mer . En ce jour-là , Chantez un cantique sur la vigne . Moi l' Eternel , j'en suis le gardien , Je l'arrose à chaque instant ; De peur qu'on ne l'attaque , Nuit et jour je la garde . Il n'y a point en moi de colère ; Mais si je trouve à combattre des ronces et des épines , Je marcherai contre elles , je les consumerai toutes ensemble , A moins qu'on ne me prenne pour refuge , Qu'on ne fasse la paix avec moi , qu'on ne fasse la paix avec moi . Dans les temps à venir , Jacob prendra racine , Israël poussera des fleurs et des rejetons , Et il remplira le monde de ses fruits . L' Eternel l'a-t-il frappé comme il a frappé ceux qui le frappaient ? L'a-t-il tué comme il a tué ceux qui le tuaient ? C'est avec mesure que tu l'as châtié par l'exil , En l'emportant par le souffle impétueux du vent d'orient . Ainsi le crime de Jacob a été expié , Et voici le fruit du pardon de son péché : L' Eternel a rendu toutes les pierres des autels Pareilles à des pierres de chaux réduites en poussière ; Les idoles d' Astarté et les statues du soleil ne se relèveront plus . Car la ville forte est solitaire , C'est une demeure délaissée et abandonnée comme le désert ; Là pâture le veau , il s'y couche , et broute les branches . Quand les rameaux sèchent , on les brise ; Des femmes viennent , pour les brûler . C'était un peuple sans intelligence : Aussi celui qui l'a fait n'a point eu pitié de lui , Celui qui l'a formé ne lui a point fait grâce . En ce temps-là , L' Eternel secouera des fruits , Depuis le cours du fleuve jusqu'au torrent d' Egypte ; Et vous serez ramassés un à un , enfants d' Israël ! En ce jour , on sonnera de la grande trompette , Et alors reviendront ceux qui étaient exilés au pays d' Assyrie Ou fugitifs au pays d' Egypte ; Et ils se prosterneront devant l' Eternel , Sur la montagne sainte , à Jérusalem . Malheur à la couronne superbe des ivrognes d' Ephraïm , A la fleur fanée , qui fait l'éclat de sa parure , Sur la cime de la fertile vallée de ceux qui s'enivrent ! Voici venir , de la part du Seigneur , un homme fort et puissant , Comme un orage de grêle , un ouragan destructeur , Comme une tempête qui précipite des torrents d'eaux : Il la fait tomber en terre avec violence . Elle sera foulée aux pieds , La couronne superbe des ivrognes d' Ephraïm ; Et la fleur fanée , qui fait l'éclat de sa parure , Sur la cime de la fertile vallée , Sera comme une figue hâtive qu'on aperçoit avant la récolte , Et qui , à peine dans la main , est aussitôt avalée . En ce jour , l' Eternel des armées sera Une couronne éclatante et une parure magnifique Pour le reste de son peuple , Un esprit de justice pour celui qui est assis au siège de la justice , Et une force pour ceux qui repoussent l'ennemi jusqu'à ses portes . Mais eux aussi , ils chancellent dans le vin , Et les boissons fortes leur donnent des vertiges ; Sacrificateurs et prophètes chancellent dans les boissons fortes , Ils sont absorbés par le vin , Ils ont des vertiges à cause des boissons fortes ; Ils chancellent en prophétisant , Ils vacillent en rendant la justice . Toutes les tables sont pleines de vomissements , d'ordures ; Il n'y a plus de place . - A qui veut-on enseigner la sagesse ? A qui veut-on donner des leçons ? Est-ce à des enfants qui viennent d'être sevrés , Qui viennent de quitter la mamelle ? Car c'est précepte sur précepte , précepte sur précepte , Règle sur règle , règle sur règle , Un peu ici , un peu là . - Hé bien ! c'est par des hommes aux lèvres balbutiantes Et au langage barbare Que l' Eternel parlera à ce peuple . Il lui disait : Voici le repos , Laissez reposer celui qui est fatigué ; Voici le lieu du repos ! Mais ils n'ont point voulu écouter . Et pour eux la parole de l' Eternel sera Précepte sur précepte , précepte sur précepte , Règle sur règle , règle sur règle , Un peu ici , un peu là , Afin qu'en marchant ils tombent à la renverse et se brisent , Afin qu'ils soient enlacés et pris . Ecoutez donc la parole de l' Eternel , moqueurs , Vous qui dominez sur ce peuple de Jérusalem ! Vous dites : Nous avons fait une alliance avec la mort , Nous avons fait un pacte avec le séjour des morts ; Quand le fléau débordé passera , il ne nous atteindra pas , Car nous avons la fausseté pour refuge et le mensonge pour abri . C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur , l' Eternel : Voici , j'ai mis pour fondement en Sion une pierre , Une pierre éprouvée , une pierre angulaire de prix , solidement posée ; Celui qui la prendra pour appui n'aura point hâte de fuir . Je ferai de la droiture une règle , Et de la justice un niveau ; Et la grêle emportera le refuge de la fausseté , Et les eaux inonderont l'abri du mensonge . Votre alliance avec la mort sera détruite , Votre pacte avec le séjour des morts ne subsistera pas ; Quand le fléau débordé passera , Vous serez par lui foulés aux pieds . Chaque fois qu'il passera , il vous saisira ; Car il passera tous les matins , le jour et la nuit , Et son bruit seul donnera l'épouvante . Le lit sera trop court pour s'y étendre , Et la couverture trop étroite pour s'en envelopper . Car l' Eternel se lèvera comme à la montagne de Peratsim , Il s'irritera comme dans la vallée de Gabaon , Pour faire son oeuvre , son oeuvre étrange , Pour exécuter son travail , son travail inouï . Maintenant , ne vous livrez point à la moquerie , De peur que vos liens ne soient resserrés ; Car la destruction de tout le pays est résolue ; Je l'ai appris du Seigneur , de l' Eternel des armées . Prêtez l'oreille , et écoutez ma voix ! Soyez attentifs , et écoutez ma parole ! Celui qui laboure pour semer laboure-t-il toujours ? Ouvre-t-il et brise-t-il toujours son terrain ? N'est-ce pas après en avoir aplani la surface Qu'il répand de la nielle et sème du cumin ; Qu'il met le froment par rangées , L'orge à une place marquée , Et l'épeautre sur les bords ? Son Dieu lui a enseigné la marche à suivre , Il lui a donné ses instructions . On ne foule pas la nielle avec le traîneau , Et la roue du chariot ne passe pas sur le cumin ; Mais on bat la nielle avec le bâton , Et le cumin avec la verge . On bat le blé , Mais on ne le bat pas toujours ; On y pousse la roue du chariot et les chevaux , Mais on ne l'écrase pas . Cela aussi vient de l' Eternel des armées ; Admirable est son conseil , et grande est sa sagesse . Malheur à Ariel , à Ariel , Cité dont David fit sa demeure ! Ajoutez année à année , Laissez les fêtes accomplir leur cycle . Puis j'assiégerai Ariel ; Il y aura des plaintes et des gémissements ; Et la ville sera pour moi comme un Ariel . Je t'investirai de toutes parts , Je te cernerai par des postes armés , J'élèverai contre toi des retranchements . Tu seras abaissée , ta parole viendra de terre , Et les sons en seront étouffés par la poussière ; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre , Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours . La multitude de tes ennemis sera comme une fine poussière , Cette multitude de guerriers sera comme la balle qui vole , Et cela tout à coup , en un instant . C'est de l' Eternel des armées que viendra le châtiment , Avec des tonnerres , des tremblements de terre et un bruit formidable , Avec l'ouragan et la tempête , Et avec la flamme d'un feu dévorant . Et , comme il en est d'un songe , d'une vision nocturne , Ainsi en sera-t-il de la multitude des nations qui combattront Ariel , De tous ceux qui l'attaqueront , elle et sa forteresse , Et qui la serreront de près . Comme celui qui a faim rêve qu'il mange , Puis s'éveille , l'estomac vide , Et comme celui qui a soif rêve qu'il boit , Puis s'éveille , épuisé et languissant ; Ainsi en sera-t-il de la multitude des nations Qui viendront attaquer la montagne de Sion . Soyez stupéfaits et étonnés ! Fermez les yeux et devenez aveugles ! Ils sont ivres , mais ce n'est pas de vin ; Ils chancellent , mais ce n'est pas l'effet des liqueurs fortes . Car l' Eternel a répandu sur vous un esprit d'assoupissement ; Il a fermé vos yeux les prophètes , Il a voilé vos têtes les voyants . Toute la révélation est pour vous comme les mots d'un livre cacheté Que l'on donne à un homme qui sait lire , en disant : Lis donc cela ! Et qui répond : Je ne le puis , Car il est cacheté ; Ou comme un livre que l'on donne A un homme qui ne sait pas lire , en disant : Lis donc cela ! Et qui répond : Je ne sais pas lire . Le Seigneur dit : Quand ce peuple s'approche de moi , Il m'honore de la bouche et des lèvres ; Mais son coeur est éloigné de moi , Et la crainte qu'il a de moi N'est qu'un précepte de tradition humaine . C'est pourquoi je frapperai encore ce peuple Par des prodiges et des miracles ; Et la sagesse de ses sages périra , Et l'intelligence de ses hommes intelligents disparaîtra . Malheur à ceux qui cachent leurs desseins Pour les dérober à l' Eternel , Qui font leurs oeuvres dans les ténèbres , Et qui disent : Qui nous voit et qui nous connaît ? Quelle perversité est la vôtre ! Le potier doit-il être considéré comme de l'argile , Pour que l'ouvrage dise de l'ouvrier : Il ne m'a point fait ? Pour que le vase dise du potier : Il n'a point d'intelligence ? Encore un peu de temps , Et le Liban se changera en verger , Et le verger sera considéré comme une forêt . En ce jour-là , les sourds entendront les paroles du livre ; Et , délivrés de l'obscurité et des ténèbres , Les yeux des aveugles verront . Les malheureux se réjouiront de plus en plus en l' Eternel , Et les pauvres feront du Saint d' Israël le sujet de leur allégresse . Car le violent ne sera plus , le moqueur aura fini , Et tous ceux qui veillaient pour l'iniquité seront exterminés , Ceux qui condamnaient les autres en justice , Tendaient des pièges à qui défendait sa cause à la porte , Et violaient par la fraude les droits de l'innocent . C'est pourquoi ainsi parle l' Eternel à la maison de Jacob , Lui qui a racheté Abraham : Maintenant Jacob ne rougira plus , Maintenant son visage ne pâlira plus . Car , lorsque ses enfants verront au milieu d'eux l'oeuvre de mes mains , Ils sanctifieront mon nom ; Ils sanctifieront le Saint de Jacob , Et ils craindront le Dieu d' Israël ; Ceux dont l'esprit s'égarait acquerront de l'intelligence , Et ceux qui murmuraient recevront instruction . Malheur , dit l' Eternel , aux enfants rebelles , Qui prennent des résolutions sans moi , Et qui font des alliances sans ma volonté , Pour accumuler péché sur péché ! Qui descendent en Egypte sans me consulter , Pour se réfugier sous la protection de Pharaon , Et chercher un abri sous l'ombre de l' Egypte ! La protection de Pharaon sera pour vous une honte , Et l'abri sous l'ombre de l' Egypte une ignominie . Déjà ses princes sont à Tsoan , Et ses envoyés ont atteint Hanès . Tous seront confus au sujet d'un peuple qui ne leur sera point utile , Ni pour les secourir , ni pour les aider , Mais qui fera leur honte et leur opprobre . Sentence des bêtes du midi : A travers une contrée de détresse et d'angoisse , D'où viennent la lionne et le lion , La vipère et le dragon volant , Ils portent à dos d'ânes leurs richesses , Et sur la bosse des chameaux leurs trésors , A un peuple qui ne leur sera point utile . Car le secours de l' Egypte n'est que vanité et néant ; C'est pourquoi j'appelle cela du bruit qui n'aboutit à rien . Va maintenant , écris ces choses devant eux sur une table , Et grave-les dans un livre , Afin qu'elles subsistent dans les temps à venir , Eternellement et à perpétuité . Car c'est un peuple rebelle , Ce sont des enfants menteurs , Des enfants qui ne veulent point écouter la loi de l' Eternel , Qui disent aux voyants : Ne voyez pas ! Et aux prophètes : Ne nous prophétisez pas des vérités , Dites-nous des choses flatteuses , Prophétisez des chimères ! Détournez-vous du chemin , Ecartez-vous du sentier , Eloignez de notre présence le Saint d' Israël ! C'est pourquoi ainsi parle le Saint d' Israël : Puisque vous rejetez cette parole , Que vous vous confiez dans la violence et dans les détours Et que vous les prenez pour appuis , Ce crime sera pour vous Comme une partie crevassée qui menace ruine Et fait saillie dans un mur élevé , Dont l'écroulement arrive tout à coup , en un instant : Il se brise comme se brise un vase de terre , Que l'on casse sans ménagement , Et dont les débris ne laissent pas un morceau Pour prendre du feu au foyer , Ou pour puiser de l'eau à la citerne . Car ainsi a parlé le Seigneur , l' Eternel , le Saint d' Israël : C'est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut , C'est dans le calme et la confiance que sera votre force . Mais vous ne l'avez pas voulu ! Vous avez dit : Non ! nous prendrons la course à cheval ! - C'est pourquoi vous fuirez à la course . - Nous monterons des coursiers légers ! - C'est pourquoi ceux qui vous poursuivront seront légers . Mille fuiront à la menace d'un seul , Et , à la menace de cinq , vous fuirez , Jusqu'à ce que vous restiez Comme un signal au sommet de la montagne , Comme un étendard sur la colline . Cependant l' Eternel désire vous faire grâce , Et il se lèvera pour vous faire miséricorde ; Car l' Eternel est un Dieu juste : Heureux tous ceux qui espèrent en lui ! Oui , peuple de Sion , habitant de Jérusalem , Tu ne pleureras plus ! Il te fera grâce , quand tu crieras ; Dès qu'il aura entendu , il t'exaucera . Le Seigneur vous donnera du pain dans l'angoisse , Et de l'eau dans la détresse ; Ceux qui t'instruisent ne se cacheront plus , Mais tes yeux verront ceux qui t'instruisent . Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira : Voici le chemin , marchez-y ! Car vous iriez à droite , ou vous iriez à gauche . Vous tiendrez pour souillés l'argent qui recouvre vos idoles , Et l'or dont elles sont revêtues ; Tu en disperseras les débris comme une impureté : Hors d'ici ! leur diras-tu . Alors il répandra la pluie sur la semence que tu auras mise en terre , Et le pain que produira la terre sera savoureux et nourrissant ; En ce même temps , tes troupeaux paîtront dans de vastes pâturages . Les boeufs et les ânes , qui labourent la terre , Mangeront un fourrage salé , Qu'on aura vanné avec la pelle et le van . Sur toute haute montagne et sur toute colline élevée , Il y aura des ruisseaux , des courants d'eau , Au jour du grand carnage , A la chute des tours . La lumière de la lune sera comme la lumière du soleil , Et la lumière du soleil sera sept fois plus grande Comme la lumière de sept jours , Lorsque l' Eternel bandera la blessure de son peuple , Et qu'il guérira la plaie de ses coups . Voici , le nom de l' Eternel vient de loin ; Sa colère est ardente , c'est un violent incendie ; Ses lèvres sont pleines de fureur , Et sa langue est comme un feu dévorant ; Son souffle est comme un torrent débordé qui atteint jusqu'au cou , Pour cribler les nations avec le crible de la destruction , Et comme un mors trompeur Entre les mâchoires des peuples . Vous chanterez comme la nuit où l'on célèbre la fête , Vous aurez le coeur joyeux comme celui qui marche au son de la flûte , Pour aller à la montagne de l' Eternel , vers le rocher d' Israël . Et l' Eternel fera retentir sa voix majestueuse , Il montrera son bras prêt à frapper , Dans l'ardeur de sa colère , Au milieu de la flamme d'un feu dévorant , De l'inondation , de la tempête et des pierres de grêle . A la voix de l' Eternel , l' Assyrien tremblera ; L' Eternel le frappera de sa verge . A chaque coup de la verge qui lui est destinée , Et que l' Eternel fera tomber sur lui , On entendra les tambourins et les harpes ; L' Eternel combattra contre lui à main levée . Depuis longtemps un bûcher est préparé , Il est préparé pour le roi , Il est profond , il est vaste ; Son bûcher , c'est du feu et du bois en abondance ; Le souffle de l' Eternel l'enflamme , comme un torrent de soufre . Malheur à ceux qui descendent en Egypte pour avoir du secours , Qui s'appuient sur des chevaux , Et se fient à la multitude des chars et à la force des cavaliers , Mais qui ne regardent pas vers le Saint d' Israël , Et ne recherchent pas l' Eternel ! Lui aussi , cependant , il est sage , il fait venir le malheur , Et ne retire point ses paroles ; Il s'élève contre la maison des méchants , Et contre le secours de ceux qui commettent l'iniquité . L' Egyptien est homme et non dieu ; Ses chevaux sont chair et non esprit . Quand l' Eternel étendra sa main , Le protecteur chancellera , le protégé tombera , Et tous ensemble ils périront . Car ainsi m'a parlé l' Eternel : Comme le lion , comme le lionceau rugit sur sa proie , Et , malgré tous les bergers rassemblés contre lui , Ne se laisse ni effrayer par leur voix , Ni intimider par leur nombre ; De même l' Eternel des armées descendra Pour combattre sur la montagne de Sion et sur sa colline . Comme des oiseaux déploient les ailes sur leur couvée , Ainsi l' Eternel des armées étendra sa protection sur Jérusalem ; Il protégera et délivrera , Il épargnera et sauvera . Revenez à celui dont on s'est profondément détourné , Enfants d' Israël ! En ce jour , chacun rejettera ses idoles d'argent et ses idoles d'or , Que vous vous êtes fabriquées de vos mains criminelles . Et l' Assyrien tombera sous un glaive qui n'est pas celui d'un homme , Et un glaive qui n'est pas celui d'un homme le dévorera ; Il s'enfuira devant le glaive , Et ses jeunes guerriers seront asservis . Son rocher s'enfuira d'épouvante , Et ses chefs trembleront devant la bannière , Dit l' Eternel , qui a son feu dans Sion Et sa fournaise dans Jérusalem . Alors le roi régnera selon la justice , Et les princes gouverneront avec droiture . Chacun sera comme un abri contre le vent , Et un refuge contre la tempête , Comme des courants d'eau dans un lieu desséché , Comme l'ombre d'un grand rocher dans une terre altérée . Les yeux de ceux qui voient ne seront plus bouchés , Et les oreilles de ceux qui entendent seront attentives . Le coeur des hommes légers sera intelligent pour comprendre , Et la langue de ceux qui balbutient parlera vite et nettement . On ne donnera plus à l'insensé le nom de noble , Ni au fourbe celui de magnanime . Car l'insensé profère des folies , Et son coeur s'adonne au mal , Pour commettre l'impiété , Et dire des faussetés contre l' Eternel , Pour laisser à vide l'âme de celui qui a faim , Et enlever le breuvage de celui qui a soif . Les armes du fourbe sont pernicieuses ; Il forme de coupables desseins , Pour perdre les malheureux par des paroles mensongères , Même quand la cause du pauvre est juste . Mais celui qui est noble forme de nobles desseins , Et il persévère dans ses nobles desseins . Femmes insouciantes , Levez-vous , écoutez ma voix ! Filles indolentes , Prêtez l'oreille à ma parole ! Dans un an et quelques jours , Vous tremblerez , indolentes ; Car c'en est fait de la vendange , La récolte n'arrivera pas . Soyez dans l'effroi , insouciantes ! Tremblez , indolentes ! Déshabillez-vous , mettez-vous à nu Et ceignez vos reins ! On se frappe le sein , Au souvenir de la beauté des champs Et de la fécondité des vignes . Sur la terre de mon peuple Croissent les épines et les ronces , Même dans toutes les maisons de plaisance De la cité joyeuse . Le palais est abandonné , La ville bruyante est délaissée ; La colline et la tour serviront à jamais de cavernes ; Les ânes sauvages y joueront , les troupeaux y paîtront , Jusqu'à ce que l'esprit soit répandu d'en haut sur nous , Et que le désert se change en verger , Et que le verger soit considéré comme une forêt . Alors la droiture habitera dans le désert , Et la justice aura sa demeure dans le verger . L'oeuvre de la justice sera la paix , Et le fruit de la justice le repos et la sécurité pour toujours . Mon peuple demeurera dans le séjour de la paix , Dans des habitations sûres , Dans des asiles tranquilles . Mais la forêt sera précipitée sous la grêle , Et la ville profondément abaissée . Heureux vous qui partout semez le long des eaux , Et qui laissez sans entraves le pied du boeuf et de l'âne ! Malheur à toi qui ravages , et qui n'as pas été ravagé ! Qui pilles , et qu'on n'a pas encore pillé ! Quand tu auras fini de ravager , tu seras ravagé ; Quand tu auras achevé de piller , on te pillera . Eternel , aie pitié de nous ! Nous espérons en toi . Sois notre aide chaque matin , Et notre délivrance au temps de la détresse ! Quand ta voix retentit , Les peuples fuient ; Quand tu te lèves , Les nations se dispersent . On moissonne votre butin , Comme moissonne la sauterelle ; On se précipite dessus , Comme se précipitent les sauterelles . L' Eternel est élevé , Car il habite en haut ; Il remplit Sion De droiture et de justice . Tes jours seront en sûreté ; La sagesse et l'intelligence sont une source de salut ; La crainte de l' Eternel , C'est là le trésor de Sion . Voici , les héros Poussent des cris au dehors ; Les messagers de paix Pleurent amèrement . Les routes sont désertes ; On ne passe plus dans les chemins . Il a rompu l'alliance , il méprise les villes , Il n'a de respect pour personne . Le pays est dans le deuil , dans la tristesse ; Le Liban est confus , languissant ; Le Saron est comme un désert ; Le Basan et le Carmel secouent leur feuillage . Maintenant je me lèverai , Dit l' Eternel , Maintenant je serai exalté , Maintenant je serai élevé . Vous avez conçu du foin , Vous enfanterez de la paille ; Votre souffle , C'est un feu qui vous consumera . Les peuples seront Des fournaises de chaux , Des épines coupées Qui brûlent dans le feu . Vous qui êtes loin , écoutez ce que j'ai fait ! Et vous qui êtes près , sachez quelle est ma puissance ! Les pécheurs sont effrayés dans Sion , Un tremblement saisit les impies : Qui de nous pourra rester auprès d'un feu dévorant ? Qui de nous pourra rester auprès de flammes éternelles ? - Celui qui marche dans la justice , Et qui parle selon la droiture , Qui méprise un gain acquis par extorsion , Qui secoue les mains pour ne pas accepter un présent , Qui ferme l'oreille pour ne pas entendre des propos sanguinaires , Et qui se bande les yeux pour ne pas voir le mal , Celui-là habitera dans des lieux élevés ; Des rochers fortifiés seront sa retraite ; Du pain lui sera donné , De l'eau lui sera assurée . Tes yeux verront le roi dans sa magnificence , Ils contempleront le pays dans toute son étendue . Ton coeur se souviendra de la terreur : Où est le secrétaire , où est le trésorier ? Où est celui qui inspectait les tours ? Tu ne verras plus le peuple audacieux , Le peuple au langage obscur qu'on n'entend pas , A la langue barbare qu'on ne comprend pas . Regarde Sion , la cité de nos fêtes ! Tes yeux verront Jérusalem , séjour tranquille , Tente qui ne sera plus transportée , Dont les pieux ne seront jamais enlevés , Et dont les cordages ne seront point détachés . C'est là vraiment que l' Eternel est magnifique pour nous : Il nous tient lieu de fleuves , de vastes rivières , Où ne pénètrent point de navires à rames , Et que ne traverse aucun grand vaisseau . Car l' Eternel est notre juge , L' Eternel est notre législateur , L' Eternel est notre roi : C'est lui qui nous sauve . Tes cordages sont relâchés ; Ils ne serrent plus le pied du mât et ne tendent plus les voiles . Alors on partage la dépouille d'un immense butin ; Les boiteux même prennent part au pillage : Aucun habitant ne dit : Je suis malade ! Le peuple de Jérusalem reçoit le pardon de ses iniquités . Approchez , nations , pour entendre ! Peuples , soyez attentifs ! Que la terre écoute , elle et ce qui la remplit , Le monde et tout ce qu'il produit ! Car la colère de l' Eternel va fondre sur toutes les nations , Et sa fureur sur toute leur armée : Il les voue à l'extermination , Il les livre au carnage . Leurs morts sont jetés , Leurs cadavres exhalent la puanteur , Et les montagnes se fondent dans leur sang . Toute l'armée des cieux se dissout ; Les cieux sont roulés comme un livre , Et toute leur armée tombe , Comme tombe la feuille de la vigne , Comme tombe celle du figuier . Mon épée s'est enivrée dans les cieux ; Voici , elle va descendre sur Edom , Sur le peuple que j'ai voué à l'extermination , pour le châtier . L'épée de l' Eternel est pleine de sang , couverte de graisse , Du sang des agneaux et des boucs , De la graisse des reins des béliers ; Car il y a des victimes de l' Eternel à Botsra , Et un grand carnage dans le pays d' Edom , Les buffles tombent avec eux , Et les boeufs avec les taureaux ; La terre s'abreuve de sang , Et le sol est imprégné de graisse . Car c'est un jour de vengeance pour l' Eternel , Une année de représailles pour la cause de Sion . Les torrents d' Edom seront changés en poix , Et sa poussière en soufre ; Et sa terre sera comme de la poix qui brûle . Elle ne s'éteindra ni jour ni nuit , La fumée s'en élèvera éternellement ; D'âge en âge elle sera désolée , A tout jamais personne n'y passera . Le pélican et le hérisson la posséderont , La chouette et le corbeau l'habiteront . On y étendra le cordeau de la désolation , Et le niveau de la destruction . Il n'y aura plus de grands pour proclamer un roi , Tous ses princes seront anéantis . Les épines croîtront dans ses palais , Les ronces et les chardons dans ses forteresses . Ce sera la demeure des chacals , Le repaire des autruches ; Les animaux du désert y rencontreront les chiens sauvages , Et les boucs s'y appelleront les uns les autres ; Là le spectre de la nuit aura sa demeure , Et trouvera son lieu de repos ; Là le serpent fera son nid , déposera ses oeufs , Les couvera , et recueillera ses petits à son ombre ; Là se rassembleront tous les vautours . Consultez le livre de l' Eternel , et lisez ! Aucun d'eux ne fera défaut , Ni l'un ni l'autre ne manqueront ; Car sa bouche l'a ordonné . C'est son esprit qui les rassemblera . Il a jeté pour eux le sort , Et sa main leur a partagé cette terre au cordeau , Ils la posséderont toujours , Ils l'habiteront d'âge en âge . Le désert et le pays aride se réjouiront ; La solitude s'égaiera , et fleurira comme un narcisse ; Elle se couvrira de fleurs , et tressaillira de joie , Avec chants d'allégresse et cris de triomphe ; La gloire du Liban lui sera donnée , La magnificence du Carmel et de Saron . Ils verront la gloire de l' Eternel , la magnificence de notre Dieu . Fortifiez les mains languissantes , Et affermissez les genoux qui chancellent ; Dites à ceux qui ont le coeur troublé : Prenez courage , ne craignez point ; Voici votre Dieu , la vengeance viendra , La rétribution de Dieu ; Il viendra lui-même , et vous sauvera . Alors s'ouvriront les yeux des aveugles , S'ouvriront les oreilles des sourds ; Alors le boiteux sautera comme un cerf , Et la langue du muet éclatera de joie . Car des eaux jailliront dans le désert , Et des ruisseaux dans la solitude ; Le mirage se changera en étang Et la terre desséchée en sources d'eaux ; Dans le repaire qui servait de gîte aux chacals , Croîtront des roseaux et des joncs . Il y aura là un chemin frayé , une route , Qu'on appellera la voie sainte ; Nul impur n'y passera ; elle sera pour eux seuls ; Ceux qui la suivront , même les insensés , ne pourront s'égarer . Sur cette route , point de lion ; Nulle bête féroce ne la prendra , Nulle ne s'y rencontrera ; Les délivrés y marcheront . Les rachetés de l' Eternel retourneront , Ils iront à Sion avec chants de triomphe , Et une joie éternelle couronnera leur tête ; L'allégresse et la joie s'approcheront , La douleur et les gémissements s'enfuiront . La quatorzième année du roi Ezéchias , Sanchérib , roi d' Assyrie , monta contre toutes les villes fortes de Juda et s'en empara . Et le roi d' Assyrie envoya de Lakis à Jérusalem , vers le roi Ezéchias , Rabschaké avec une puissante armée . Rabschaké s'arrêta à l'aqueduc de l'étang supérieur , sur le chemin du champ du foulon . Alors Eliakim , fils de Hilkija , chef de la maison du roi , se rendit auprès de lui , avec Schebna , le secrétaire , et Joach , fils d' Asaph , l'archiviste . Rabschaké leur dit : Dites à Ezéchias : Ainsi parle le grand roi , le roi d' Assyrie : Quelle est cette confiance , sur laquelle tu t'appuies ? Je te le dis , ce ne sont que des paroles en l'air : il faut pour la guerre de la prudence et de la force . En qui donc as-tu placé ta confiance , pour t'être révolté contre moi ? Voici , tu l'as placée dans l' Egypte , tu as pris pour soutien ce roseau cassé , qui pénètre et perce la main de quiconque s'appuie dessus : tel est Pharaon , roi d' Egypte , pour tous ceux qui se confient en lui . Peut-être me diras-tu : C'est en l' Eternel , notre Dieu , que nous nous confions . Mais n'est-ce pas lui dont Ezéchias a fait disparaître les hauts lieux et les autels , en disant à Juda et à Jérusalem : Vous vous prosternerez devant cet autel ? Maintenant , fais une convention avec mon maître , le roi d' Assyrie , et je te donnerai deux mille chevaux , si tu peux fournir des cavaliers pour les monter . Comment repousserais-tu un seul chef d'entre les moindres serviteurs de mon maître ? Tu mets ta confiance dans l' Egypte pour les chars et pour les cavaliers . D'ailleurs , est-ce sans la volonté de l' Eternel que je suis monté contre ce pays pour le détruire ? L' Eternel m'a dit : Monte contre ce pays , et détruis-le . Eliakim , Schebna et Joach dirent à Rabschaké : Parle à tes serviteurs en araméen , car nous le comprenons ; et ne nous parle pas en langue judaïque aux oreilles du peuple qui est sur la muraille . Rabschaké répondit : Est-ce à ton maître et à toi que mon maître m'a envoyé dire ces paroles ? N'est-ce pas à ces hommes assis sur la muraille pour manger leurs excréments et pour boire leur urine avec vous ? Puis Rabschaké s'avança et cria de toute sa force en langue judaïque : Ecoutez les paroles du grand roi , du roi d' Assyrie ! Ainsi parle le roi : Qu' Ezéchias ne vous abuse point , car il ne pourra vous délivrer . Qu' Ezéchias ne vous amène point à vous confier en l' Eternel , en disant : L' Eternel nous délivrera , cette ville ne sera pas livrée entre les mains du roi d' Assyrie . N'écoutez point Ezéchias ; car ainsi parle le roi d' Assyrie : Faites la paix avec moi , rendez-vous à moi , et chacun de vous mangera de sa vigne et de son figuier , et chacun boira de l'eau de sa citerne , jusqu'à ce que je vienne , et que je vous emmène dans un pays comme le vôtre , dans un pays de blé et de vin , un pays de pain et de vignes . Qu' Ezéchias ne vous séduise point , en disant : L' Eternel nous délivrera . Les dieux des nations ont-ils délivré chacun son pays de la main du roi d' Assyrie ? Où sont les dieux de Hamath et d' Arpad ? Où sont les dieux de Sepharvaïm ? Ont-ils délivré Samarie de ma main ? Parmi tous les dieux de ces pays , quels sont ceux qui ont délivré leur pays de ma main , pour que l' Eternel délivre Jérusalem de ma main ? Mais ils se turent , et ne lui répondirent pas un mot ; car le roi avait donné cet ordre : Vous ne lui répondrez pas . Et Eliakim , fils de Hilkija , chef de la maison du roi , Schebna , le secrétaire , et Joach , fils d' Asaph , l'archiviste , vinrent auprès d' Ezéchias , les vêtements déchirés , et lui rapportèrent les paroles de Rabschaké . Lorsque le roi Ezéchias eut entendu cela , il déchira ses vêtements , se couvrit d'un sac , et alla dans la maison de l' Eternel . Il envoya Eliakim , chef de la maison du roi , Schebna , le secrétaire , et les plus anciens des sacrificateurs , couverts de sacs , vers Esaïe , le prophète , fils d' Amots . Et ils lui dirent : Ainsi parle Ezéchias : Ce jour est un jour d'angoisse , de châtiment et d'opprobre ; car les enfants sont près de sortir du sein maternel , et il n'y a point de force pour l'enfantement . Peut-être l' Eternel , ton Dieu , a-t-il entendu les paroles de Rabschaké , que le roi d' Assyrie , son maître , a envoyé pour insulter le Dieu vivant , et peut-être l' Eternel , ton Dieu , exercera-t-il ses châtiments à cause des paroles qu'il a entendues . Fais donc monter une prière pour le reste qui subsiste encore . Les serviteurs du roi Ezéchias allèrent donc auprès d' Esaïe . Et Esaïe leur dit : Voici ce que vous direz à votre maître : Ainsi parle l' Eternel : Ne t'effraie point des paroles que tu as entendues et par lesquelles m'ont outragé les serviteurs du roi d' Assyrie . Je vais mettre en lui un esprit tel que , sur une nouvelle qu'il recevra , il retournera dans son pays ; et je le ferai tomber par l'épée dans son pays . Rabschaké , s'étant retiré , trouva le roi d' Assyrie qui attaquait Libna , car il avait appris son départ de Lakis . Alors le roi d' Assyrie reçut une nouvelle au sujet de Tirhaka , roi d' Ethiopie ; on lui dit : Il s'est mis en marche pour te faire la guerre . Dès qu'il eut entendu cela , il envoya des messagers à Ezéchias , en disant : Vous parlerez ainsi à Ezéchias , roi de Juda : Que ton Dieu , auquel tu te confies , ne t'abuse point en disant : Jérusalem ne sera pas livrée entre les mains du roi d' Assyrie . Voici , tu as appris ce qu'ont fait les rois d' Assyrie à tous les pays , et comment ils les ont détruits ; et toi , tu serais délivré ! Les dieux des nations que mes pères ont détruites les ont-ils délivrées , Gozan , Charan , Retseph , et les fils d' Eden qui sont à Telassar ? Où sont le roi de Hamath , le roi d' Arpad , et le roi de la ville de Sepharvaïm , d' Héna et d' Ivva ? Ezéchias prit la lettre de la main des messagers , et la lut . Puis il monta à la maison de l' Eternel , et la déploya devant l' Eternel , qui il adressa cette prière : Eternel des armées , Dieu d' Israël , assis sur les chérubins ! C'est toi qui es le seul Dieu de tous les royaumes de la terre , c'est toi qui as fait les cieux et la terre . Eternel , incline ton oreille , et écoute ! Eternel , ouvre tes yeux , et regarde ! Entends toutes les paroles que Sanchérib a envoyées pour insulter au Dieu vivant ! Il est vrai , ô Eternel ! que les rois d' Assyrie ont ravagé tous les pays et leur propre pays , et qu'ils ont jeté leurs dieux dans le feu ; mais ce n'étaient point des dieux , c'étaient des ouvrages de mains d'homme , du bois et de la pierre ; et ils les ont anéantis . Maintenant , Eternel , notre Dieu , délivre-nous de la main de Sanchérib , et que tous les royaumes de la terre sachent que toi seul es l' Eternel ! Alors Esaïe , fils d' Amots , envoya dire à Ezéchias : Ainsi parle l' Eternel , le Dieu d' Israël : J'ai entendu la prière que tu m'as adressée au sujet de Sanchérib , roi d' Assyrie . Voici la parole que l' Eternel a prononcée contre lui : Elle te méprise , elle se moque de toi , La vierge , fille de Sion ; Elle hoche la tête après toi , La fille de Jérusalem . Qui as-tu insulté et outragé ? Contre qui as-tu élevé la voix ? Tu as porté tes yeux en haut Sur le Saint d' Israël . Par tes serviteurs tu as insulté le Seigneur , Et tu as dit : Avec la multitude de mes chars , J'ai gravi le sommet des montagnes , Les extrémités du Liban ; Je couperai les plus élevés de ses cèdres , Les plus beaux de ses cyprès , Et j'atteindrai sa dernière cime , Sa forêt semblable à un verger ; J'ai ouvert des sources , et j'en ai bu les eaux , Et je tarirai avec la plante de mes pieds Tous les fleuves de l' Egypte . N'as-tu pas appris que j'ai préparé ces choses de loin , Et que je les ai résolues dès les temps anciens ? Maintenant j'ai permis qu'elles s'accomplissent , Et que tu réduisisses des villes fortes en monceaux de ruines . Leurs habitants sont impuissants , Epouvantés et confus ; Ils sont comme l'herbe des champs et la tendre verdure , Comme le gazon des toits Et le blé qui sèche avant la formation de sa tige . Mais je sais quand tu t'assieds , quand tu sors et quand tu entres , Et quand tu es furieux contre moi . Parce que tu es furieux contre moi , Et que ton arrogance est montée à mes oreilles , Je mettrai ma boucle à tes narines et mon mors entre tes lèvres , Et je te ferai retourner par le chemin par lequel tu es venu . Que ceci soit un signe pour toi : On a mangé une année le produit du grain tombé , et une seconde année ce qui croît de soi-même ; mais la troisième année , vous sèmerez , vous moissonnerez , vous planterez des vignes , et vous en mangerez le fruit . Ce qui aura été sauvé de la maison de Juda , ce qui sera resté poussera encore des racines par-dessous , et portera du fruit par-dessus . Car de Jérusalem il sortira un reste , et de la montagne de Sion des réchappés . Voilà ce que fera le zèle de l' Eternel des armées . C'est pourquoi ainsi parle l' Eternel sur le roi d' Assyrie : Il n'entrera point dans cette ville , Il n'y lancera point de traits , Il ne lui présentera point de boucliers , Et il n'élèvera point de retranchements contre elle . Il s'en retournera par le chemin par lequel il est venu , Et il n'entrera point dans cette ville , dit l' Eternel . Je protégerai cette ville pour la sauver , A cause de moi , et à cause de David , mon serviteur . L'ange de l' Eternel sortit , et frappa dans le camp des Assyriens cent quatre-vingt-cinq mille hommes . Et quand on se leva le matin , voici , c'étaient tous des corps morts . Alors Sanchérib , roi d' Assyrie , leva son camp , partit et s'en retourna ; et il resta à Ninive . Or , comme il était prosterné dans la maison de Nisroc , son dieu , Adrammélec et Scharetser , ses fils , le frappèrent par l'épée , et s'enfuirent au pays d' Ararat . Et Esar-Haddon , son fils , régna à sa place . En ce temps-là , Ezéchias fut malade à la mort . Le prophète Esaïe , fils d' Amots , vint auprès de lui , et lui dit : Ainsi parle l' Eternel : Donne tes ordres à ta maison , car tu vas mourir , et tu ne vivras plus . Ezéchias tourna son visage contre le mur , et fit cette prière à l' Eternel : O Eternel ! souviens-toi que j'ai marché devant ta face avec fidélité et intégrité de coeur , et que j'ai fait ce qui est bien à tes yeux ! Et Ezéchias répandit d'abondantes larmes . Puis la parole de l' Eternel fut adressée à Esaïe , en ces mots : Va , et dis à Ezéchias : Ainsi parle l' Eternel , le Dieu de David , ton père : J'ai entendu ta prière , j'ai vu tes larmes . Voici , j'ajouterai à tes jours quinze années . Je te délivrerai , toi et cette ville , de la main du roi d' Assyrie ; je protégerai cette ville . Et voici , de la part de l' Eternel , le signe auquel tu connaîtras que l' Eternel accomplira la parole qu'il a prononcée . Je ferai reculer de dix degrés en arrière avec le soleil l'ombre des degrés qui est descendue sur les degrés d' Achaz . Et le soleil recula de dix degrés sur les degrés où il était descendu . Cantique d' Ezéchias , roi de Juda , sur sa maladie et sur son rétablissement . Je disais : Quand mes jours sont en repos , je dois m'en aller Aux portes du séjour des morts . Je suis privé du reste de mes années ! Je disais : Je ne verrai plus l' Eternel , L' Eternel , sur la terre des vivants ; Je ne verrai plus aucun homme Parmi les habitants du monde ! Ma demeure est enlevée et transportée loin de moi , Comme une tente de berger ; Je sens le fil de ma vie coupé comme par un tisserand Qui me retrancherait de sa trame . Du jour à la nuit tu m'auras achevé ! Je me suis contenu jusqu'au matin ; Comme un lion , il brisait tous mes os , Du jour à la nuit tu m'auras achevé ! Je poussais des cris comme une hirondelle en voltigeant , Je gémissais comme la colombe ; Mes yeux s'élevaient languissants vers le ciel : O Eternel ! je suis dans l'angoisse , secours-moi ! Que dirai-je ? Il m'a répondu , et il m'a exaucé . Je marcherai humblement jusqu'au terme de mes années , Après avoir été ainsi affligé . Seigneur , c'est par tes bontés qu'on jouit de la vie , C'est par elles que je respire encore ; Tu me rétablis , tu me rends à la vie . Voici , mes souffrances mêmes sont devenues mon salut ; Tu as pris plaisir à retirer mon âme de la fosse du néant , Car tu as jeté derrière toi tous mes péchés . Ce n'est pas le séjour des morts qui te loue , Ce n'est pas la mort qui te célèbre ; Ceux qui sont descendus dans la fosse n'espèrent plus en ta fidélité . Le vivant , le vivant , c'est celui-là qui te loue , Comme moi aujourd'hui ; Le père fait connaître à ses enfants ta fidélité . L' Eternel m'a sauvé ! Nous ferons résonner les cordes de nos instruments , Tous les jours de notre vie , Dans la maison de l' Eternel . Esaïe avait dit : Qu'on apporte une masse de figues , et qu'on les étende sur l'ulcère ; et Ezéchias vivra . Et Ezéchias avait dit : A quel signe connaîtrai-je que je monterai à la maison de l' Eternel ? En ce même temps , Merodac-Baladan , fils de Baladan , roi de Babylone , envoya une lettre et un présent à Ezéchias , parce qu'il avait appris sa maladie et son rétablissement . Ezéchias en eut de la joie , et il montra aux envoyés le lieu où étaient ses choses de prix , l'argent et l'or , les aromates et l'huile précieuse , tout son arsenal , et tout ce qui se trouvait dans ses trésors : il n'y eut rien qu' Ezéchias ne leur fît voir dans sa maison et dans tous ses domaines . Esaïe , le prophète , vint ensuite auprès du roi Ezéchias , et lui dit : Qu'ont dit ces gens-là , et d'où sont-ils venus vers toi ? Ezéchias répondit : Ils sont venus vers moi d'un pays éloigné , de Babylone . Esaïe dit encore : Qu'ont-ils vu dans ta maison ? Ezéchias répondit : Ils ont vu tout ce qui est dans ma maison : il n'y a rien dans mes trésors que je ne leur aie fait voir . Alors Esaïe dit à Ezéchias : Ecoute la parole de l' Eternel des armées ! Voici , les temps viendront où l'on emportera à Babylone tout ce qui est dans ta maison et ce que tes pères ont amassé jusqu'à ce jour ; il n'en restera rien , dit l' Eternel . Et l'on prendra de tes fils , qui seront sortis de toi , que tu auras engendrés , pour en faire des eunuques dans le palais du roi de Babylone . Ezéchias répondit à Esaïe : La parole de l' Eternel , que tu as prononcée , est bonne ; car , ajouta-t-il , il y aura paix et sécurité pendant ma vie . Consolez , consolez mon peuple , Dit votre Dieu . Parlez au coeur de Jérusalem , et criez lui Que sa servitude est finie , Que son iniquité est expiée , Qu'elle a reçu de la main de l' Eternel Au double de tous ses péchés . Une voix crie : Préparez au désert le chemin de l' Eternel , Aplanissez dans les lieux arides Une route pour notre Dieu . Que toute vallée soit exhaussée , Que toute montagne et toute colline soient abaissées ! Que les coteaux se changent en plaines , Et les défilés étroits en vallons ! Alors la gloire de l' Eternel sera révélée , Et au même instant toute chair la verra ; Car la bouche de l' Eternel a parlé . Une voix dit : Crie ! - Et il répond : Que crierai-je ? Toute chair est comme l'herbe , Et tout son éclat comme la fleur des champs . L'herbe sèche , la fleur tombe , Quand le vent de l' Eternel souffle dessus . - Certainement le peuple est comme l'herbe : L'herbe sèche , la fleur tombe ; Mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement . Monte sur une haute montagne , Sion , pour publier la bonne nouvelle ; Elève avec force ta voix , Jérusalem , pour publier la bonne nouvelle ; Elève ta voix , ne crains point , Dis aux villes de Juda : Voici votre Dieu ! Voici , le Seigneur , l' Eternel vient avec puissance , Et de son bras il commande ; Voici , le salaire est avec lui , Et les rétributions le précèdent . Comme un berger , il paîtra son troupeau , Il prendra les agneaux dans ses bras , Et les portera dans son sein ; Il conduira les brebis qui allaitent . Qui a mesuré les eaux dans le creux de sa main , Pris les dimensions des cieux avec la paume , Et ramassé la poussière de la terre dans un tiers de mesure ? Qui a pesé les montagnes au crochet , Et les collines à la balance ? Qui a sondé l'esprit de l' Eternel , Et qui l'a éclairé de ses conseils ? Avec qui a-t-il délibéré pour en recevoir de l'instruction ? Qui lui a appris le sentier de la justice ? Qui lui a enseigné la sagesse , Et fait connaître le chemin de l'intelligence ? Voici , les nations sont comme une goutte d'un seau , Elles sont comme de la poussière sur une balance ; Voici , les îles sont comme une fine poussière qui s'envole . Le Liban ne suffit pas pour le feu , Et ses animaux ne suffisent pas pour l'holocauste . Toutes les nations sont devant lui comme un rien , Elles ne sont pour lui que néant et vanité . A qui voulez-vous comparer Dieu ? Et quelle image ferez-vous son égale ? C'est un ouvrier qui fond l'idole , Et c'est un orfèvre qui la couvre d'or , Et y soude des chaînettes d'argent . Celui que la pauvreté oblige à donner peu Choisit un bois qui résiste à la vermoulure ; Il se procure un ouvrier capable , Pour faire une idole qui ne branle pas . Ne le savez-vous pas ? ne l'avez-vous pas appris ? Ne vous l'a-t-on pas fait connaître dès le commencement ? N'avez-vous jamais réfléchi à la fondation de la terre ? C'est lui qui est assis au-dessus du cercle de la terre , Et ceux qui l'habitent sont comme des sauterelles ; Il étend les cieux comme une étoffe légère , Il les déploie comme une tente , pour en faire sa demeure . C'est lui qui réduit les princes au néant , Et qui fait des juges de la terre une vanité ; Ils ne sont pas même plantés , pas même semés , Leur tronc n'a pas même de racine en terre : Il souffle sur eux , et ils se dessèchent , Et un tourbillon les emporte comme le chaume . A qui me comparerez-vous , pour que je lui ressemble ? Dit le Saint . Levez vos yeux en haut , et regardez ! Qui a créé ces choses ? Qui fait marcher en ordre leur armée ? Il les appelle toutes par leur nom ; Par son grand pouvoir et par sa force puissante , Il n'en est pas une qui fasse défaut . Pourquoi dis-tu , Jacob , Pourquoi dis-tu , Israël : Ma destinée est cachée devant l' Eternel , Mon droit passe inaperçu devant mon Dieu ? Ne le sais-tu pas ? ne l'as-tu pas appris ? C'est le Dieu d'éternité , l' Eternel , Qui a créé les extrémités de la terre ; Il ne se fatigue point , il ne se lasse point ; On ne peut sonder son intelligence . Il donne de la force à celui qui est fatigué , Et il augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance . Les adolescents se fatiguent et se lassent , Et les jeunes hommes chancellent ; Mais ceux qui se confient en l' Eternel renouvellent leur force . Ils prennent le vol comme les aigles ; Ils courent , et ne se lassent point , Ils marchent , et ne se fatiguent point . Iles , faites silence pour m'écouter ! Que les peuples raniment leur force , Qu'ils avancent , et qu'ils parlent ! Approchons pour plaider ensemble . Qui a suscité de l'orient Celui que le salut appelle à sa suite ? Qui lui a livré les nations et assujetti des rois ? Qui a réduit leur glaive en poussière , Et leur arc en un chaume qui s'envole ? Il s'est mis à leur poursuite , il a parcouru avec bonheur Un chemin que son pied n'avait jamais foulé . Qui a fait et exécuté ces choses ? C'est celui qui a appelé les générations dès le commencement , Moi , l' Eternel , le premier Et le même jusqu'aux derniers âges . Les îles le voient , et sont dans la crainte , Les extrémités de la terre tremblent : Ils s'approchent , ils viennent . Ils s'aident l'un l'autre , Et chacun dit à son frère : Courage ! Le sculpteur encourage le fondeur ; Celui qui polit au marteau encourage celui qui frappe sur l'enclume ; Il dit de la soudure : Elle est bonne ! Et il fixe l'idole avec des clous , pour qu'elle ne branle pas . Mais toi , Israël , mon serviteur , Jacob , que j'ai choisi , Race d' Abraham que j'ai aimé ! Toi , que j'ai pris aux extrémités de la terre , Et que j'ai appelé d'une contrée lointaine , A qui j'ai dit : Tu es mon serviteur , Je te choisis , et ne te rejette point ! Ne crains rien , car je suis avec toi ; Ne promène pas des regards inquiets , car je suis ton Dieu ; Je te fortifie , je viens à ton secours , Je te soutiens de ma droite triomphante . Voici , ils seront confondus , ils seront couverts de honte , Tous ceux qui sont irrités contre toi ; Ils seront réduits à rien , ils périront , Ceux qui disputent contre toi . Tu les chercheras , et ne les trouveras plus , Ceux qui te suscitaient querelle ; Ils seront réduits à rien , réduits au néant , Ceux qui te faisaient la guerre . Car je suis l' Eternel , ton Dieu , Qui fortifie ta droite , Qui te dis : Ne crains rien , Je viens à ton secours . Ne crains rien , vermisseau de Jacob , Faible reste d' Israël ; Je viens à ton secours , dit l' Eternel , Et le Saint d' Israël est ton sauveur . Voici , je fais de toi un traîneau aigu , tout neuf , Garni de pointes ; Tu écraseras , tu broieras les montagnes , Et tu rendras les collines semblables à de la balle . Tu les vanneras , et le vent les emportera , Et un tourbillon les dispersera . Mais toi , tu te réjouiras en l' Eternel , Tu mettras ta gloire dans le Saint d' Israël . Les malheureux et les indigents cherchent de l'eau , et il n'y en a point ; Leur langue est desséchée par la soif . Moi , l' Eternel , je les exaucerai ; Moi , le Dieu d' Israël , je ne les abandonnerai pas . Je ferai jaillir des fleuves sur les collines , Et des sources au milieu des vallées ; Je changerai le désert en étang , Et la terre aride en courants d'eau ; Je mettrai dans le désert le cèdre , l'acacia , Le myrte et l'olivier ; Je mettrai dans les lieux stériles Le cyprès , l'orme et le buis , tous ensemble ; Afin qu'ils voient , qu'ils sachent , Qu'ils observent et considèrent Que la main de l' Eternel a fait ces choses , Que le Saint d' Israël en est l'auteur . Plaidez votre cause , Dit l' Eternel ; Produisez vos moyens de défense , Dit le roi de Jacob . Qu'ils les produisent , et qu'ils nous déclarent Ce qui doit arriver . Quelles sont les prédictions que jadis vous avez faites ? Dites-le , pour que nous y prenions garde , Et que nous en reconnaissions l'accomplissement ; Ou bien , annoncez-nous l'avenir . Dites ce qui arrivera plus tard , Pour que nous sachions si vous êtes des dieux ; Faites seulement quelque chose de bien ou de mal , Pour que nous le voyions et le regardions ensemble . Voici , vous n'êtes rien , Et votre oeuvre est le néant ; C'est une abomination que de se complaire en vous . Je l'ai suscité du septentrion , et il est venu ; De l'orient , il invoque mon nom ; Il foule les puissants comme de la boue , Comme de l'argile que foule un potier . Qui l'a annoncé dès le commencement , pour que nous le sachions , Et longtemps d'avance , pour que nous disions : C'est vrai ? Nul ne l'a annoncé , nul ne l'a prédit , Et personne n'a entendu vos paroles . C'est moi le premier qui ai dit à Sion : Les voici , les voici ! Et à Jérusalem : J'envoie un messager de bonnes nouvelles ! Je regarde , et il n'y a personne , Personne parmi eux qui prophétise , Et qui puisse répondre , si je l'interroge . Voici , ils ne sont tous que vanité , Leurs oeuvres ne sont que néant , Leurs idoles ne sont qu'un vain souffle . Voici mon serviteur , que je soutiendrai , Mon élu , en qui mon âme prend plaisir . J'ai mis mon esprit sur lui ; Il annoncera la justice aux nations . Il ne criera point , il n'élèvera point la voix , Et ne la fera point entendre dans les rues . Il ne brisera point le roseau cassé , Et il n'éteindra point la mèche qui brûle encore ; Il annoncera la justice selon la vérité . Il ne se découragera point et ne se relâchera point , Jusqu'à ce qu'il ait établi la justice sur la terre , Et que les îles espèrent en sa loi . Ainsi parle Dieu , l' Eternel , Qui a créé les cieux et qui les a déployés , Qui a étendu la terre et ses productions , Qui a donné la respiration à ceux qui la peuplent , Et le souffle à ceux qui y marchent . Moi , l' Eternel , je t'ai appelé pour le salut , Et je te prendrai par la main , Je te garderai , et je t'établirai pour traiter alliance avec le peuple , Pour être la lumière des nations , Pour ouvrir les yeux des aveugles , Pour faire sortir de prison le captif , Et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres . Je suis l' Eternel , c'est là mon nom ; Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre , Ni mon honneur aux idoles . Voici , les premières choses se sont accomplies , Et je vous en annonce de nouvelles ; Avant qu'elles arrivent , je vous les prédis . Chantez à l' Eternel un cantique nouveau , Chantez ses louanges aux extrémités de la terre , Vous qui voguez sur la mer et vous qui la peuplez , Iles et habitants des îles ! Que le désert et ses villes élèvent la voix ! Que les villages occupés par Kédar élèvent la voix ! Que les habitants des rochers tressaillent d'allégresse ! Que du sommet des montagnes retentissent des cris de joie ! Qu'on rende gloire à l' Eternel , Et que dans les îles on publie ses louanges ! L' Eternel s'avance comme un héros , Il excite son ardeur comme un homme de guerre ; Il élève la voix , il jette des cris , Il manifeste sa force contre ses ennemis . J'ai longtemps gardé le silence , je me suis tu , je me suis contenu ; Je crierai comme une femme en travail , Je serai haletant et je soufflerai tout à la fois . Je ravagerai montagnes et collines , Et j'en dessécherai toute la verdure ; Je changerai les fleuves en terre ferme , Et je mettrai les étangs à sec . Je ferai marcher les aveugles sur un chemin qu'ils ne connaissent pas , Je les conduirai par des sentiers qu'ils ignorent ; Je changerai devant eux les ténèbres en lumière , Et les endroits tortueux en plaine : Voilà ce que je ferai , et je ne les abandonnerai point . Ils reculeront , ils seront confus , Ceux qui se confient aux idoles taillées , Ceux qui disent aux idoles de fonte : Vous êtes nos dieux ! Sourds , écoutez ! Aveugles , regardez et voyez ! Qui est aveugle , sinon mon serviteur , Et sourd comme mon messager que j'envoie ? Qui est aveugle , comme l'ami de Dieu , Aveugle comme le serviteur de l' Eternel ? Tu as vu beaucoup de choses , mais tu n'y as point pris garde ; On a ouvert les oreilles , mais on n'a point entendu . L' Eternel a voulu , pour le bonheur d' Israël , Publier une loi grande et magnifique . Et c'est un peuple pillé et dépouillé ! On les a tous enchaînés dans des cavernes , Plongés dans des cachots ; Ils ont été mis au pillage , et personne qui les délivre ! Dépouillés , et personne qui dise : Restitue ! Qui parmi vous prêtera l'oreille à ces choses ? Qui voudra s'y rendre attentif et écouter à l'avenir ? Qui a livré Jacob au pillage , Et Israël aux pillards ? N'est-ce pas l' Eternel ? Nous avons péché contre lui . Ils n'ont point voulu marcher dans ses voies , Et ils n'ont point écouté sa loi . Aussi a-t-il versé sur Israël l'ardeur de sa colère Et la violence de la guerre ; La guerre l'a embrasé de toutes parts , et il n'a point compris ; Elle l'a consumé , et il n'y a point pris garde . Ainsi parle maintenant l' Eternel , qui t'a créé , ô Jacob ! Celui qui t'a formé , ô Israël ! Ne crains rien , car je te rachète , Je t'appelle par ton nom : tu es à moi ! Si tu traverses les eaux , je serai avec toi ; Et les fleuves , ils ne te submergeront point ; Si tu marches dans le feu , tu ne te brûleras pas , Et la flamme ne t'embrasera pas . Car je suis l' Eternel , ton Dieu , Le Saint d' Israël , ton sauveur ; Je donne l' Egypte pour ta rançon , L' Ethiopie et Saba à ta place . Parce que tu as du prix à mes yeux , Parce que tu es honoré et que je t'aime , Je donne des hommes à ta place , Et des peuples pour ta vie . Ne crains rien , car je suis avec toi ; Je ramènerai de l'orient ta race , Et je te rassemblerai de l'occident . Je dirai au septentrion : Donne ! Et au midi : Ne retiens point ! Fais venir mes fils des pays lointains , Et mes filles de l'extrémité de la terre , Tous ceux qui s'appellent de mon nom , Et que j'ai créés pour ma gloire , Que j'ai formés et que j'ai faits . Qu'on fasse sortir le peuple aveugle , qui a des yeux , Et les sourds , qui ont des oreilles . Que toutes les nations se rassemblent , Et que les peuples se réunissent . Qui d'entre eux a annoncé ces choses ? Lesquels nous ont fait entendre les premières prédictions ? Qu'ils produisent leurs témoins et établissent leur droit ; Qu'on écoute et qu'on dise : C'est vrai ! Vous êtes mes témoins , dit l' Eternel , Vous , et mon serviteur que j'ai choisi , Afin que vous le sachiez , Que vous me croyiez et compreniez que c'est moi : Avant moi il n'a point été formé de Dieu , Et après moi il n'y en aura point . C'est moi , moi qui suis l' Eternel , Et hors moi il n'y a point de sauveur . C'est moi qui ai annoncé , sauvé , prédit , Ce n'est point parmi vous un dieu étranger ; Vous êtes mes témoins , dit l' Eternel , C'est moi qui suis Dieu . Je le suis dès le commencement , Et nul ne délivre de ma main ; J'agirai : qui s'y opposera ? Ainsi parle l' Eternel , Votre rédempteur , le Saint d' Israël : A cause de vous , j'envoie l'ennemi contre Babylone , Et je fais descendre tous les fuyards , Même les Chaldéens , sur les navires dont ils tiraient gloire . Je suis l' Eternel , votre Saint , Le créateur d' Israël , votre roi . Ainsi parle l' Eternel , Qui fraya dans la mer un chemin , Et dans les eaux puissantes un sentier , Qui mit en campagne des chars et des chevaux , Une armée et de vaillants guerriers , Soudain couchés ensemble , pour ne plus se relever , Anéantis , éteints comme une mèche : Ne pensez plus aux événements passés , Et ne considérez plus ce qui est ancien . Voici , je vais faire une chose nouvelle , sur le point d'arriver : Ne la connaîtrez-vous pas ? Je mettrai un chemin dans le désert , Et des fleuves dans la solitude . Les bêtes des champs me glorifieront , Les chacals et les autruches , Parce que j'aurai mis des eaux dans le désert , Des fleuves dans la solitude , Pour abreuver mon peuple , mon élu . Le peuple que je me suis formé Publiera mes louanges . Et tu ne m'as pas invoqué , ô Jacob ! Car tu t'es lassé de moi , ô Israël ! Tu ne m'as pas offert tes brebis en holocauste , Et tu ne m'as pas honoré par tes sacrifices ; Je ne t'ai point tourmenté pour des offrandes , Et je ne t'ai point fatigué pour de l'encens . Tu n'as pas à prix d'argent acheté pour moi des aromates , Et tu ne m'as pas rassasié de la graisse de tes sacrifices ; Mais tu m'as tourmenté par tes péchés , Tu m'as fatigué par tes iniquités . C'est moi , moi qui efface tes transgressions pour l'amour de moi , Et je ne me souviendrai plus de tes péchés . Réveille ma mémoire , plaidons ensemble , Parle toi-même , pour te justifier . Ton premier père a péché , Et tes interprètes se sont rebellés contre moi . C'est pourquoi j'ai traité en profanes les chefs du sanctuaire , J'ai livré Jacob à la destruction , Et Israël aux outrages . Ecoute maintenant , ô Jacob , mon serviteur ! O Israël , que j'ai choisi ! Ainsi parle l' Eternel , qui t'a fait , Et qui t'a formé dès ta naissance , Celui qui est ton soutien : Ne crains rien , mon serviteur Jacob , Mon Israël , que j'ai choisi . Car je répandrai des eaux sur le sol altéré , Et des ruisseaux sur la terre desséchée ; Je répandrai mon esprit sur ta race , Et ma bénédiction sur tes rejetons . Ils pousseront comme au milieu de l'herbe , Comme les saules près des courants d'eau . Celui-ci dira : Je suis à l' Eternel ; Celui-là se réclamera du nom de Jacob ; Cet autre écrira de sa main : à l' Eternel ! Et prononcera avec amour le nom d' Israël . Ainsi parle l' Eternel , roi d' Israël et son rédempteur , L' Eternel des armées : Je suis le premier et je suis le dernier , Et hors moi il n'y a point de Dieu . Qui a , comme moi , fait des prédictions Qu'il le déclare et me le prouve ! , Depuis que j'ai fondé le peuple ancien ? Qu'ils annoncent l'avenir et ce qui doit arriver ! N'ayez pas peur , et ne tremblez pas ; Ne te l'ai-je pas dès longtemps annoncé et déclaré ? Vous êtes mes témoins : Y a-t-il un autre Dieu que moi ? Il n'y a pas d'autre rocher , je n'en connais point . Ceux qui fabriquent des idoles ne sont tous que vanité , Et leurs plus belles oeuvres ne servent à rien ; Elles le témoignent elles-mêmes : Elles n'ont ni la vue , ni l'intelligence , Afin qu'ils soient dans la confusion . Qui est-ce qui fabrique un dieu , ou fond une idole , Pour n'en retirer aucune utilité ? Voici , tous ceux qui y travaillent seront confondus , Et les ouvriers ne sont que des hommes ; Qu'ils se réunissent tous , qu'ils se présentent , Et tous ensemble ils seront tremblants et couverts de honte . Le forgeron fait une hache , Il travaille avec le charbon , Et il la façonne à coups de marteau ; Il la forge d'un bras vigoureux ; Mais a-t-il faim , le voilà sans force ; Ne boit-il pas d'eau , le voilà épuisé . Le charpentier étend le cordeau , Fait un tracé au crayon , Façonne le bois avec un couteau , Et marque ses dimensions avec le compas ; Et il produit une figure d'homme , Une belle forme humaine , Pour qu'elle habite dans une maison . Il se coupe des cèdres , Il prend des rouvres et des chênes , Et fait un choix parmi les arbres de la forêt ; Il plante des pins , Et la pluie les fait croître . Ces arbres servent à l'homme pour brûler , Il en prend et il se chauffe . Il y met aussi le feu pour cuire du pain ; Et il en fait également un dieu , qu'il adore , Il en fait une idole , devant laquelle il se prosterne . Il brûle au feu la moitié de son bois , Avec cette moitié il cuit de la viande , Il apprête un rôti , et se rassasie ; Il se chauffe aussi , et dit : Ha ! Ha ! Je me chauffe , je vois la flamme ! Et avec le reste il fait un dieu , son idole , Il se prosterne devant elle , il l'adore , il l'invoque , Et s'écrie : Sauve-moi ! Car tu es mon dieu ! Ils n'ont ni intelligence , ni entendement , Car on leur a fermé les yeux pour qu'ils ne voient point , Et le coeur pour qu'ils ne comprennent point . Il ne rentre pas en lui-même , Et il n'a ni l'intelligence , ni le bon sens de dire : J'en ai brûlé une moitié au feu , J'ai cuit du pain sur les charbons , J'ai rôti de la viande et je l'ai mangée ; Et avec le reste je ferais une abomination ! Je me prosternerais devant un morceau de bois ! Il se repaît de cendres , Son coeur abusé l'égare , Et il ne sauvera point son âme , et ne dira point : N'est-ce pas du mensonge que j'ai dans ma main ? Souviens-toi de ces choses , ô Jacob ! O Israël ! car tu es mon serviteur ; Je t'ai formé , tu es mon serviteur ; Israël , je ne t'oublierai pas . J'efface tes transgressions comme un nuage , Et tes péchés comme une nuée ; Reviens à moi , Car je t'ai racheté . Cieux , réjouissez-vous ! car l' Eternel a agi ; Profondeurs de la terre , retentissez d'allégresse ! Montagnes , éclatez en cris de joie ! Vous aussi , forêts , avec tous vos arbres ! Car l' Eternel a racheté Jacob , Il a manifesté sa gloire en Israël . Ainsi parle l' Eternel , ton rédempteur , Celui qui t'a formé dès ta naissance : Moi , l' Eternel , j'ai fait toutes choses , Seul j'ai déployé les cieux , Seul j'ai étendu la terre . J'anéantis les signes des prophètes de mensonge , Et je proclame insensés les devins ; Je fais reculer les sages , Et je tourne leur science en folie . Je confirme la parole de mon serviteur , Et j'accomplis ce que prédisent mes envoyés ; Je dis de Jérusalem : Elle sera habitée , Et des villes de Juda : Elles seront rebâties ; Et je relèverai leurs ruines . Je dis à l'abîme : Dessèche-toi , Je tarirai tes fleuves . Je dis de Cyrus : Il est mon berger , Et il accomplira toute ma volonté ; Il dira de Jérusalem : Qu'elle soit rebâtie ! Et du temple : Qu'il soit fondé ! Ainsi parle l' Eternel à son oint , à Cyrus , Qu'il tient par la main , Pour terrasser les nations devant lui , Et pour relâcher la ceinture des rois , Pour lui ouvrir les portes , Afin qu'elles ne soient plus fermées ; Je marcherai devant toi , J'aplanirai les chemins montueux , Je romprai les portes d'airain , Et je briserai les verrous de fer . Je te donnerai des trésors cachés , Des richesses enfouies , Afin que tu saches Que je suis l' Eternel qui t'appelle par ton nom , Le Dieu d' Israël . Pour l'amour de mon serviteur Jacob , Et d' Israël , mon élu , Je t'ai appelé par ton nom , Je t'ai parlé avec bienveillance , avant que tu me connusses . Je suis l' Eternel , et il n'y en a point d'autre , Hors moi il n'y a point de Dieu ; Je t'ai ceint , avant que tu me connusses . C'est afin que l'on sache , du soleil levant au soleil couchant , Que hors moi il n'y a point de Dieu : Je suis l' Eternel , et il n'y en a point d'autre . Je forme la lumière , et je crée les ténèbres , Je donne la prospérité , et je crée l'adversité ; Moi , l' Eternel , je fais toutes ces choses . Que les cieux répandent d'en haut Et que les nuées laissent couler la justice ! Que la terre s'ouvre , que le salut y fructifie , Et qu'il en sorte à la fois la délivrance ! Moi , l' Eternel , je crée ces choses . Malheur à qui conteste avec son créateur ! - Vase parmi des vases de terre ! - L'argile dit-elle à celui qui la façonne : Que fais-tu ? Et ton oeuvre : Il n'a point de mains ? Malheur à qui dit à son père : Pourquoi m'as-tu engendré ? Et à sa mère : Pourquoi m'as-tu enfanté ? Ainsi parle l' Eternel , le Saint d' Israël , et son créateur : Veut-on me questionner sur l'avenir , Me donner des ordres sur mes enfants et sur l'oeuvre de mes mains ? C'est moi qui ai fait la terre , Et qui sur elle ai créé l'homme ; C'est moi , ce sont mes mains qui ont déployé les cieux , Et c'est moi qui ai disposé toute leur armée . C'est moi qui ai suscité Cyrus dans ma justice , Et j'aplanirai toutes ses voies ; Il rebâtira ma ville , et libérera mes captifs , Sans rançon ni présents , Dit l' Eternel des armées . Ainsi parle l' Eternel : Les gains de l' Egypte et les profits de l' Ethiopie , Et ceux des Sabéens à la taille élevée , Passeront chez toi et seront à toi ; Ces peuples marcheront à ta suite , Ils passeront enchaînés , Ils se prosterneront devant toi , et te diront en suppliant : C'est auprès de toi seulement que se trouve Dieu , Et il n'y a point d'autre Dieu que lui . Mais tu es un Dieu qui te caches , Dieu d' Israël , sauveur ! Ils sont tous honteux et confus , Ils s'en vont tous avec ignominie , Les fabricateurs d'idoles . C'est par l' Eternel qu' Israël obtient le salut , Un salut éternel ; Vous ne serez ni honteux ni confus , Jusque dans l'éternité . Car ainsi parle l' Eternel , Le créateur des cieux , le seul Dieu , Qui a formé la terre , qui l'a faite et qui l'a affermie , Qui l'a créée pour qu'elle ne fût pas déserte , Qui l'a formée pour qu'elle fût habitée : Je suis l' Eternel , et il n'y en a point d'autre . Je n'ai point parlé en cachette , Dans un lieu ténébreux de la terre ; Je n'ai point dit à la postérité de Jacob : Cherchez-moi vainement ! Moi , l' Eternel , je dis ce qui est vrai , Je proclame ce qui est droit . Assemblez-vous et venez , approchez ensemble , Réchappés des nations ! Ils n'ont point d'intelligence , ceux qui portent leur idole de bois , Et qui invoquent un dieu incapable de sauver . Déclarez-le , et faites-les venir ! Qu'ils prennent conseil les uns des autres ! Qui a prédit ces choses dès le commencement , Et depuis longtemps les a annoncées ? N'est-ce pas moi , l' Eternel ? Il n'y a point d'autre Dieu que moi , Je suis le seul Dieu juste et qui sauve . Tournez-vous vers moi , et vous serez sauvés , Vous tous qui êtes aux extrémités de la terre ! Car je suis Dieu , et il n'y en a point d'autre . Je le jure par moi-même , La vérité sort de ma bouche et ma parole ne sera point révoquée : Tout genou fléchira devant moi , Toute langue jurera par moi . En l' Eternel seul , me dira-t-on , résident la justice et la force ; A lui viendront , pour être confondus , Tous ceux qui étaient irrités contre lui . Par l' Eternel seront justifiés et glorifiés Tous les descendants d' Israël . Bel s'écroule , Nebo tombe ; On met leurs idoles sur des animaux , sur des bêtes ; Vous les portiez , et les voilà chargées , Devenues un fardeau pour l'animal fatigué ! Ils sont tombés , ils se sont écroulés ensemble , Ils ne peuvent sauver le fardeau , Et ils s'en vont eux-mêmes en captivité . Ecoutez-moi , maison de Jacob , Et vous tous , restes de la maison d' Israël , Vous que j'ai pris à ma charge dès votre origine , Que j'ai portés dès votre naissance ! Jusqu'à votre vieillesse je serai le même , Jusqu'à votre vieillesse je vous soutiendrai ; Je l'ai fait , et je veux encore vous porter , Vous soutenir et vous sauver . A qui me comparerez-vous , pour le faire mon égal ? A qui me ferez-vous ressembler , pour que nous soyons semblables ? Ils versent l'or de leur bourse , Et pèsent l'argent à la balance ; Ils paient un orfèvre , pour qu'il en fasse un dieu , Et ils adorent et se prosternent . Ils le portent , ils le chargent sur l'épaule , Ils le mettent en place , et il y reste ; Il ne bouge pas de sa place ; Puis on crie vers lui , mais il ne répond pas , Il ne sauve pas de la détresse . Souvenez-vous de ces choses , et soyez des hommes ! Pécheurs , rentrez en vous-mêmes ! Souvenez-vous de ce qui s'est passé dès les temps anciens ; Car je suis Dieu , et il n'y en a point d'autre , Je suis Dieu , et nul n'est semblable à moi . J'annonce dès le commencement ce qui doit arriver , Et longtemps d'avance ce qui n'est pas encore accompli ; Je dis : Mes arrêts subsisteront , Et j'exécuterai toute ma volonté . C'est moi qui appelle de l'orient un oiseau de proie , D'une terre lointaine un homme pour accomplir mes desseins , Je l'ai dit , et je le réaliserai ; Je l'ai conçu , et je l'exécuterai . Ecoutez-moi , gens endurcis de coeur , Ennemis de la droiture ! Je fais approcher ma justice : elle n'est pas loin ; Et mon salut : il ne tardera pas . Je mettrai le salut en Sion , Et ma gloire sur Israël . Descends , et assieds-toi dans la poussière , Vierge , fille de Babylone ! Assieds-toi à terre , sans trône , Fille des Chaldéens ! On ne t'appellera plus délicate et voluptueuse . Prends les meules , et mouds de la farine ; Ote ton voile , relève les pans de ta robe , Découvre tes jambes , traverse les fleuves ! Ta nudité sera découverte , Et ta honte sera vue . J'exercerai ma vengeance , Je n'épargnerai personne . - Notre rédempteur , c'est celui qui s'appelle l' Eternel des armées , C'est le Saint d' Israël . - Assieds-toi en silence , et va dans les ténèbres , Fille des Chaldéens ! On ne t'appellera plus la souveraine des royaumes . J'étais irrité contre mon peuple , J'avais profané mon héritage , Et je les avais livrés entre tes mains : Tu n'as pas eu pour eux de la compassion , Tu as durement appesanti ton joug sur le vieillard . Tu disais : A toujours je serai souveraine ! Tu n'as point mis dans ton esprit , Tu n'as point songé que cela prendrait fin . Ecoute maintenant ceci , voluptueuse , Qui t'assieds avec assurance , Et qui dis en ton coeur : Moi , et rien que moi ! Je ne serai jamais veuve , Et je ne serai jamais privée d'enfants ! Ces deux choses t'arriveront subitement , au même jour , La privation d'enfants et le veuvage ; Elles fondront en plein sur toi , Malgré la multitude de tes sortilèges , Malgré le grand nombre de tes enchantements . Tu avais confiance dans ta méchanceté , Tu disais : Personne ne me voit ! Ta sagesse et ta science t'ont séduite . Et tu disais en ton coeur : Moi , et rien que moi ! Le malheur viendra sur toi , Sans que tu en voies l'aurore ; La calamité tombera sur toi , Sans que tu puisses la conjurer ; Et la ruine fondra sur toi tout à coup , A l'improviste . Reste donc au milieu de tes enchantements Et de la multitude de tes sortilèges , Auxquels tu as consacré ton travail dès ta jeunesse ; Peut-être pourras-tu en tirer profit , Peut-être deviendras-tu redoutable . Tu t'es fatiguée à force de consulter : Qu'ils se lèvent donc et qu'ils te sauvent , Ceux qui connaissent le ciel , Qui observent les astres , Qui annoncent , d'après les nouvelles lunes , Ce qui doit t'arriver ! Voici , ils sont comme de la paille , le feu les consume , Ils ne sauveront pas leur vie des flammes : Ce ne sera pas du charbon dont on se chauffe , Ni un feu auprès duquel on s'assied . Tel sera le sort de ceux que tu te fatiguais à consulter . Et ceux avec qui tu as trafiqué dès ta jeunesse Se disperseront chacun de son côté : Il n'y aura personne qui vienne à ton secours . Ecoutez ceci , maison de Jacob , Vous qui portez le nom d' Israël , Et qui êtes sortis des eaux de Juda ; Vous qui jurez par le nom de l' Eternel , Et qui invoquez le Dieu d' Israël , Mais sans vérité ni droiture ! Car ils prennent leur nom de la ville sainte , Et ils s'appuient sur le Dieu d' Israël , Dont le nom est l' Eternel des armées . Dès longtemps j'ai fait les premières prédictions , Elles sont sorties de ma bouche , et je les ai publiées : Soudain j'ai agi , et elles se sont accomplies . Sachant que tu es endurci , Que ton cou est une barre de fer , Et que tu as un front d'airain , Je t'ai annoncé dès longtemps ces choses , je te les ai déclarées avant qu'elles arrivassent , Afin que tu ne dises pas : C'est mon idole qui les a faites , C'est mon image taillée ou mon image en fonte qui les a ordonnées . Tu entends ! Considère tout cela ! Et vous , ne l'avouerez-vous pas ? . . . Maintenant , je t'annonce des choses nouvelles , Cachées , inconnues de toi . Elles se produisent à présent , et n'appartiennent point au passé ; Jusqu'à leur avènement tu n'en avais aucune connaissance , Afin que tu ne dises pas : Voici , je le savais . Tu n'en as rien appris , tu n'en as rien su , Et jadis ton oreille n'en a point été frappée : Car je savais que tu serais infidèle , Et que dès ta naissance tu fus appelé rebelle . A cause de mon nom , je suspends ma colère ; A cause de ma gloire , je me contiens envers toi , Pour ne pas t'exterminer . Je t'ai mis au creuset , mais non pour retirer de l'argent ; Je t'ai éprouvé dans la fournaise de l'adversité . C'est pour l'amour de moi , pour l'amour de moi , que je veux agir ; Car comment mon nom serait-il profané ? Je ne donnerai pas ma gloire à un autre . Ecoute-moi , Jacob ! Et toi , Israël , que j'ai appelé ! C'est moi , moi qui suis le premier , C'est aussi moi qui suis le dernier . Ma main a fondé la terre , Et ma droite a étendu les cieux : Je les appelle , et aussitôt ils se présentent . Vous tous , assemblez-vous , et écoutez ! Qui d'entre eux a annoncé ces choses ? Celui que l' Eternel aime exécutera sa volonté contre Babylone , Et son bras s'appesantira sur les Chaldéens . Moi , moi , j'ai parlé , et je l'ai appelé ; Je l'ai fait venir , et son oeuvre réussira . Approchez-vous de moi , et écoutez ! Dès le commencement , je n'ai point parlé en cachette , Dès l'origine de ces choses , j'ai été là . Et maintenant , le Seigneur , l' Eternel , m'a envoyé avec son esprit . Ainsi parle l' Eternel , ton rédempteur , le Saint d' Israël : Moi , l' Eternel , ton Dieu , je t'instruis pour ton bien , Je te conduis dans la voie que tu dois suivre . Oh ! si tu étais attentif à mes commandements ! Ton bien-être serait comme un fleuve , Et ton bonheur comme les flots de la mer ; Ta postérité serait comme le sable , Et les fruits de tes entrailles comme les grains de sable ; Ton nom ne serait point effacé , anéanti devant moi . Sortez de Babylone , fuyez du milieu des Chaldéens ! Avec une voix d'allégresse annoncez-le , publiez-le , Faites-le savoir jusqu'à l'extrémité de la terre , Dites : L' Eternel a racheté son serviteur Jacob ! Et ils n'auront pas soif dans les déserts où il les conduira : Il fera jaillir pour eux l'eau du rocher , Il fendra le rocher , Et l'eau coulera . Il n'y a point de paix pour les méchants , dit l' Eternel . Iles , écoutez-moi ! Peuples lointains , soyez attentifs ! L' Eternel m'a appelé dès ma naissance , Il m'a nommé dès ma sortie des entrailles maternelles . Il a rendu ma bouche semblable à un glaive tranchant , Il m'a couvert de l'ombre de sa main ; Il a fait de moi une flèche aiguë , Il m'a caché dans son carquois . Et il m'a dit : Tu es mon serviteur , Israël en qui je me glorifierai . Et moi j'ai dit : C'est en vain que j'ai travaillé , C'est pour le vide et le néant que j'ai consumé ma force ; Mais mon droit est auprès de l' Eternel , Et ma récompense auprès de mon Dieu . Maintenant , l' Eternel parle , Lui qui m'a formé dès ma naissance Pour être son serviteur , Pour ramener à lui Jacob , Et Israël encore dispersé ; Car je suis honoré aux yeux de l' Eternel , Et mon Dieu est ma force . Il dit : C'est peu que tu sois mon serviteur Pour relever les tribus de Jacob Et pour ramener les restes d' Israël : Je t'établis pour être la lumière des nations , Pour porter mon salut jusqu'aux extrémités de la terre . Ainsi parle l' Eternel , le rédempteur , le Saint d' Israël , A celui qu'on méprise , qui est en horreur au peuple , A l'esclave des puissants : Des rois le verront , et ils se lèveront , Des princes , et ils se prosterneront , A cause de l' Eternel , qui est fidèle , Du Saint d' Israël , qui t'a choisi . Ainsi parle l' Eternel : Au temps de la grâce je t'exaucerai , Et au jour du salut je te secourrai ; Je te garderai , et je t'établirai pour traiter alliance avec le peuple , Pour relever le pays , Et pour distribuer les héritages désolés ; Pour dire aux captifs : Sortez ! Et à ceux qui sont dans les ténèbres : Paraissez ! Ils paîtront sur les chemins , Et ils trouveront des pâturages sur tous les coteaux . Ils n'auront pas faim et ils n'auront pas soif ; Le mirage et le soleil ne les feront point souffrir ; Car celui qui a pitié d'eux sera leur guide , Et il les conduira vers des sources d'eaux . Je changerai toutes mes montagnes en chemins , Et mes routes seront frayées . Les voici , ils viennent de loin , Les uns du septentrion et de l'occident , Les autres du pays de Sinim . Cieux , réjouissez-vous ! Terre , sois dans l'allégresse ! Montagnes , éclatez en cris de joie ! Car l' Eternel console son peuple , Il a pitié de ses malheureux . Sion disait : L' Eternel m'abandonne , Le Seigneur m'oublie ! - Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite ? N'a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l'oublierait , Moi je ne t'oublierai point . Voici , je t'ai gravée sur mes mains ; Tes murs sont toujours devant mes yeux . Tes fils accourent ; Ceux qui t'avaient détruite et ravagée Sortiront du milieu de toi . Porte tes yeux alentour , et regarde : Tous ils s'assemblent , ils viennent vers toi . Je suis vivant ! dit l' Eternel , Tu les revêtiras tous comme une parure , Tu t'en ceindras comme une fiancée . Dans tes places ravagées et désertes , Dans ton pays ruiné , Tes habitants seront désormais à l'étroit ; Et ceux qui te dévoraient s'éloigneront . Ils répéteront à tes oreilles , Ces fils dont tu fus privée : L'espace est trop étroit pour moi ; Fais-moi de la place , pour que je puisse m'établir . Et tu diras en ton coeur : Qui me les a engendrés ? Car j'étais sans enfants , j'étais stérile . J'étais exilée , répudiée : qui les a élevés ? J'étais restée seule : ceux-ci , où étaient-ils ? Ainsi a parlé le Seigneur , l' Eternel : Voici : Je lèverai ma main vers les nations , Je dresserai ma bannière vers les peuples ; Et ils ramèneront tes fils entre leurs bras , Ils porteront tes filles sur les épaules . Des rois seront tes nourriciers , et leurs princesses tes nourrices ; Ils se prosterneront devant toi la face contre terre , Et ils lécheront la poussière de tes pieds , Et tu sauras que je suis l' Eternel , Et que ceux qui espèrent en moi ne seront point confus . Le butin du puissant lui sera-t-il enlevé ? Et la capture faite sur le juste échappera-t-elle ? - Oui , dit l' Eternel , la capture du puissant lui sera enlevée , Et le butin du tyran lui échappera ; Je combattrai tes ennemis , Et je sauverai tes fils . Je ferai manger à tes oppresseurs leur propre chair ; Ils s'enivreront de leur sang comme du moût ; Et toute chair saura que je suis l' Eternel , ton sauveur , Ton rédempteur , le puissant de Jacob . Ainsi parle l' Eternel : Où est la lettre de divorce par laquelle j'ai répudié votre mère ? Ou bien , auquel de mes créanciers vous ai-je vendus ? Voici , c'est à cause de vos iniquités que vous avez été vendus , Et c'est à cause de vos péchés que votre mère a été répudiée . Je suis venu : pourquoi n'y avait-il personne ? J'ai appelé : pourquoi personne n'a-t-il répondu ? Ma main est-elle trop courte pour racheter ? N'ai-je pas assez de force pour délivrer ? Par ma menace , je dessèche la mer , Je réduis les fleuves en désert ; Leurs poissons se corrompent , faute d'eau , Et ils périssent de soif . Je revêts les cieux d'obscurité , Et je fais d'un sac leur couverture . Le Seigneur , l' Eternel , m'a donné une langue exercée , Pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu ; Il éveille , chaque matin , il éveille mon oreille , Pour que j'écoute comme écoutent des disciples . Le Seigneur , l' Eternel , m'a ouvert l'oreille , Et je n'ai point résisté , Je ne me suis point retiré en arrière . J'ai livré mon dos à ceux qui me frappaient , Et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe ; Je n'ai pas dérobé mon visage Aux ignominies et aux crachats . Mais le Seigneur , l' Eternel , m'a secouru ; C'est pourquoi je n'ai point été déshonoré , C'est pourquoi j'ai rendu mon visage semblable à un caillou , Sachant que je ne serais point confondu . Celui qui me justifie est proche : Qui disputera contre moi ? Comparaissons ensemble ! Qui est mon adversaire ? Qu'il s'avance vers moi ! Voici , le Seigneur , l' Eternel , me secourra : Qui me condamnera ? Voici , ils tomberont tous en lambeaux comme un vêtement , La teigne les dévorera . Quiconque parmi vous craint l' Eternel , Qu'il écoute la voix de son serviteur ! Quiconque marche dans l'obscurité et manque de lumière , Qu'il se confie dans le nom de l' Eternel , Et qu'il s'appuie sur son Dieu ! Voici , vous tous qui allumez un feu , Et qui êtes armés de torches , Allez au milieu de votre feu et de vos torches enflammées ! C'est par ma main que ces choses vous arriveront ; Vous vous coucherez dans la douleur . Ecoutez-moi , vous qui poursuivez la justice , Qui cherchez l' Eternel ! Portez les regards sur le rocher d'où vous avez été taillés , Sur le creux de la fosse d'où vous avez été tirés . Portez les regards sur Abraham votre père , Et sur Sara qui vous a enfantés ; Car lui seul je l'ai appelé , Je l'ai béni et multiplié . Ainsi l' Eternel a pitié de Sion , Il a pitié de toutes ses ruines ; Il rendra son désert semblable à un Eden , Et sa terre aride à un jardin de l' Eternel . La joie et l'allégresse se trouveront au milieu d'elle , Les actions de grâces et le chant des cantiques . Mon peuple , sois attentif ! Ma nation , prête-moi l'oreille ! Car la loi sortira de moi , Et j'établirai ma loi pour être la lumière des peuples . Ma justice est proche , mon salut va paraître , Et mes bras jugeront les peuples ; Les îles espéreront en moi , Elles se confieront en mon bras . Levez les yeux vers le ciel , et regardez en bas sur la terre ! Car les cieux s'évanouiront comme une fumée , La terre tombera en lambeaux comme un vêtement , Et ses habitants périront comme des mouches ; Mais mon salut durera éternellement , Et ma justice n'aura point de fin . Ecoutez-moi , vous qui connaissez la justice , Peuple , qui as ma loi dans ton coeur ! Ne craignez pas l'opprobre des hommes , Et ne tremblez pas devant leurs outrages . Car la teigne les dévorera comme un vêtement , Et la gerce les rongera comme de la laine ; Mais ma justice durera éternellement , Et mon salut s'étendra d'âge en âge . Réveille-toi , réveille-toi ! revêts-toi de force , bras de l' Eternel ! Réveille-toi , comme aux jours d'autrefois , Dans les anciens âges ! N'est-ce pas toi qui abattis l' Egypte , Qui transperças le monstre ? N'est-ce pas toi qui mis à sec la mer , Les eaux du grand abîme , Qui frayas dans les profondeurs de la mer Un chemin pour le passage des rachetés ? Ainsi les rachetés de l' Eternel retourneront , Ils iront à Sion avec chants de triomphe , Et une joie éternelle couronnera leur tête ; L'allégresse et la joie s'approcheront , La douleur et les gémissements s'enfuiront . C'est moi , c'est moi qui vous console . Qui es-tu , pour avoir peur de l'homme mortel , Et du fils de l'homme , pareil à l'herbe ? Et tu oublierais l' Eternel , qui t'a fait , Qui a étendu les cieux et fondé la terre ! Et tu tremblerais incessamment tout le jour Devant la colère de l'oppresseur , Parce qu'il cherche à détruire ! Où donc est la colère de l'oppresseur ? Bientôt celui qui est courbé sous les fers sera délivré ; Il ne mourra pas dans la fosse , Et son pain ne lui manquera pas . Je suis l' Eternel , ton Dieu , Qui soulève la mer et fais mugir ses flots . L' Eternel des armées est son nom . Je mets mes paroles dans ta bouche , Et je te couvre de l'ombre de ma main , Pour étendre de nouveaux cieux et fonder une nouvelle terre , Et pour dire à Sion : Tu es mon peuple ! Réveille-toi , réveille-toi ! lève-toi , Jérusalem , Qui as bu de la main de l' Eternel la coupe de sa colère , Qui as bu , sucé jusqu'à la lie la coupe d'étourdissement ! Il n'y en a aucun pour la conduire De tous les fils qu'elle a enfantés , Il n'y en a aucun pour la prendre par la main De tous les fils qu'elle a élevés . Ces deux choses te sont arrivées : - Qui te plaindra ? - Le ravage et la ruine , la famine et l'épée . - Qui suis-je pour te consoler ? - Tes fils en défaillance gisaient à tous les coins de rues , Comme le cerf dans un filet , Chargés de la colère de l' Eternel , Des menaces de ton Dieu . C'est pourquoi , écoute ceci , malheureuse , Ivre , mais non de vin ! Ainsi parle ton Seigneur , l' Eternel , Ton Dieu , qui défend son peuple : Voici , je prends de ta main la coupe d'étourdissement , La coupe de ma colère ; Tu ne la boiras plus ! Je la mettrai dans la main de tes oppresseurs , Qui te disaient : Courbe-toi , et nous passerons ! Tu faisais alors de ton dos comme une terre , Comme une rue pour les passants . Réveille-toi ! réveille-toi ! revêts ta parure , Sion ! Revêts tes habits de fête , Jérusalem , ville sainte ! Car il n'entrera plus chez toi ni incirconcis ni impur . Secoue ta poussière , lève-toi , Mets-toi sur ton séant , Jérusalem ! Détache les liens de ton cou , Captive , fille de Sion ! Car ainsi parle l' Eternel : C'est gratuitement que vous avez été vendus , Et ce n'est pas à prix d'argent que vous serez rachetés . Car ainsi parle le Seigneur , l' Eternel : Jadis mon peuple descendit en Egypte , pour y séjourner ; Puis l' Assyrien l'opprima sans cause . Et maintenant , qu'ai-je à faire , dit l' Eternel , Quand mon peuple a été gratuitement enlevé ? Ses tyrans poussent des cris , dit l' Eternel , Et toute la durée du jour mon nom est outragé . C'est pourquoi mon peuple connaîtra mon nom ; C'est pourquoi il saura , en ce jour , Que c'est moi qui parle : me voici ! Qu'ils sont beaux sur les montagnes , Les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles , Qui publie la paix ! De celui qui apporte de bonnes nouvelles , Qui publie le salut ! De celui qui dit à Sion : ton Dieu règne ! La voix de tes sentinelles retentit ; Elles élèvent la voix , Elles poussent ensemble des cris d'allégresse ; Car de leurs propres yeux elles voient Que l' Eternel ramène Sion . Eclatez ensemble en cris de joie , Ruines de Jérusalem ! Car l' Eternel console son peuple , Il rachète Jérusalem . L' Eternel découvre le bras de sa sainteté , Aux yeux de toutes les nations ; Et toutes les extrémités de la terre verront Le salut de notre Dieu . Partez , partez , sortez de là ! Ne touchez rien d'impur ! Sortez du milieu d'elle ! Purifiez-vous , vous qui portez les vases de l' Eternel ! Ne sortez pas avec précipitation , Ne partez pas en fuyant ; Car l' Eternel ira devant vous , Et le Dieu d' Israël fermera votre marche . Voici , mon serviteur prospérera ; Il montera , il s'élèvera , il s'élèvera bien haut . De même qu'il a été pour plusieurs un sujet d'effroi , - Tant son visage était défiguré , Tant son aspect différait de celui des fils de l'homme , - De même il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie ; Devant lui des rois fermeront la bouche ; Car ils verront ce qui ne leur avait point été raconté , Ils apprendront ce qu'ils n'avaient point entendu . Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? Qui a reconnu le bras de l' Eternel ? Il s'est élevé devant lui comme une faible plante , Comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée ; Il n'avait ni beauté , ni éclat pour attirer nos regards , Et son aspect n'avait rien pour nous plaire . Méprisé et abandonné des hommes , Homme de douleur et habitué à la souffrance , Semblable à celui dont on détourne le visage , Nous l'avons dédaigné , nous n'avons fait de lui aucun cas . Cependant , ce sont nos souffrances qu'il a portées , C'est de nos douleurs qu'il s'est chargé ; Et nous l'avons considéré comme puni , Frappé de Dieu , et humilié . Mais il était blessé pour nos péchés , Brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui , Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris . Nous étions tous errants comme des brebis , Chacun suivait sa propre voie ; Et l' Eternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous . Il a été maltraité et opprimé , Et il n'a point ouvert la bouche , Semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie , A une brebis muette devant ceux qui la tondent ; Il n'a point ouvert la bouche . Il a été enlevé par l'angoisse et le châtiment ; Et parmi ceux de sa génération , qui a cru Qu'il était retranché de la terre des vivants Et frappé pour les péchés de mon peuple ? On a mis son sépulcre parmi les méchants , Son tombeau avec le riche , Quoiqu'il n'eût point commis de violence Et qu'il n'y eût point de fraude dans sa bouche . Il a plu à l' Eternel de le briser par la souffrance . . . Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché , Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l'oeuvre de l' Eternel prospérera entre ses mains . A cause du travail de son âme , il rassasiera ses regards ; Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d'hommes , Et il se chargera de leurs iniquités . C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands ; Il partagera le butin avec les puissants , Parce qu'il s'est livré lui-même à la mort , Et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs , Parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes , Et qu'il a intercédé pour les coupables . Réjouis-toi , stérile , toi qui n'enfantes plus ! Fais éclater ton allégresse et ta joie , toi qui n'as plus de douleurs ! Car les fils de la délaissée seront plus nombreux Que les fils de celle qui est mariée , dit l' Eternel . Elargis l'espace de ta tente ; Qu'on déploie les couvertures de ta demeure : Ne retiens pas ! Allonge tes cordages , Et affermis tes pieux ! Car tu te répandras à droite et à gauche ; Ta postérité envahira des nations , Et peuplera des villes désertes . Ne crains pas , car tu ne seras point confondue ; Ne rougis pas , car tu ne seras pas déshonorée ; Mais tu oublieras la honte de ta jeunesse , Et tu ne te souviendras plus de l'opprobre de ton veuvage . Car ton créateur est ton époux : L' Eternel des armées est son nom ; Et ton rédempteur est le Saint d' Israël : Il se nomme Dieu de toute la terre ; Car l' Eternel te rappelle comme une femme délaissée et au coeur attristé , Comme une épouse de la jeunesse qui a été répudiée , dit ton Dieu . Quelques instants je t'avais abandonnée , Mais avec une grande affection je t'accueillerai ; Dans un instant de colère , je t'avais un moment dérobé ma face , Mais avec un amour éternel j'aurai compassion de toi , Dit ton rédempteur , l' Eternel . Il en sera pour moi comme des eaux de Noé : J'avais juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre ; Je jure de même de ne plus m'irriter contre toi Et de ne plus te menacer . Quand les montagnes s'éloigneraient , Quand les collines chancelleraient , Mon amour ne s'éloignera point de toi , Et mon alliance de paix ne chancellera point , Dit l' Eternel , qui a compassion de toi . Malheureuse , battue de la tempête , et que nul ne console ! Voici , je garnirai tes pierres d'antimoine , Et je te donnerai des fondements de saphir ; Je ferai tes créneaux de rubis , Tes portes d'escarboucles , Et toute ton enceinte de pierres précieuses . Tous tes fils seront disciples de l' Eternel , Et grande sera la prospérité de tes fils . Tu seras affermie par la justice ; Bannis l'inquiétude , car tu n'as rien à craindre , Et la frayeur , car elle n'approchera pas de toi . Si l'on forme des complots , cela ne viendra pas de moi ; Quiconque se liguera contre toi tombera sous ton pouvoir . Voici , j'ai créé l'ouvrier qui souffle le charbon au feu , Et qui fabrique une arme par son travail ; Mais j'ai créé aussi le destructeur pour la briser . Toute arme forgée contre toi sera sans effet ; Et toute langue qui s'élèvera en justice contre toi , Tu la condamneras . Tel est l'héritage des serviteurs de l' Eternel , Tel est le salut qui leur viendra de moi , Dit l' Eternel . Vous tous qui avez soif , venez aux eaux , Même celui qui n'a pas d'argent ! Venez , achetez et mangez , Venez , achetez du vin et du lait , sans argent , sans rien payer ! Pourquoi pesez-vous de l'argent pour ce qui ne nourrit pas ? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas ? Ecoutez-moi donc , et vous mangerez ce qui est bon , Et votre âme se délectera de mets succulents . Prêtez l'oreille , et venez à moi , Ecoutez , et votre âme vivra : Je traiterai avec vous une alliance éternelle , Pour rendre durables mes faveurs envers David . Voici , je l'ai établi comme témoin auprès des peuples , Comme chef et dominateur des peuples . Voici , tu appelleras des nations que tu ne connais pas , Et les nations qui ne te connaissent pas accourront vers toi , A cause de l' Eternel , ton Dieu , Du Saint d' Israël , qui te glorifie . Cherchez l' Eternel pendant qu'il se trouve ; Invoquez-le , tandis qu'il est près . Que le méchant abandonne sa voie , Et l'homme d'iniquité ses pensées ; Qu'il retourne à l' Eternel , qui aura pitié de lui , A notre Dieu , qui ne se lasse pas de pardonner . Car mes pensées ne sont pas vos pensées , Et vos voies ne sont pas mes voies , Dit l' Eternel . Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre , Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies , Et mes pensées au-dessus de vos pensées . Comme la pluie et la neige descendent des cieux , Et n'y retournent pas Sans avoir arrosé , fécondé la terre , et fait germer les plantes , Sans avoir donné de la semence au semeur Et du pain à celui qui mange , Ainsi en est-il de ma parole , qui sort de ma bouche : Elle ne retourne point à moi sans effet , Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli mes desseins . Oui , vous sortirez avec joie , Et vous serez conduits en paix ; Les montagnes et les collines éclateront d'allégresse devant vous , Et tous les arbres de la campagne battront des mains . Au lieu de l'épine s'élèvera le cyprès , Au lieu de la ronce croîtra le myrte ; Et ce sera pour l' Eternel une gloire , Un monument perpétuel , impérissable . Ainsi parle l' Eternel : Observez ce qui est droit , et pratiquez ce qui est juste ; Car mon salut ne tardera pas à venir , Et ma justice à se manifester . Heureux l'homme qui fait cela , Et le fils de l'homme qui y demeure ferme , Gardant le sabbat , pour ne point le profaner , Et veillant sur sa main , pour ne commettre aucun mal ! Que l'étranger qui s'attache à l' Eternel ne dise pas : L' Eternel me séparera de son peuple ! Et que l'eunuque ne dise pas : Voici , je suis un arbre sec ! Car ainsi parle l' Eternel : Aux eunuques qui garderont mes sabbats , Qui choisiront ce qui m'est agréable , Et qui persévéreront dans mon alliance , Je donnerai dans ma maison et dans mes murs une place et un nom Préférables à des fils et à des filles ; Je leur donnerai un nom éternel , Qui ne périra pas . Et les étrangers qui s'attacheront à l' Eternel pour le servir , Pour aimer le nom de l' Eternel , Pour être ses serviteurs , Tous ceux qui garderont le sabbat , pour ne point le profaner , Et qui persévéreront dans mon alliance , Je les amènerai sur ma montagne sainte , Et je les réjouirai dans ma maison de prière ; Leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel ; Car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples . Le Seigneur , l' Eternel , parle , Lui qui rassemble les exilés d' Israël : Je réunirai d'autres peuples à lui , aux siens déjà rassemblés . Vous toutes , bêtes des champs , Venez pour manger , vous toutes , bêtes de la forêt ! Ses gardiens sont tous aveugles , sans intelligence ; Ils sont tous des chiens muets , incapables d'aboyer ; Ils ont des rêveries , se tiennent couchés , Aiment à sommeiller . Et ce sont des chiens voraces , insatiables ; Ce sont des bergers qui ne savent rien comprendre ; Tous suivent leur propre voie , Chacun selon son intérêt , jusqu'au dernier : - Venez , je vais chercher du vin , Et nous boirons des liqueurs fortes ! Nous en ferons autant demain , Et beaucoup plus encore ! - Le juste périt , et nul n'y prend garde ; Les gens de bien sont enlevés , et nul ne fait attention Que c'est par suite de la malice que le juste est enlevé . Il entrera dans la paix , Il reposera sur sa couche , Celui qui aura suivi le droit chemin . Mais vous , approchez ici , fils de l'enchanteresse , Race de l'adultère et de la prostituée ! De qui vous moquez-vous ? Contre qui ouvrez-vous une large bouche Et tirez-vous la langue ? N'êtes-vous pas des enfants de péché , Une race de mensonge , S'échauffant près des térébinthes , sous tout arbre vert , Egorgeant les enfants dans les vallées , Sous des fentes de rochers ? C'est dans les pierres polies des torrents qu'est ton partage , Voilà , voilà ton lot ; C'est à elles que tu verses des libations , Que tu fais des offrandes : Puis-je être insensible à cela ? C'est sur une montagne haute et élevée que tu dresses ta couche ; C'est aussi là que tu montes pour offrir des sacrifices . Tu mets ton souvenir derrière la porte et les poteaux ; Car , loin de moi , tu lèves la couverture et tu montes , Tu élargis ta couche , et tu traites alliance avec eux , Tu aimes leur commerce , tu choisis une place . Tu vas auprès du roi avec de l'huile , Tu multiplies tes aromates , Tu envoies au loin tes messagers , Tu t'abaisses jusqu'au séjour des morts . A force de marcher tu te fatigues , Et tu ne dis pas : J'y renonce ! Tu trouves encore de la vigueur dans ta main : Aussi n'es-tu pas dans l'abattement . Et qui redoutais-tu , qui craignais-tu , pour être infidèle , Pour ne pas te souvenir , te soucier de moi ? Est-ce que je ne garde pas le silence , et depuis longtemps ? C'est pourquoi tu ne me crains pas . Je vais publier ta droiture , Et tes oeuvres ne te profiteront pas . Quand tu crieras , la foule de tes idoles te délivrera-t-elle ? Le vent les emportera toutes , un souffle les enlèvera . Mais celui qui se confie en moi héritera le pays , Et possédera ma montagne sainte . On dira : Frayez , frayez , préparez le chemin , Enlevez tout obstacle du chemin de mon peuple ! Car ainsi parle le Très-Haut , Dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint : J'habite dans les lieux élevés et dans la sainteté ; Mais je suis avec l'homme contrit et humilié , Afin de ranimer les esprits humiliés , Afin de ranimer les coeurs contrits . Je ne veux pas contester à toujours , Ni garder une éternelle colère , Quand devant moi tombent en défaillance les esprits , Les âmes que j'ai faites . A cause de son avidité coupable , je me suis irrité et je l'ai frappé , Je me suis caché dans mon indignation ; Et le rebelle a suivi le chemin de son coeur . J'ai vu ses voies , Et je le guérirai ; Je lui servirai de guide , Et je le consolerai , lui et ceux qui pleurent avec lui . Je mettrai la louange sur les lèvres . Paix , paix à celui qui est loin et à celui qui est près ! dit l' Eternel . Je les guérirai . Mais les méchants sont comme la mer agitée , Qui ne peut se calmer , Et dont les eaux soulèvent la vase et le limon . Il n'y a point de paix pour les méchants , dit mon Dieu . Crie à plein gosier , ne te retiens pas , Elève ta voix comme une trompette , Et annonce à mon peuple ses iniquités , A la maison de Jacob ses péchés ! Tous les jours ils me cherchent , Ils veulent connaître mes voies ; Comme une nation qui aurait pratiqué la justice Et n'aurait pas abandonné la loi de son Dieu , Ils me demandent des arrêts de justice , Ils désirent l'approche de Dieu . - Que nous sert de jeûner , si tu ne le vois pas ? De mortifier notre âme , si tu n'y as point égard ? - Voici , le jour de votre jeûne , vous vous livrez à vos penchants , Et vous traitez durement tous vos mercenaires . Voici , vous jeûnez pour disputer et vous quereller , Pour frapper méchamment du poing ; Vous ne jeûnez pas comme le veut ce jour , Pour que votre voix soit entendue en haut . Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir , Un jour où l'homme humilie son âme ? Courber la tête comme un jonc , Et se coucher sur le sac et la cendre , Est-ce là ce que tu appelleras un jeûne , Un jour agréable à l' Eternel ? Voici le jeûne auquel je prends plaisir : Détache les chaînes de la méchanceté , Dénoue les liens de la servitude , Renvoie libres les opprimés , Et que l'on rompe toute espèce de joug ; Partage ton pain avec celui qui a faim , Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; Si tu vois un homme nu , couvre-le , Et ne te détourne pas de ton semblable . Alors ta lumière poindra comme l'aurore , Et ta guérison germera promptement ; Ta justice marchera devant toi , Et la gloire de l' Eternel t'accompagnera . Alors tu appelleras , et l' Eternel répondra ; Tu crieras , et il dira : Me voici ! Si tu éloignes du milieu de toi le joug , Les gestes menaçants et les discours injurieux , Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim , Si tu rassasies l'âme indigente , Ta lumière se lèvera sur l'obscurité , Et tes ténèbres seront comme le midi . L' Eternel sera toujours ton guide , Il rassasiera ton âme dans les lieux arides , Et il redonnera de la vigueur à tes membres ; Tu seras comme un jardin arrosé , Comme une source dont les eaux ne tarissent pas . Les tiens rebâtiront sur d'anciennes ruines , Tu relèveras des fondements antiques ; On t'appellera réparateur des brèches , Celui qui restaure les chemins , qui rend le pays habitable . Si tu retiens ton pied pendant le sabbat , Pour ne pas faire ta volonté en mon saint jour , Si tu fais du sabbat tes délices , Pour sanctifier l' Eternel en le glorifiant , Et si tu l'honores en ne suivant point tes voies , En ne te livrant pas à tes penchants et à de vains discours , Alors tu mettras ton plaisir en l' Eternel , Et je te ferai monter sur les hauteurs du pays , Je te ferai jouir de l'héritage de Jacob , ton père ; Car la bouche de l' Eternel a parlé . Non , la main de l' Eternel n'est pas trop courte pour sauver , Ni son oreille trop dure pour entendre . Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation Entre vous et votre Dieu ; Ce sont vos péchés qui vous cachent sa face Et l'empêchent de vous écouter . Car vos mains sont souillées de sang , Et vos doigts de crimes ; Vos lèvres profèrent le mensonge , Votre langue fait entendre l'iniquité . Nul ne se plaint avec justice , Nul ne plaide avec droiture ; Ils s'appuient sur des choses vaines et disent des faussetés , Ils conçoivent le mal et enfantent le crime . Ils couvent des oeufs de basilic , Et ils tissent des toiles d'araignée . Celui qui mange de leurs oeufs meurt ; Et , si l'on en brise un , il sort une vipère . Leurs toiles ne servent point à faire un vêtement , Et ils ne peuvent se couvrir de leur ouvrage ; Leurs oeuvres sont des oeuvres d'iniquité , Et les actes de violence sont dans leurs mains . Leurs pieds courent au mal , Et ils ont hâte de répandre le sang innocent ; Leurs pensées sont des pensées d'iniquité , Le ravage et la ruine sont sur leur route . Ils ne connaissent pas le chemin de la paix , Et il n'y a point de justice dans leurs voies ; Ils prennent des sentiers détournés : Quiconque y marche ne connaît point la paix . - C'est pourquoi l'arrêt de délivrance est loin de nous , Et le salut ne nous atteint pas ; Nous attendons la lumière , et voici les ténèbres , La clarté , et nous marchons dans l'obscurité . Nous tâtonnons comme des aveugles le long d'un mur , Nous tâtonnons comme ceux qui n'ont point d'yeux ; Nous chancelons à midi comme de nuit , Au milieu de l'abondance nous ressemblons à des morts . Nous grondons tous comme des ours , Nous gémissons comme des colombes ; Nous attendons la délivrance , et elle n'est pas là , Le salut , et il est loin de nous . Car nos transgressions sont nombreuses devant toi , Et nos péchés témoignent contre nous ; Nos transgressions sont avec nous , Et nous connaissons nos crimes . Nous avons été coupables et infidèles envers l' Eternel , Nous avons abandonné notre Dieu ; Nous avons proféré la violence et la révolte , Conçu et médité dans le coeur des paroles de mensonge ; Et la délivrance s'est retirée , Et le salut se tient éloigné ; Car la vérité trébuche sur la place publique , Et la droiture ne peut approcher . La vérité a disparu , Et celui qui s'éloigne du mal est dépouillé . - L' Eternel voit , d'un regard indigné , Qu'il n'y a plus de droiture . Il voit qu'il n'y a pas un homme , Il s'étonne de ce que personne n'intercède ; Alors son bras lui vient en aide , Et sa justice lui sert d'appui . Il se revêt de la justice comme d'une cuirasse , Et il met sur sa tête le casque du salut ; Il prend la vengeance pour vêtement , Et il se couvre de la jalousie comme d'un manteau . Il rendra à chacun selon ses oeuvres , La fureur à ses adversaires , La pareille à ses ennemis ; Il rendra la pareille aux îles . On craindra le nom de l' Eternel depuis l'occident , Et sa gloire depuis le soleil levant ; Quand l'ennemi viendra comme un fleuve , L'esprit de l' Eternel le mettra en fuite . Un rédempteur viendra pour Sion , Pour ceux de Jacob qui se convertiront de leurs péchés , Dit l' Eternel . Voici mon alliance avec eux , dit l' Eternel : Mon esprit , qui repose sur toi , Et mes paroles , que j'ai mises dans ta bouche , Ne se retireront point de ta bouche , ni de la bouche de tes enfants , Ni de la bouche des enfants de tes enfants , Dit l' Eternel , dès maintenant et à jamais . Lève-toi , sois éclairée , car ta lumière arrive , Et la gloire de l' Eternel se lève sur toi . Voici , les ténèbres couvrent la terre , Et l'obscurité les peuples ; Mais sur toi l' Eternel se lève , Sur toi sa gloire apparaît . Des nations marchent à ta lumière , Et des rois à la clarté de tes rayons . Porte tes yeux alentour , et regarde : Tous ils s'assemblent , ils viennent vers toi ; Tes fils arrivent de loin , Et tes filles sont portées sur les bras . Tu tressailliras alors et tu te réjouiras , Et ton coeur bondira et se dilatera , Quand les richesses de la mer se tourneront vers toi , Quand les trésors des nations viendront à toi . Tu seras couverte d'une foule de chameaux , De dromadaires de Madian et d' Epha ; Ils viendront tous de Séba ; Ils porteront de l'or et de l'encens , Et publieront les louanges de l' Eternel . Les troupeaux de Kédar se réuniront tous chez toi ; Les béliers de Nebajoth seront à ton service ; Ils monteront sur mon autel et me seront agréables , Et je glorifierai la maison de ma gloire . Qui sont ceux-là qui volent comme des nuées , Comme des colombes vers leur colombier ? Car les îles espèrent en moi , Et les navires de Tarsis sont en tête , Pour ramener de loin tes enfants , Avec leur argent et leur or , A cause du nom de l' Eternel , ton Dieu , Du Saint d' Israël qui te glorifie . Les fils de l'étranger rebâtiront tes murs , Et leurs rois seront tes serviteurs ; Car je t'ai frappée dans ma colère , Mais dans ma miséricorde j'ai pitié de toi . Tes portes seront toujours ouvertes , Elles ne seront fermées ni jour ni nuit , Afin de laisser entrer chez toi les trésors des nations , Et leurs rois avec leur suite . Car la nation et le royaume qui ne te serviront pas périront , Ces nations-là seront exterminées . La gloire du Liban viendra chez toi , Le cyprès , l'orme et le buis , tous ensemble , Pour orner le lieu de mon sanctuaire , Et je glorifierai la place où reposent mes pieds . Les fils de tes oppresseurs viendront s'humilier devant toi , Et tous ceux qui te méprisaient se prosterneront à tes pieds ; Ils t'appelleront ville de l' Eternel , Sion du Saint d' Israël . Au lieu que tu étais délaissée et haïe , Et que personne ne te parcourait , Je ferai de toi un ornement pour toujours , Un sujet de joie de génération en génération . Tu suceras le lait des nations , Tu suceras la mamelle des rois ; Et tu sauras que je suis l' Eternel , ton sauveur , Ton rédempteur , le puissant de Jacob . Au lieu de l'airain je ferai venir de l'or , Au lieu du fer je ferai venir de l'argent , Au lieu du bois , de l'airain , Et au lieu des pierres , du fer ; Je ferai régner sur toi la paix , Et dominer la justice . On n'entendra plus parler de violence dans ton pays , Ni de ravage et de ruine dans ton territoire ; Tu donneras à tes murs le nom de salut , Et à tes portes celui de gloire . Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le jour , Ni la lune qui t'éclairera de sa lueur ; Mais l' Eternel sera ta lumière à toujours , Ton Dieu sera ta gloire . Ton soleil ne se couchera plus , Et ta lune ne s'obscurcira plus ; Car l' Eternel sera ta lumière à toujours , Et les jours de ton deuil seront passés . Il n'y aura plus que des justes parmi ton peuple , Ils posséderont à toujours le pays ; C'est le rejeton que j'ai planté , l'oeuvre de mes mains , Pour servir à ma gloire . Le plus petit deviendra un millier , Et le moindre une nation puissante . Moi , l' Eternel , je hâterai ces choses en leur temps . L'esprit du Seigneur , l' Eternel , est sur moi , Car l' Eternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé , Pour proclamer aux captifs la liberté , Et aux prisonniers la délivrance ; Pour publier une année de grâce de l' Eternel , Et un jour de vengeance de notre Dieu ; Pour consoler tous les affligés ; Pour accorder aux affligés de Sion , Pour leur donner un diadème au lieu de la cendre , Une huile de joie au lieu du deuil , Un vêtement de louange au lieu d'un esprit abattu , Afin qu'on les appelle des térébinthes de la justice , Une plantation de l' Eternel , pour servir à sa gloire . Ils rebâtiront sur d'anciennes ruines , Ils relèveront d'antiques décombres , Ils renouvelleront des villes ravagées , Dévastées depuis longtemps . Des étrangers seront là et feront paître vos troupeaux , Des fils de l'étranger seront vos laboureurs et vos vignerons . Mais vous , on vous appellera sacrificateurs de l' Eternel , On vous nommera serviteurs de notre Dieu ; Vous mangerez les richesses des nations , Et vous vous glorifierez de leur gloire . Au lieu de votre opprobre , vous aurez une portion double ; Au lieu de l'ignominie , ils seront joyeux de leur part ; Ils posséderont ainsi le double dans leur pays , Et leur joie sera éternelle . Car moi , l' Eternel , j'aime la justice , Je hais la rapine avec l'iniquité ; Je leur donnerai fidèlement leur récompense , Et je traiterai avec eux une alliance éternelle . Leur race sera connue parmi les nations , Et leur postérité parmi les peuples ; Tous ceux qui les verront reconnaîtront Qu'ils sont une race bénie de l' Eternel . Je me réjouirai en l' Eternel , Mon âme sera ravie d'allégresse en mon Dieu ; Car il m'a revêtu des vêtements du salut , Il m'a couvert du manteau de la délivrance , Comme le fiancé s'orne d'un diadème , Comme la fiancée se pare de ses joyaux . Car , comme la terre fait éclore son germe , Et comme un jardin fait pousser ses semences , Ainsi le Seigneur , l' Eternel , fera germer le salut et la louange , En présence de toutes les nations . Pour l'amour de Sion je ne me tairai point , Pour l'amour de Jérusalem je ne prendrai point de repos , Jusqu'à ce que son salut paraisse , comme l'aurore , Et sa délivrance , comme un flambeau qui s'allume . Alors les nations verront ton salut , Et tous les rois ta gloire ; Et l'on t'appellera d'un nom nouveau , Que la bouche de l' Eternel déterminera . Tu seras une couronne éclatante dans la main de l' Eternel , Un turban royal dans la main de ton Dieu . On ne te nommera plus délaissée , On ne nommera plus ta terre désolation ; Mais on t'appellera mon plaisir en elle , Et l'on appellera ta terre épouse ; Car l' Eternel met son plaisir en toi , Et ta terre aura un époux . Comme un jeune homme s'unit à une vierge , Ainsi tes fils s'uniront à toi ; Et comme la fiancée fait la joie de son fiancé , Ainsi tu feras la joie de ton Dieu . Sur tes murs , Jérusalem , j'ai placé des gardes ; Ils ne se tairont ni jour ni nuit . Vous qui la rappelez au souvenir de l' Eternel , Point de repos pour vous ! Et ne lui laissez aucun relâche , Jusqu'à ce qu'il rétablisse Jérusalem Et la rende glorieuse sur la terre . L' Eternel l'a juré par sa droite et par son bras puissant : Je ne donnerai plus ton blé pour nourriture à tes ennemis , Et les fils de l'étranger ne boiront plus ton vin , Produit de tes labeurs ; Mais ceux qui auront amassé le blé le mangeront Et loueront l' Eternel , Et ceux qui auront récolté le vin le boiront , Dans les parvis de mon sanctuaire . Franchissez , franchissez les portes ! Préparez un chemin pour le peuple ! Frayez , frayez la route , ôtez les pierres ! Elevez une bannière vers les peuples ! Voici ce que l' Eternel proclame aux extrémités de la terre : Dites à la fille de Sion : Voici , ton sauveur arrive ; Voici , le salaire est avec lui , Et les rétributions le précèdent . On les appellera peuple saint , rachetés de l' Eternel ; Et toi , on t'appellera recherchée , ville non délaissée . Qui est celui-ci qui vient d' Edom , De Botsra , en vêtements rouges , En habits éclatants , Et se redressant avec fierté dans la plénitude de sa force ? - C'est moi qui ai promis le salut , Qui ai le pouvoir de délivrer . - Pourquoi tes habits sont-ils rouges , Et tes vêtements comme les vêtements de celui qui foule dans la cuve ? - J'ai été seul à fouler au pressoir , Et nul homme d'entre les peuples n'était avec moi ; Je les ai foulés dans ma colère , Je les ai écrasés dans ma fureur ; Leur sang a jailli sur mes vêtements , Et j'ai souillé tous mes habits . Car un jour de vengeance était dans mon coeur , Et l'année de mes rachetés est venue . Je regardais , et personne pour m'aider ; J'étais étonné , et personne pour me soutenir ; Alors mon bras m'a été en aide , Et ma fureur m'a servi d'appui . J'ai foulé des peuples dans ma colère , Je les ai rendus ivres dans ma fureur , Et j'ai répandu leur sang sur la terre . Je publierai les grâces de l' Eternel , les louanges de l' Eternel , D'après tout ce que l' Eternel a fait pour nous ; Je dirai sa grande bonté envers la maison d' Israël , Qu'il a traitée selon ses compassions et la richesse de son amour . Il avait dit : Certainement ils sont mon peuple , Des enfants qui ne seront pas infidèles ! Et il a été pour eux un sauveur . Dans toutes leurs détresses ils n'ont pas été sans secours , Et l'ange qui est devant sa face les a sauvés ; Il les a lui-même rachetés , dans son amour et sa miséricorde , Et constamment il les a soutenus et portés , aux anciens jours . Mais ils ont été rebelles , ils ont attristé son esprit saint ; Et il est devenu leur ennemi , il a combattu contre eux . Alors son peuple se souvint des anciens jours de Moïse : Où est celui qui les fit monter de la mer , Avec le berger de son troupeau ? Où est celui qui mettait au milieu d'eux son esprit saint ; Qui dirigea la droite de Moïse , Par son bras glorieux ; Qui fendit les eaux devant eux , Pour se faire un nom éternel ; Qui les dirigea au travers des flots , Comme un coursier dans le désert , Sans qu'ils bronchassent ? Comme la bête qui descend dans la vallée , L'esprit de l' Eternel les a menés au repos . C'est ainsi que tu as conduit ton peuple , Pour te faire un nom glorieux . Regarde du ciel , et vois , De ta demeure sainte et glorieuse : Où sont ton zèle et ta puissance ? Le frémissement de tes entrailles et tes compassions Ne se font plus sentir envers moi . Tu es cependant notre père , Car Abraham ne nous connaît pas , Et Israël ignore qui nous sommes ; C'est toi , Eternel , qui es notre père , Qui , dès l'éternité , t'appelles notre sauveur . Pourquoi , ô Eternel , nous fais-tu errer loin de tes voies , Et endurcis-tu notre coeur contre ta crainte ? Reviens , pour l'amour de tes serviteurs , Des tribus de ton héritage ! Ton peuple saint n'a possédé le pays que peu de temps ; Nos ennemis ont foulé ton sanctuaire . Nous sommes depuis longtemps comme un peuple que tu ne gouvernes pas , Et qui n'est point appelé de ton nom . . . Oh ! si tu déchirais les cieux , et si tu descendais , Les montagnes s'ébranleraient devant toi , Comme s'allume un feu de bois sec , Comme s'évapore l'eau qui bouillonne ; Tes ennemis connaîtraient ton nom , Et les nations trembleraient devant toi . Lorsque tu fis des prodiges que nous n'attendions pas , Tu descendis , et les montagnes s'ébranlèrent devant toi . Jamais on n'a appris ni entendu dire , Et jamais l'oeil n'a vu qu'un autre dieu que toi Fît de telles choses pour ceux qui se confient en lui . Tu vas au-devant de celui qui pratique avec joie la justice , De ceux qui marchent dans tes voies et se souviennent de toi . Mais tu as été irrité , parce que nous avons péché ; Et nous en souffrons longtemps jusqu'à ce que nous soyons sauvés . Nous sommes tous comme des impurs , Et toute notre justice est comme un vêtement souillé ; Nous sommes tous flétris comme une feuille , Et nos crimes nous emportent comme le vent . Il n'y a personne qui invoque ton nom , Qui se réveille pour s'attacher à toi : Aussi nous as-tu caché ta face , Et nous laisses-tu périr par l'effet de nos crimes . Cependant , ô Eternel , tu es notre père ; Nous sommes l'argile , et c'est toi qui nous as formés , Nous sommes tous l'ouvrage de tes mains . Ne t'irrite pas à l'extrême , ô Eternel , Et ne te souviens pas à toujours du crime ; Regarde donc , nous sommes tous ton peuple . Tes villes saintes sont un désert ; Sion est un désert , Jérusalem une solitude . Notre maison sainte et glorieuse , Où nos pères célébraient tes louanges , Est devenue la proie des flammes ; Tout ce que nous avions de précieux a été dévasté . Après cela , ô Eternel , te contiendras-tu ? Est-ce que tu te tairas , et nous affligeras à l'excès ? J'ai exaucé ceux qui ne demandaient rien , Je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas ; J'ai dit : Me voici , me voici ! A une nation qui ne s'appelait pas de mon nom . J'ai tendu mes mains tous les jours vers un peuple rebelle , Qui marche dans une voie mauvaise , Au gré de ses pensées ; Vers un peuple qui ne cesse de m'irriter en face , Sacrifiant dans les jardins , Et brûlant de l'encens sur les briques : Qui fait des sépulcres sa demeure , Et passe la nuit dans les cavernes , Mangeant de la chair de porc , Et ayant dans ses vases des mets impurs ; Qui dit : Retire-toi , Ne m'approche pas , car je suis saint ! . . . De pareilles choses , c'est une fumée dans mes narines , C'est un feu qui brûle toujours . Voici ce que j'ai résolu par devers moi : Loin de me taire , je leur ferai porter la peine , Oui , je leur ferai porter la peine De vos crimes , dit l' Eternel , et des crimes de vos pères , Qui ont brûlé de l'encens sur les montagnes , Et qui m'ont outragé sur les collines ; Je leur mesurerai le salaire de leurs actions passées . Ainsi parle l' Eternel : Quand il se trouve du jus dans une grappe , On dit : Ne la détruis pas , Car il y a là une bénédiction ! J'agirai de même , pour l'amour de mes serviteurs , Afin de ne pas tout détruire . Je ferai sortir de Jacob une postérité , Et de Juda un héritier de mes montagnes ; Mes élus posséderont le pays , Et mes serviteurs y habiteront . Le Saron servira de pâturage au menu bétail , Et la vallée d' Acor servira de gîte au gros bétail , Pour mon peuple qui m'aura cherché . Mais vous , qui abandonnez l' Eternel , Qui oubliez ma montagne sainte , Qui dressez une table pour Gad , Et remplissez une coupe pour Meni , Je vous destine au glaive , Et vous fléchirez tous le genou pour être égorgés ; Car j'ai appelé , et vous n'avez point répondu , J'ai parlé , et vous n'avez point écouté ; Mais vous avez fait ce qui est mal à mes yeux , Et vous avez choisi ce qui me déplaît . C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur , l' Eternel : Voici , mes serviteurs mangeront , et vous aurez faim ; Voici , mes serviteurs boiront , et vous aurez soif ; Voici , mes serviteurs se réjouiront , et vous serez confondus ; Voici , mes serviteurs chanteront dans la joie de leur coeur ; Mais vous , vous crierez dans la douleur de votre âme , Et vous vous lamenterez dans l'abattement de votre esprit . Vous laisserez votre nom en imprécation à mes élus ; Le Seigneur , l' Eternel , vous fera mourir , Et il donnera à ses serviteurs un autre nom . Celui qui voudra être béni dans le pays Voudra l'être par le Dieu de vérité , Et celui qui jurera dans le pays Jurera par le Dieu de vérité ; Car les anciennes souffrances seront oubliées , Elles seront cachées à mes yeux . Car je vais créer de nouveaux cieux Et une nouvelle terre ; On ne se rappellera plus les choses passées , Elles ne reviendront plus à l'esprit . Réjouissez-vous plutôt et soyez à toujours dans l'allégresse , A cause de ce que je vais créer ; Car je vais créer Jérusalem pour l'allégresse , Et son peuple pour la joie . Je ferai de Jérusalem mon allégresse , Et de mon peuple ma joie ; On n'y entendra plus Le bruit des pleurs et le bruit des cris . Il n'y aura plus ni enfants ni vieillards Qui n'accomplissent leurs jours ; Car celui qui mourra à cent ans sera jeune , Et le pécheur âgé de cent ans sera maudit . Ils bâtiront des maisons et les habiteront ; Ils planteront des vignes et en mangeront le fruit . Ils ne bâtiront pas des maisons pour qu'un autre les habite , Ils ne planteront pas des vignes pour qu'un autre en mange le fruit ; Car les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres , Et mes élus jouiront de l'oeuvre de leurs mains . Ils ne travailleront pas en vain , Et ils n'auront pas des enfants pour les voir périr ; Car ils formeront une race bénie de l' Eternel , Et leurs enfants seront avec eux . Avant qu'ils m'invoquent , je répondrai ; Avant qu'ils aient cessé de parler , j'exaucerai . Le loup et l'agneau paîtront ensemble , Le lion , comme le boeuf , mangera de la paille , Et le serpent aura la poussière pour nourriture . Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte , Dit l' Eternel . Ainsi parle l' Eternel : Le ciel est mon trône , Et la terre mon marchepied . Quelle maison pourriez-vous me bâtir , Et quel lieu me donneriez-vous pour demeure ? Toutes ces choses , ma main les a faites , Et toutes ont reçu l'existence , dit l' Eternel . Voici sur qui je porterai mes regards : Sur celui qui souffre et qui a l'esprit abattu , Sur celui qui craint ma parole . Celui qui immole un boeuf est comme celui qui tuerait un homme , Celui qui sacrifie un agneau est comme celui qui romprait la nuque à un chien , Celui qui présente une offrande est comme celui qui répandrait du sang de porc , Celui qui brûle de l'encens est comme celui qui adorerait des idoles ; Tous ceux-là se complaisent dans leurs voies , Et leur âme trouve du plaisir dans leurs abominations . Moi aussi , je me complairai dans leur infortune , Et je ferai venir sur eux ce qui cause leur effroi , Parce que j'ai appelé , et qu'ils n'ont point répondu , Parce que j'ai parlé , et qu'ils n'ont point écouté ; Mais ils ont fait ce qui est mal à mes yeux , Et ils ont choisi ce qui me déplaît . Ecoutez la parole de l' Eternel , Vous qui craignez sa parole . Voici ce que disent vos frères , Qui vous haïssent et vous repoussent A cause de mon nom : Que l' Eternel montre sa gloire , Et que nous voyions votre joie ! - Mais ils seront confondus . Une voix éclatante sort de la ville , Une voix sort du temple . C'est la voix de l' Eternel , Qui paie à ses ennemis leur salaire . Avant d'éprouver les douleurs , Elle a enfanté ; Avant que les souffrances lui vinssent , Elle a donné naissance à un fils . Qui a jamais entendu pareille chose ? Qui a jamais vu rien de semblable ? Un pays peut-il naître en un jour ? Une nation est-elle enfantée d'un seul coup ? A peine en travail , Sion a enfanté ses fils ! Ouvrirais-je le sein maternel , Pour ne pas laisser enfanter ? dit l' Eternel ; Moi , qui fais naître , Empêcherais-je d'enfanter ? dit ton Dieu . Réjouissez-vous avec Jérusalem , Faites d'elle le sujet de votre allégresse , Vous tous qui l'aimez ; Tressaillez avec elle de joie , Vous tous qui menez deuil sur elle ; Afin que vous soyez nourris et rassasiés Du lait de ses consolations , Afin que vous savouriez avec bonheur La plénitude de sa gloire . Car ainsi parle l' Eternel : Voici , je dirigerai vers elle la paix comme un fleuve , Et la gloire des nations comme un torrent débordé , Et vous serez allaités ; Vous serez portés sur les bras , Et caressés sur les genoux . Comme un homme que sa mère console , Ainsi je vous consolerai ; Vous serez consolés dans Jérusalem . Vous le verrez , et votre coeur sera dans la joie , Et vos os reprendront de la vigueur comme l'herbe ; L' Eternel manifestera sa puissance envers ses serviteurs , Mais il fera sentir sa colère à ses ennemis . Car voici , l' Eternel arrive dans un feu , Et ses chars sont comme un tourbillon ; Il convertit sa colère en un brasier , Et ses menaces en flammes de feu . C'est par le feu que l' Eternel exerce ses jugements , C'est par son glaive qu'il châtie toute chair ; Et ceux que tuera l' Eternel seront en grand nombre . Ceux qui se sanctifient et se purifient dans les jardins , Au milieu desquels ils vont un à un , Qui mangent de la chair de porc , Des choses abominables et des souris , Tous ceux-là périront , dit l' Eternel . Je connais leurs oeuvres et leurs pensées . Le temps est venu de rassembler toutes les nations Et toutes les langues ; Elles viendront et verront ma gloire . Je mettrai un signe parmi elles , Et j'enverrai leurs réchappés vers les nations , A Tarsis , à Pul et à Lud , qui tirent de l'arc , A Tubal et à Javan , Aux îles lointaines , Qui jamais n'ont entendu parler de moi , Et qui n'ont pas vu ma gloire ; Et ils publieront ma gloire parmi les nations . Ils amèneront tous vos frères du milieu de toutes les nations , En offrande à l' Eternel , Sur des chevaux , des chars et des litières , Sur des mulets et des dromadaires , A ma montagne sainte , A Jérusalem , dit l' Eternel , Comme les enfants d' Israël apportent leur offrande , Dans un vase pur , A la maison de l' Eternel . Et je prendrai aussi parmi eux Des sacrificateurs , des Lévites , dit l' Eternel . Car , comme les nouveaux cieux Et la nouvelle terre que je vais créer Subsisteront devant moi , dit l' Eternel , Ainsi subsisteront votre postérité et votre nom . A chaque nouvelle lune et à chaque sabbat , Toute chair viendra se prosterner devant moi , dit l' Eternel . Et quand on sortira , on verra Les cadavres des hommes qui se sont rebellés contre moi ; Car leur ver ne mourra point , et leur feu ne s'éteindra point ; Et ils seront pour toute chair un objet d'horreur .</passage>
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